Var. (édit. 5) : Démocrite
4. L'Académie (1694) définit ainsi le mot : « Celui qui suit, qui exerce, qui entend la pratique. Il ne se dit guère que de ceux qui
fait rembourser des frais qu'il n'avance pas, et il a pour gendre un comte ou un magistrat. Un homme rouge ou feuî Ile-morte^ devient commis, et bientôt plus riche que son maître; il le laisse dans la roture, et avec de l'argent il devient noble. B**^ s'enrichit à montrer dans un cercle des marionnettes; BB**^ à vendre en bouteille l'eau de la rivière. Un autre charlatan arrive ici de delà les monts avec une malle; il n'est pas déchargé que les pensions courent, et il est prêt de retourner d'où il arrive avec des mulets et des fourgons. Mercure est Mercure^ et rien davantage, et l'or ne peut payer ses médiations et ses intrigues : on y ajoute la faveur et les distinctions. Et sans parler que des gains licites, on paye au tuilier sa tuile, et à Fouvrier son temps et son ouvrage : paye-t-on à un auteur ce qu'il pense et ce qu'il écrit? et s'il pense très-bien, le paye-t-on très-largement ? Se meuble-t-il, s'anoblit-il à force de penser et d'écrire juste * ? Il faut que les hommes soient habillés,
savent la manière d'instruire et de conduire les procès.... Ce procureur est habile praticien, »
1. Var. (édit. 5) : Un homme jaune ou feuille morte. — C'est-àdire un homme de livrée. La Bruyère a déjà parlé des laquais subitement enrichis : voyez tome I, p. 249» n» i5.
2. Benoît, sculpteur de figures de cire, qui tenait rue des Saints- Pères le Cercle royal (voyez les Adresses de Paris ou Livre commode^ 1692, p. T09), et y montrait à prix d'argent une galerie de figures; ou peut-être encore l'un des Brioché, dont le vrai nom de famille était Dalelin , et qui avaient établi à Paris un théâtre de marionnettes.
3. « Barbereau, qui avoit fait fortune en vendant de l'eau de rivière pour des eaux minérales. » [Clefs.) — Dans la Comédie de la Bruyère^ tome I, p. 107, M. Edouard Fournier a en outre rapproché de ce double B le nom de Brimbœuf , vendeur à^eaux de Jouvence^ cité par Pépinocourt dans ses Réflexions ^ pensées et bons mots ^
4. Dans la 5^ édition, il y a ici deux fautes, dont la première a entraîné la seconde : « de penser à décrire juste. »
qu'ils soient rasés; il faut que retirés dans leurs maisons, ils aient une porte qui ferme bien : est-il nécessaire qu'ils soient instruits? Folie, simplicité, imbécillité, continue Antisthène% de mettre l'enseigne d'auteur ou de philosophe! Avoir, s'il se peut, un office lucratif qui rende la vie aimable, qui fasse prêter à ses amis, et donner à ceux qui ne peuvent rendre ; écrire alors par jeu, par oisiveté, et comme Titjre siffle ou joue de la flûte; cela ou rien; j'écris à ces conditions, et je cède ainsi à la violence de ceux qui me prennent à la gorge, et me disent : « Vous écrirez. » Ils liront pour titre de mon nouveau livre : du Beau, du Bon, du Vrai, des Idées, du PREMIER Principe, par Antisthène^ , vendeur de marée. (éd. 5.)
22. Si les ambassadeurs des princes étrangers^ étoient des singes instruits à marcher sur leurs pieds de derrière, et à se faire entendre par interprète, nous ne pourrions pas marquer un plus grand étonnement que celui que nous donne * la justesse de leurs réponses, et le bon sens qui paroît quelquefois dans leurs discours^. La prévention du pays, jointe à l'orgueil de la nation, nous fait oublier que la raison est de tous les climats, et que l'on pense juste partout où il y a des hommes. Nous n'aimerions pas à^ être traités ainsi de ceux que nous appelons