Var. (édit. 8) : du sot
Un grain d'esprit et une once d'affaires plus qu'il n'en entre dans la composition du suffisant, font l'important. (ÉD. 8.)
Pendant qu'on ne fait que rire de l'important, il n'a pas un autre nom; dès quon s'en plaint, c'est l'arrogant. (ÉD. 8.)
L'honnête homme * tient le milieu entre l'habile homme 55. et l'homme de bien, quoique dans une distance inégale de ses deux extrêmes^, (éd. 7.)
La distance qu'il y a de l'honnête homme à l'habile homme s'affoiblit de jour à autre, et est sur le point de disparoître. (éd. 7.)
I. « Je ne puis plus souffrir qu'on dise qu'un tel est honnête hommey et que i'un conçoive sous ce terme une chose, et l'autre une autre, » écrivait Corbinelli à Bussy le 27 février 1679, en lui demandant la définition du galant homme, de l'homme de bien, de l'homme d'honneur, et de l'honnête homme. Bussy répondit le 6 mars 1679 : « \J honnête homme est un homme poli et qui sait vivre; Vhomme de bien regarde la religion; le galant homme est une qualité particulière qui regarde la franchise et la générosité; Vhomme d'honneur est un homme de parole, et cela regarde la probité » {Lettres
de Mme de Séi>igné , tome V, p. SaS et Sag.) ^ — La définition de Bussy exprime assez bien ce que l'on entendait généralement au dix-septième siècle par un « honnête homme » : les « honnêtes gens « étaient les gens bien élevés et d'un esprit cultivé. La Bruyère toutefois, qui s'est plusieurs fois servi des expressions honnête homme et honnêtes gens* ^ n'a pas toujours tenu compte de la distinction qu'il établit ici entre Vhonnête homme et Vhomme de bien : voyez tome I, p. i55, n^ i5, et p. 224, n^ 20. La Rochefoucauld a de même confondu Vhonnête liomme et Vhomme de bien dans les maximes ccii et ccvi; mais l'acception particulière, et propre au dix-septième siècle, des mots honnête homme se retrouve dans les maximes cciii et cccliii. 2. Les éditeurs modernes ont imprimé : aces deux extrêmes; )> nous rétablissons l'orthographe des éditions du dix-septième siècle.
* Voyez tome I , p. 122, n» 24 ; p. i55 , uo i5 ; p. 169, n^ 25 ; p. 224, no 20; p. 299, no 9; p. 335, n» 94; et p. 355, note 2.
îoo DES JUGEMENTS.
L'habile homme est celui qui cache ses passions , qui entend ses intérêts , qui y sacrifie beaucoup de choses, qui a su acquérir du bien ou en conserver, (éd. y.)
L'honnête homme est celui qui ne vole pas sur les grands chemins , et qui ne tue personne , dont les vices enfin ne sont pas scandaleux, (éd. y.)
On connoît assez qu'un homme de bien est honnête homme ; mais il est plaisant d'imaginer que tout honnête homme n'est pas homme de bien. (éd. y.)
L'homme de bien est celui qui n'est ni un saint ni un dévot*, et qui s'est borné à n'avoir que de la vertu. (ÉD. y.)
56\ Talent, goût, esprit, bon sens, choses différentes, non incompatibles, (éd. 4-)
Entre le bon sens et le bon goût il y a la différence de la cause à son effet ^. (éd. 4-)
Entre esprit et talent il y a la proportion du tout à sa partie, (éd. 6.)
Appellerai- je homme d'esprit celui qui, borné et renfermé dans quelque art, ou même dans une certaine science qu'il exerce dans une grande perfection , ne montre hors de là ni jugement, ni mémoire, ni vivacité, ni mœurs, ni conduite; qui ne m'entend pas, qui ne pense point, qui s'énonce mal; un musicien par exemple, qui après m'avoir comme enchanté par ses accords, semble s'être remis avec son luth dans un même étui , ou n'être plus sans cet instrument qu'une machine démontée, à qui il manque quelque chose, et dont il n'est plus permis^ de rien attendre? (éd. 6.)