‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 78 sur 257 · Var. (édit. 6-8) : ne sauroit · texte numérisé non relu

Var. (édit. 6-8) : ne sauroit

La Bruyère, ii 10

i46 DE LA MODE.

dus*. S'ils s'étoient moins pressés de venir, ils arrivoient trop tard; et j'ose douter qu'ils fussent tels aujourd'hui qu'ils ont été alors. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où l'on étoit admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu. Et qu'on ne dise point qu'ils les feroient revivre : ce que je puis faire en faveur de leur esprit est de convenir que peut-être ils excelleroient dans un autre genre ; mais les femmes sont de nos jours ou dévotes, ou coquettes, ou joueuses, ou ambitieuses, quelques-unes même tout cela à la fois ; le goût de la faveur, le jeu, les galants, les directeurs ont pris la place, et la défendent contre les gens d'esprit^, (éd. 40

II. Un homme fat et ridicule porte un long chapeau, un pourpoint à ailerons^, des chausses à aiguillettes* et des bottines ; il rêve la veille par où et comment il pourra se faire remarquer le jour qui suit. Un philosophe se laisse habiller par son tailleur : il y a autant de foiblesse à fuir la mode qu'à l'affecter^.

1. Voiture, que la Bruyère a déjà nommé ailleurs (tome I, p. 128, no 37), est mort en 1648; Sarrasin, qui eut le même genre d'esprit et de badinerie, et aussi les mêmes succès, a vécu jusqu'en 1664»

2. Var. (édit. 4 et 5) : mais les femmessont de nos jours ou dévotes ou coquettes ; les galants ou les directeurs ont pris la place, et la défendent contre les beaux esprits,

3. Les ailerons sont de petits bords d'étoffe qui couvraient les coutures du haut des manches d'un pourpoint.

4. C'est-à-dire des chausses au bas desquelles sont attachées, pour ornements, des touffes de rubans ou de cordons ferrés. « En 1687, date de la l'e édition, on ne portait plus, depuis des années, dit avec raison M. Edouard Fournier, de chausses à aiguillettes et de pourpoint à ailerons. » {Comédie de la Bruyère, tome I, p. 44-) I^ est donc vraisemblable que la Bruyère avait déjà écrit depuis plusieurs années cette remarque, lorsqu'il la publia.

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