‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 86 sur 257 · C'est-à-dire très-fines · texte numérisé non relu

C'est-à-dire très-fines

4. Allusion à la première parole de Tartuffe entrant en scène :

Laurent, serrez ma haire, avec ma discipline.

{Tartuffe, acte III, scène 11, vers 853.)

* Il s'agit de la chapelle du palais de Versailles et de l'antichambre de l'appartement du Roi.

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dëvot : il est vrai qu'il fait en sorte que Ton croit , sans qu'il le dise, qu'il porte une haire et qu'il se donne la discipline. 11 y a quelques livres répandus dans sa chambre indififéremment ; ouvrez-les : c'est le Combat spirituel ^ le Chrétien intérieur^ et V Année sainte; d'autres livres sont sous la clef. S'il marche par la ville , et qu'il découvre de loin un homme devant qui il est nécessaire qu'il soit dévot, les yeux baissés, la démarche lente et modeste, l'air recueilli lui sont familiers : il joue son rôle. S'il entre dans une église, il observe d'abord de qui il peut être vu ; et selon la découverte qu'il vient de faire, il se met à genoux et prie, ou il ne songe ni à se mettre à genoux ni à prier. Arrive-t-iJ vers lui un homme de bien et d'autorité qui le verra et qui peut T entendre , non-seulement il prie, mais il médite, il pousse des élans et des soupirs^; si l'homme de bien se retire, celui-ci, qui • le voit partir, s'apaise et ne souffle pas. Il entre une autre fois dans un lieu saint, perce la foule, choisit un endroit pour se recueillir, et où tout le monde voit qu'il s'humilie : s'il entend des courtisans qui parlent , qui rient , et qui sont à la chapelle avec moins de silence que dans

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