Var. (édit. 1-3) : qui apprend au prône
4. Var. (édit. i-3) : ce sont peut-être de mauvaises apparences, et qui choquent quelques esprits.
point de Venise, a sa place dans Fœuvre auprès les* pourpres et les fourrures ^ ; il y achève sa digestion, pendant que le Feuillant ou le Récollet quitte sa cellule et son désert, où il est lié par ses vœux et par la bienséance , pour venir le prêcher, lui et ses ouailles, et en recevoir le salaire, comme d'une pièce d'étoffe. Vous m'interrompez, et vous dites : « Quelle censure ! et combien elle est nouvelle et peu attendue ! Ne voudriez-vous point interdire à ce pasteur et à son troupeau la parole divine et le pain de l'Évangile ?» — Au contraire, je voudrois qu'il le distribuât lui-même le matin, le soir, dans les temples, dans les maisons, dans les places, sur les toits, et que nul ne prétendît à un emploi si grand , si laborieux , qu'avec des intentions, des talents et des poumons capables de lui mériter les belles offrandes et les riches rétributions qui y sont attachées^. Je suis forcé, il est vrai, d'excuser un curé sur cette conduite par un usage reçu, qu'il trouve établi, et qu'il laissera à son successeur; mais c'est cet usage bizarre et dénué de fondement* et d'apparence que je ne puis approuver, et que je goûte
1. Auprès les est le texte de toutes les anciennes éditions. Voyez le Lexique.
2. C'est-à-dire : a sa place dans le banc-d*œuvre auprès des cardinaux et des docteurs. — Voyez ci-dessus, p. 62, note i, la définition du mot fourrure.
3. Fénelon a exprimé la même pensée dans ses Dialogues sur V Eloquence de la chaire, publiés en 171 2 (tome XXI des OEuvres, p. 98 et 99) : « Il seroit à souhaiter, écrit-il dans le iii^ dialogue, qu'il n'y eût communément que les pasteurs qui donnassent la pâture aux troupeaux, selon leurs besoins. Pour cela, il ne faudroit d'ordinaire choisir pour pasteurs que des prêtres qui eussent le don de la parole. Il arrive au contraire deux maux : l'un , que les pasteurs muets, ou qui parlent sans talent, sont peu estimés; l'autre, que la fonction de prédicateur volontaire attire dans cet emploi je ne sais combien d'esprits vains et ambitieux. »
4. Var. (édit. 6) : mais c'est cet usage bizarre, dénué de fondement, etc.
DE QUELQUES USAGES. i?^
encore moins que celui de se faire payer quatre fois des mêmes obsèques, pour soi, pour ses droits, pour sa présence, pour son assistance, (éd. 6.)
Tite^ par vingt années de service dans une seconde 25. place, n'est pas encore digne de la première, qui est vacante : ni ses talents , ni sa doctrine , ni une vie exemplaire , ni les vœux des paroissiens ne sauroient l'y faire asseoir. Il naît de dessous terre un autre clerc* pour la remplir. Tite est reculé ou congédié : il ne se plaint pas ; c'est l'usage, (éd. 4-)
« Moi, dit le cheffecier^, je suis maître du chœur; qui 26.
1. Ecclésiastique, {Note de la Bruyère.) — C'était l'acception la plus ancienne et la plus ordinaire du mot clerc, et d'ailleurs les mots : a le vœu des paroissiens , 9 indiquaient déjà qu'il s'agissait d'un membre du clergé.
2. Le Dictionnaire de Furetière (1690) et le Dictionnaire de V académie (1694) donnent à ce mot sa forme moderne, chevecier ; mais Richelet (1680) écrit chefecier, et c'est sous cette forme (avec f redoublé, chejfe.cier) que le mot se présente dans toutes les éditions des Caractères, du dix-septième siècle. Les fonctions du chevecier ont été très-diversement définies : les uns en font le premier du chapitre dans quelques églises collégiales, c'est-à-dire celui qu'on nomme ailleurs le prévôt ; d'autres le trésorier du chapitre, c'est-à-dire le chanoine qui a la garde des reliques; d'autres enfin une sorte de sacristain chargé du soin des ornements et du luminaire. Le chevecier de la Bruyère n'est ni le prévôt ni le trésorier, que l'un et l'autre il nomme plus loin, ni un simple sacristain, car il est chanoine, comme tous les personnages de cette scène; le chevecier, dit la Bruyère, est le « maître du chœur : » est-ce à dire que le chevecier dont il s'agit a le soin des objets placés dans le chœur, comme à l'origine il avait celui de tout ce qui était au chevet de l'église? ce serait détourner de son sens habituel l'expression : maître du chœur. Si la Bruyère lui conserve la signification qu'elle avait d'ordinaire, le chevecier est ici le dignitaire qui partout ailleurs est appelé le chantre, et dont le Dictionnaire de Trévoux donne la définition suivante : ( Il porte la chape et le bâton dans les fêtes solennelles.
me forcera d'aller à matines ? mon prédécesseur n'y alloit point : suis-je de pire condition? dois-je laisser avilir ma dignité entre mes mains, ou la laisser telle que je l'ai reçue? » — « Ce n'est point, dit l'écolâtre ^, mon intérêt qui me mène , mais celui de la prébende : il seroit bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier et le grand vicaire^ s'en croient exempts. » — « Je suis bien fondé, dit le prévôt, à demander la rétribution sans me trouver à l'office : il y a vingt années entières que je suis en possession de dormir les nuits ; je veux finir comme j'ai commencé, et l'on ne me verra point déroger à mon titre : que me serviroit d'être à la tête d'un chapitre? mon exemple ne tire point à conséquence. » Enfin c'est entre eux tous à qui ne louera point Dieu , à qui fera
et donne le ton aux autres en commençant les psaumes et les antiennes. Le chantre porte dans ses armoiries un bâton de chœur derrière l'écu, pour marque de sa dignité. »
1. L'écolâtre jouissait d'une prébende qui avait été originairement affectée au salaire d'un chanoine chargé d'un enseignement public et gratuit; mais il n'avait plus d'autres fonctions, au dix-septième siècle, que de surveiller les écoles.
2. On confond souvent aujourd'hui les titres d^ archidiacre et de grand vicaire ; mais leurs fonctions étaient distinctes jadis, et celles du grand vicaire plus étendues que celles de l'archidiacre, qui se renfermaient dans les limites de l'un des archidiaconats de l'évêché. L'archidiacre, est-il dit dans le Dictionnaire de Trévoux à la fin de l'énumération des pouvoirs qu'avait eus ce dignitaire au moyen âge et qu'il avait perdus, « faisoit la visite dans les paroisses du diocèse où l'évêque l'envoyoit; et c'est maintenant la seule fonction qui lui reste. Il n'a qu'une juridiction momentanée et passagère, et un droit de correction légère en faisant sa visite. On a transporté à l'official toute la juridiction contentieuse. » Il y avait plusieurs archidiacres dans le chapitre d'une église cathédrale ; l'évêque n'y nommait d'ordinaire que deux grands vicaires, qui étaient chargés de l'assister dans ses visites, et de l'aider dans le règlement des affaires du diocèse. — Quant au pénitencier, il avait la mission d'entendre les confessions et le pouvoir d'absoudre dans les cas réservés à l'évêque.
voir par un long usage qu'il n'est point obligé de le faire* : Témulation de ne se point rendre aux offices divins ne sauroit être plus vive ni plus ardente*. Les cloches sonnent dans une nuit tranquille ; et leur mélodie , qui réveille les chantres et les enfants de chœur, endort les chanoines, les plonge dans un sommeil doux et facile, et qui ne leur procure que de beaux songes : ils se lèvent tard, et vont à l'église se faire payer d'avoir dormi*.