‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 122 sur 875 · XIV LEXIQUE DE LA BRUTÈRI · texte numérisé non relu

XIV LEXIQUE DE LA BRUTÈRI

« être dans Vmpmtienc* de... ; » quant à Padjeetif nufi d*nn bob, lui donne que la signification de : a ne pouvant supporter, » et «a i^emploi poétique.

a Impertinent ou diseur de riêm » (I, 39) : outre la s/nonymio qui frit è^tmpertinent Téquiralent de éuemr ma riem^ il Y a encore à remarqncr dans cet exemple ce singulier, qui ne s*emploierait plus ainsi, du mut Hmi.

« Examiner Thomme méifértmmtmt^ sans beaucoup de naéthodo » (I, a 9) : sous les aspects divers, sans Tordre qui peut nattre de lu distinntiBa et difTérence des points de vue ; Fauteur parle de lui-inémo ; c*eBt «iosi, dit-il, que dans son lirre il examine Phomme. « Il y a qodqnes lincs répandus dans sa chambre mdiféfmm^ti » (II, i55) : comme aans infa tion, arec indilTérenoe.

Double exemple du tour înfonmé f «r, asses généralement eondamné par les grammairiens : a Ils prennent soin que toute la Tille soit mf0nmim yrai font ces emplettes s (I, 44) ; « ^t crob que Votre Alterne SéiéniaHBe est informée ^ue les études de Monsieur le doc de Bourbon sont fort légu- Hères à Fontainebleau s (II, 49^)*

Innocent^ dans le sens, toujours usité, ^Uréprùehmhie et êmm m^tkwmtmi^ mais avec des applications dont quelques-unes maintenant étonnent ua peu : a On y remarque (dans les vers de Boileau) une critique aâie, judicieuse et innocente^ s*il est permis du moins de dire de ce qui est man- ▼ais qu'il est maurais s (II, 4^'); * ^^ Bourdaloue.... ne mit pmnt de peintures du crime ni plus vires ni plus immêOêmies s (II, 444) ; « U Amune raillerie innocente » (I, 3s3 et 3s4).

a Instance des libertins » (II, s53, note 3) :* objection des incrédulss.

c (Le PrinceJ, instruit jusques où le courtisan veut lui plaire » (II, i6e) : tour a noter, d*intenrogation indirecte après iiuirmi,

c Ils parlent yarm et mystère sur de certaines femmes s (I, »8»); • Il n^a manqué à Molière que d*éviter le jargon » (I, ia8). Dana le pr~-~^'' de ces exemples, 70*^011 a un de ses sens ordinaires et veut dire, c parle T Académie (1694), « langage concerté que Ton fiût pour n étie tendu que de ceux arec qui Ton a intelligence; » dans le second exemple, ki souvent cité, Fauteur paraît bien lui avoir donné cette autre aeeemiaB, ordinaire aussi, de « langage du peuple, de paysans, s comme dit Avitière, qui, dans sa définition, ajoute à langage les épitliètes, pua tr^ justes ici, ou qui du moins Toudraient explication, de vicieus et carrmm il mentionne ensuite ce a Jargon (ou patois), différent de la laiigua ' honnêtes gens, aue le peuple parle par toutes les provinces. » SncH» frré à Molière d avoir été moins déUcat que la Bruvère, de n^nvoÎF nus fait fi de ce genre de vérité, mais mieux aimé copier la nature que dTy substituer le lauga^ de ceux qn^on nommait € les nonnètes gêna ».

c Ils ne lui sourioient plus, ils commençoient à ne le plus joimdrm » (I, 819) : à ne plus venir à lui.

a Vune et C autre fortune (la bonne et la mauvaise^ » (I, 336); « Vmtmet Poutre oraison (le français et le latin) s (II, 465) : aeux emplois tout différents de fun ei Poutre \ au sujet du second, voyez ci-dessous, p. xv, an mot Ornisoa,

a Pensant moi de tout le monde, il n*en dit de personne s (I, 3a3) : mal passant d'une catégorie grammaticale à une autre, employé dans le premier membre comme adverbe, dans le second comme nom.

Deux emplois remarquables de manier : c Ce qu*il y a de plus beau, de plus noble et de plus imp<^rieux dans la raison, est manié par le premier (Corneille); et par Tautre (Racine), ce qu'il y a de plus flatteur et de plus délicat dans la passion » (I, 142); « Manier k fond une vérité (en ciiaire) et iVpuiser » (II, a35).

a Sans retarder le cours de notre bistoire ordinaire et qui fmi la

PRÉFACE. xr

ehe de nos ëludes » (II, 494) '• qo^ ^^ l'objet suivi, constitue le cours régulier de nos études, des études dont je m*occupe avec mon élève ; je ne sais si la Bruyère se serait exprimé ainsi ailleurs que dans le style rapide cfune lettre.

Masquer^ au sens neutre : a Jouex-Tous? nuuquez-\ovi%t II faut répondre D (II, iio); « Ménopbile.... masque toute Tannée, quoique à visage découvert 9 (I, 3i6).

a Une âme vile et mécanique p (II, 85). L*Âcadémîe, dans ie% deux premières éditions (1G94, 17 18), donne au mot, comme opposé à libéral^ le sens de « sordide et mesquin 0; dans les deux suivantes (1740. 1761), celui d* a ignoble et bas »; dans la 5« (1798), celui à' ignoble seulement; et elle ne conserve aucun de ces sens dans sa dernière (i835). La suite (le la pbrase de la Bruyère explique la double épitbète : pile et mécanique^ par a à qui ni ce qui est beau ni ce qui est esprit ne sauroient s*appUquer sérieusement o.

<s La vie de la cour est un jeu sérieux, mUaiteolique^ qui applique » (I, 3i5) : Tépithète mélancolique rend ici Tidée de tristesse, avec une nuance amoindrissante, qui s^applique bien à ce mélange dont parle Bossuet lors- ({uUl dit * qu'on trouve a la cour, quand on enfonce, a un sérieux aussi triste qu*ii est vain. »

Montre^ fréquent encore dans la locution « faire montre de », mais ne se prêtant plus guère, au même sens, à être employé seul, comme ici : a Le nom de ce panégyriste semble gémir sous le poids des titres dont il est accablé.... Quand, sur une si belle montre^ Ton a seulement essayé du personnage, etc. 0 (II, 118). — Comparez I, 160 : a Le marcband fait des montres ».

Monument dans son sens primitif, latin, de marque, marque publique, que TAcadcmie lui reconnaissait dans sa première édition (1694), maune lui reconnaît plus maintenant : a II les dépose (les cheveux de son Gis) dans le temple comme un monument d*un vœu solennel qu*ii a accompli » (I, 73).

Moral^ au sens où nous dirions de morale, traitant des mœurs : a Un ouvrage moral » (I 114) ; « Un auteur moral » (II, 45o)*, dans une acception analogue : a Corneille est plus moral. Racine plus naturel » (I, 149): il appelle Corneille moral, parce qu^on trouve, dit-il, dans ses pièces a des maximes, des règles, des préceptes ».

Nu c*est-a-dire n*ayant pas fait toilette : « L'homme de lettres est trivial. .. ; il est vu de tous, et à toute heure , et en tous états, à table, au lit, nu, habillé » (I, 149) î comparez la phrase de Saint-Simon citée au Lexique : a tout nu en robe de chambre ».

Obligeamment, avec ménagement, avec indulgence : « I^e faux dévot ou ne croit pas en Dieu, ou se moque de Dieu*, parlons de lui obligeamment : il ne croit pas en Dieu » (II, 147 et a48).

Opiniâtre , où nous disons pluti^t opiniâtre : « Des haines longues et opiniâtrées » (II, 5o).

Oraison, discours oratoire : a Les caractères.... sont inévitables dan» Voraison » (II, 4^7) î P^i* extension, la langue où le discours est écrit : a Vous avez des écrivains habiles en Tune et en Tautre oraison » ^11, 465] : c'est-à-dire en français et en latin. On lit dans le premier chapitre du de Officiis de Cicéron : utrituque orationis, par quoi plus d*un interprète a entendu : « du latin et du grec ».

Ordre, rang assigné par la naissance, la condition : <s II semble que le mariage met tout Je monde dans son 0r<£re»(I, i59). -*Rang dans l'affection et droits limités que donne la nature des relations : a Glycère.,.. res-

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