‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 146 sur 875 · ORTHOGRAPHE · texte numérisé non relu

ORTHOGRAPHE

Nooft aroM peu da ebote h dire de rortfaograpbe de It Bniyire tdia qiM now la ■oatre le petit nombre de lettres aotognpbet que noiu aront de lai, qai m troaTenk ptmmfam tontes, nons l'aTons dit, dans les arcbives de la maison de Condé^ auqnsUes Mgr le due d'Aomale nous a donné si obligeamment aeoès * . Ces lettres ont été Aerites en |685 et 1686, e'est-à-dire peu de temps arant la publication des Diciionmmrwê dé Furttiètû (1690) et de VAùadémU (1694), qui derinrent guides et autorités «B «tte matière, et avant l'entrée de la Bruyère dans rillnstre compagnie. L^irtfaogriplie B*y a rîen qui soit personndlement propre è notre auteur ; et elle n*est pas non pfam rigoureusement uniforme. Dans la plupart des cas, il se ràgle, en se permettant qndqoes libertés et inconséquences, sur l'uiage le plus général de son tempe.

Aiiîsi I* il emploie le plus souvent Vj au lieu de notre <*, soit fiwmant k lui seul ■B MB final, comme dans mjr^ cf, içf , soit terminant une dipbtbongue, également finale, eomme AtmMfajr^ je trommy^je ttraj^jêferajr^jê cantimmgrqy., ete. ; moy, f >j% rof / lujTf céimjr, aafomrd*kmjr. Mais nous trouvons aussi, une seule fiois, y*<r<, imig j*9MimUrm^ CkmtuUU (contre neuf £bis ChaHiUly) ; CimU (exemple unique du imC) ; deux Cdîs SawoU (contre trob Cois Swoyë) ; une fiois tîih. Dans les noms des Jom do la semaine, nous avons è pen prés autant d'exemples de Vi que de Yjr^ limité pour Immdi^ qui est écrit constanmient (neuf fois) par i. Nous rencontrons Ibîs Aîicr, deux ibis aussi kjgr (ce sont nos seuls exemples de la vojelle au d'un mot, suivie d'un s ouvert) ; devant un e muet, plmjê (six fois).

Là où 1'/, dans notre ortbograpbe, qui est aussi celle de Furedère et de l'Acadébàx double son, entre deux voyelles, il le remplace par (, comme Ridielet (1679 et 1680) : MoÎM, poiis, foiagêf emploiêr^ em^im,

%• U termine par e# la seconde personne du pluriel des verbes : #<re#, ontfi, aures, firêSf W9mUs\ il écrit de même ehês pour ehêz ; oMes, on avec un accent oisét, pour «MM. 0 termine an contraire par et le pluriel du participe passé féminin : eofUMereex, êmâtigmêêz, amhiiéêz't nous n'avons qu'un exemple du participe pluriel masculin, et avec la dédnfnffi es, — Dans sa lettre à Pontcbartrain qui est à la Bibliotbcque nationale il écrit difiéremment la désinence de la seconde personne : ignorUt^ vciiz^ épouserez ^ étvéMt ptmsit ; une fois fon/es, sans accent. Dans cette même lettre nous avons le plurid da participe masculin : ssekaujféz^ Nous y rencontrons également deux fois s, poar #• ft la fia des noms inUrstz et endroitz.

An milioB des mots, nous trouvons, contrairement I l'usage, aussi bien de Ricbelet qoe de l'Académie et de Fàretiire, Vs dans gaseites et onsieme (ailleurs onxe) ; le z dans MnMis, correnae/, assizss,

3* Doi diverses consonnes étymologiques non prononcées, 1'/ est la senU que nous

I. lfoMiegrcttoiisdeB*avoir pas sons les yeux, en écrivant eeei, les manaserits mêmes. Da aoBt, ea ee moBseat, enCnrmes dans des caisses et inaccessibles. Nons noos en rapportoM A daa copias foitas autrefois pour noos, qne nons avons tout liaa da croira esades.

Lxx LEXIQUE DE LA BaUTÉRB.

meontrioBf d'ovdiaaifv : frirl, êttmdê^ MafwHi, tkrmHm^fimtfrë^

tott, mtmii^ nêtê, reUêckmmmU^ gÊHtmrn^ mém^JH^ mUvé^ aie. V^mÊtam

^ymologitfjnet Boat ae troavont d'eiwaplat que je jnrf, U semii^ U

(cédille ondw); joimetê et pmfÊieUmemi, JoigMi-y b e iaiéri k tort et per Wiailr

dans jntei. Pour les iddidoBs de Yojellet« noee n*evoM remafqei qae fe dmet ■»

dans f»i, Ummês (de lir«), MJrmmtmi^ mtnitw (ailieiin «mver).

4* Les doublements de fonwwnw sont fréqasàls. H krit, a^pee PAeediBie (iS^fl : apptremnir^ fidêllfmmt^ trmitte^ êctmita^ êxtimrrti et, avee Ruetièie (iC^o) :eiedmiitei mais anisi, sans stoît pour loi ni Tone ni Fantre antorlti : raifis, êeritu. I^mie consonne poer daoc, m>m m*«vo«8 w Mi^eé d'aetras nfaimilai qai i plieaiiomt gomiUre ; c*est Porthogniphe <Ie lÛdieleL

5* kn ploxid des noms en mmt et en «ef , noes tronvons coBStammaat las OMSt em». Ainsi : /«mrw, nuMNWy êwtmêmtmt, ete. L*Aeadimla (i094) eonaarte la li c*eit aussi Tosage le pins ordinaire de Fnretière (lOgo), diea qui ponvtant as beaflt aossi Tantre fonne : Toyes, par eiemple, k Fartiele Erpaitt. Riehelat (1679 et ifilo) écrit comme notre aotenr : aiu, emt.

€^ Notons encore qaelqnes Cûta pattienUars* ceanaa les mêirmijrt la dtMCê^ en tUmee^ nyonee/ m^tmimrm, mutgmiti tkgmri en oatrs oswMsasnM, area a pooraiatpeor e; la donbie erthegiaphei et eomiêi Je nmi et/e npomsi anasr* sans €\ de mena «niPt poor eaApit| rinadivtaaee t trois fo&tî £hmur€^ sans #•

7* La Bruyère se donne grande Ubartk penr Isa noms pvaprea. II 4cril ^llenaa, Jmgièiêrrt et Jnglêiiêm^ Amtneha et .^bfkrMke, BoUtêim el MmOtimi IWnfi fr> Mlî, AnMMarcA, ithaûi (k Tallemande), Ckmmètt. U bumàm l^rtiimgm (NânSagen), FUUfrmiteê (Villafranca). Ukerit MUamêt^ poor UUmÊm$% • Sn MetaHiJfaw ^atf, a poor « Jferociflsae ».

8* Son accentuation est presqne anlle. Coanna la plopait de aaa eoBtenkpetalM, il ne frit nsage ni de l'accent grare, ni presqne jamak dn eireonieia^ el ne ■avqaa gaÉR de raignqne la finab i^ qoelqnefiDis ^ 4g : gré^ «mW, e/rea&idv, «cadri las participes passés masculins (nons rencontrons vne fois la déshenee dr, une fe^ b dU> nence ^s), point les finrimns, quHl tennina, noos Tafona ▼«, par ees. Il éarift etaM^ «rmanf, êpinmx, Mtmunmta^ mmen^ dtrmkM^ ireerarwily «Ans, iseslr«« garnie Jktf^ rimparfiût dn subjonctif), etc. En rerandM» nons troovons marqirfa dn flase : /eél, il a plâ, j*ai erâ, — Le tréma lui sert, selon Tusage dn tempe, è gner Vm Toyelle de T» coneonne (r) : «ê, iwi, pede (m, !«•), dIfaiftsJe, f MT, avoêêr^ fiètuêê, ^ 11 se passe, nous TanMis dit, de la cédille t jciwefr, Ita» co«r, memmcm, en dSiee, ete. — Le plus sonvent pas d'apostrophe : cetf, /«f, fâîl, Ibk /eia/, ete. ; mais une lins aussi faPil , font nons en troonms une égalanMnft ky^, fV^ Pavomer, etc., et à un mot qui dés lors n*en prenait pins : feiwnâafe. '•^VméêWê' jnaeule^ pour ainsi dire, ni au commencement des phrases, ni anz aoma pnpiesi ans ^k et Ik aux noms communs, même k un ^eAe, par exemple : « se Urneiflafall il aiae le roy de maroc {sic) ? »

Nous ne nous arrêterons pas longtemps k l'orthographe des édStioBa |ieMliM 4a TÎTant de la Bruyère. Noos ne savons pas quelle est, dans cette orlfaognphe, b pertèi Taoteur, ni jusqo*k quel point Ton s'est confiiimé k edle du mannsôit, aail aal»graphc, soît dmpb copie, qu'il sTait donné k l'imprimeur. Ce qui aona portaiA i croire que, dans ces impressions, qui dn reste sont loin d'être entièrement nnIfaïaMi le typographe est, quant k b manÛre d'écrire les mots, pour pint qne ranBènr, <M la comparaison des éditions stcc les lettres qui nous restent de bi. fiatra èslhi Hst cclles-lk il y a bien des différences.

Les éditions se rapprochent beaucoup de la méthode de Itichelet : ainsi pour Pc ■* lieu dV dans des mots comme avaniure., paneher^ rettraindrây etc. ; pour le contrsirr, Ve au lieu dV, dans quarente ; pour la substitution d^une consonne sin^de k une coa* sonne double, là où nous n'en prononçons qu'une, par esempb, dans êotitê, mUtsUt tranquilitéy sale (pour saile)^ etc., même dans pamiaxe, où M. Littré marqae qs«

ORTHOGRAPHE. lxxi

et devs / maintgnmt te prononeent ; pour le rempUeement par un i de Vjr^ ngne Pari^iae des mots tirés dn grec : siiU^ Ûpoeritêt kiptrboUj pkitUmomU, êiiumime^ ete. ; MMT le cbangemeat, dans eette même etpèee de mots, decAet decAencetenf: r—if r, mrctmU^ êniotuiasmê, miêomtrcfêt Mitridatê^ etc.

L^afloenee de lUchelet se retroare aussi dans quelques fonnes divenes, comme tgmUU^ pour aigmilUs eakos, pour ekaoti fuadrer^ pour eairert dragme^ qui est ibmI Forthographe de Fnretière, pour drachme; usUmeiUs^ pour msUiuUesg bâaitltr, MMT iâiiiêr p*lcadémie, 16949 > 1^ <looz £Dnnes) ; kaiUê (Richelet, balie]^ pour ba~ UyTÊi ptdaîrir (ailleors pétri \ Richelet, ptùtrir)^ pour pétrir g samuê, pour êameê (RidMlet domw les deux (ormes) ; soUmnei^ pour soUmtul (encore les deux fermes dans lâdMlet, qoi du reste sTertit qa*on prononce toloMel),

Dm ees manières d'écrire noos trouTons, dans les éditions qui noos occupent, pour Biulns mots Tusage constant, pour d*antres des exemples seulement avec d*autres mmikn% difiereates ; car on ne se pique pas, dans ces anciennes inq>ressi<ms, d*étre ail ■nifiiiiimi et conséquent. A c^té des formes i la Richelet, nons en rencontrons l>Htni d'une tout autre méthode ; à c6té de sotUê, moUsse^ des doublements de comme : eotterU, robèe^ rolle (Richelet et l'Académie, r^), abbeyrer (orthode TAcadémie et de Fnretière).

Si Ton supprime 1'/, comme Richelet, dans les mots dérivés du grec, <m le conserrc, eoHbairement à son usage, i la fin des mots : sojr, lojr^ hailljr^ deery^ etc. Si Ton efface rnspiriflnn du cki et du tkêta^ on laisse intact le phi et ne le remplace point par y; on ftorit pktaUome^ phamtaisit, phiole ; l'Académie a pour ces mots les deux formes, et du ^ à r^ Nos éditions consenrent aussi, contrairement i Richelet, mais consi nous en croyons l'Académie (1694)* su meilleor usage, des lettres étj- : pomlmonSf eolonutes^ etc., parfois là même où l'Académie les supprime, dans ipics^ pour é^. Les formes omettre et ohmettre, que nous trouTons toutes dans le texte imprimé, méritent une mention particulière : vojez ce qui en est dit an tome II, p. 191, note 5. II faut noter aussi hienfaeteur^ bienfaetriee^ qui est Fofftbographe nniqne de Furetière; l'Académie (1694) laisse le choix entre biem/aeleur et êiêi^Uetemri Richelet entre bien/acteur et bienfaiteur : Tojez au tome I, p. 180, ■otoS.

lions ne rdèrerons plus qu'un petit nombre de faits particuliers, dont quelques- ■Mb dans ees textes, peuyent bien être des fautes, par exemple !'«, au masculin, dans Wf ■djecti£i subtil (pour lequel notre auteur donne lui-même la mie règle, 11, ai 5), vf, hnU {subtiles détours^ stile puérile f organes brutes); au contraire yrn//, que ^aifon» /rustêf/eloux^ que nous écriyons yfoar / quaisse, pour caisse f maiterie^ icf êssain^ pour essaim; adhérant , pour adhérent; pratic^ adjectif, pour frmiiqu€y dans les huit premières éditions ; échet^ pour échec^ dans toutes les éditions (TAcadémie, 1694, a soin d'ayertir que le c final ne se prononce pas) ; dans les trois yaiièrei, Par^alime luiteur^ pour lutteur ^ dont M. Littré cite un exemple tiré de la l** satire {ftn 87) de Régnier; dans la 4* édition, condemnation^ pour condamna^ ftpa; dans toutes, succer^ pour sucer \ etc., etc.

Eb Toili asseï, trop peut-être, sur l'orthographe des éditions publiées du TiTsnt de la Biajfèi'e dont on ne sait li qui il faut attribuer la responsabilité. C*est sans doute, aoBS l'arons dit, i Timprimeur plus qu'i l'auteur, et, puisqu'il s'agit de toute une •fiffia d'éditions, de 1688 i 1696, aux protes et correcteurs qui se sont succédé dans PfaBprimerie de Michallet. Ces agents anonymes, assez éclectiques, on l'a tu dans ce qal piéeède, nons sont des témoins de la méthode, ou mieux de plusieurs méthodes du mais ce ne sont pas assurément de ces autorités dont on ait à tenir grand dans l'histoire de l'orthographe française.

Page 1