‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 88 sur 875 · TRADUCTIONS DES CARACTÈRES · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS DES CARACTÈRES

Suivant l'auteur des Sentiments critiques sir les Caractères (p. 33), le livre de la Bruyère, en 1700, avait déjà été traduit en autant de langues qu'il avait eu d'éditions; d'après le Journal de Trévoux (n* de mars-avril 1701, p. 76), il en avait paru en 1701 des traductions a en diverses langues. 9 Quant à nous, à peine pouvons-nous signaler, avant 1709 , deux ou trois traductions étrangères, lesquelles sont anglaises. Brillon et le journaliste de Trévoux nous semblent s'en être rapportés au souvenir qu'ils avaient gardé de la réflexion 91 du chapitre des Ouvrages de P esprit (tome I, p. I90), sur « un bel ouvrage..., imprimé par toute l'Europe..., traduit en plusieurs langues, 0 ouvrage dans lequel on avait voulu reconnaître les Caractères,

Traductions anglaises,

La prenuère traduction des Caractères de la Bruyère s'est faite en 1698 : c On a traduit ici {jk Londres) les Caractères de ce siècle par M. de la Bruyère, lisons-nous dans le n* de mars 1698 (p. i34) de VHisloire des ouvrages du

attiibcMe è la première, «n ration de ton ordre de clafsement dans les arehivet des princes de Condé, est aajoard*hui confirmée par une communication de M. Allaire, qui fixe les dates de Tnne et de Pantre lettre : voyez ci-après, p. aSi, nos Additions à la pa^ 495 du tome II«— D'autre part, lettre xiv (tome II, p. 399, ligne ai, de son édition), M. ChsMang imprime : « 11 me iant lutter pour réduira une mutinerie..., » là oà rautographe nous donne : « 11 me fiint pour le réduire une mutinerie.... » (tome n, p. 5o4« Hgne 7 de notre édition). Nous devons maintenir notre leçon, qui B*flft pas, ponr aoos, « qnelqne erreur de plume de la Bruyère, » non pins qu'une eireur de MOture*

174 NOTICE BIBLIOGEAPUIQUB

tû9mmts. Je doute, ajoute le correspondant de Basnage, qu*on piiiaae réuMÎr dana une publication de cette nature. » Noua n*avoiia paa le titre de cette traduction, mentionnée par Fabricius.

Il semble que cette première traduction, annoncée en mars 1698, xkt puisse être celle de Budgell, qui porte le millésime 1699, et que nous citons ci-aprcs : il est plus probable qu^il s*agit de la i** édition de la traduction notée ci-après sous le u* 3.

1. — The Characters of Theopfirastus^ translated from Mr Bruyere'> French version into English, by Eustace Budgell, eaq., Loadon, 1699, in-S". — Autre édition en 170a.

D*a])rès Watt, Bibliotheca Britannica,

8. — The Characters of Theophrastus^ together witli the Gharacter> of the agc, by la Bruyère, with a pre|>aratory Discourse and Key. Loiidon, 1700, in- 8*.

D'aprè» Lowndes, The bibTiographer** Manunl,

5. — The Characters or the Manners of the âge by Monsieur de I.« Bruyère of the French Âcademy, made Englisn by several hands. with the Characters of Theoiihrastus, translated from the Greek. and a prcfatory Discourse to them by Monsieur de la Bruyère. Tht third édition, corrected throughout and enlarged with the Ke} inserted in the niargent. London, Leach, 1701, in-8».

Nous ne connaissons pas la date des deux premières éditions.

Après les Caractères Je la Bruyère^ viennent dans cette traduction, comme il est dit au titre , ceux de Théophraste, arec ce noureau titre : « The moral Characters of Theophrastus, with a preparatory Discourse conceming Theophrastus, from the French or Monsieur de la Bruyère, a

Il est digne de remarque que dans le chapitre des Jugamemis de U Bruyère le traducteur s'arrête à la remarque 116 : il laisse de câtf' toute la fin du chapitre, où la Bruyore s'exprime avec tant d*âpreté sur la Révolution d Angleterre et le roi Guillaume d'Orange. N*ajrant vu ni les traductions précédentes ni les suivantes, dont nous em* priuitons l'indication soit aux bibliographies de Watt et de Lowndes, soit au catalogue de la bibliothèque de Walckenaer, nous ne pourrions afliriuer, bien que la conjecture soit assez vraisemblable, qu'elles aient également supprimé les attaques de la Bruyrre contre l'Angleterre.

I>a Clef, qui se réduit à un trrs-petit nombre de notes, n'est Tsicactf reproduction d'aucune de celles que nous connaissons. On en trouve quelques citations dans nos Additions et Corrections.

4. — Characters of fhe Manners of the âge, m ilh the Characters of Theophrastus, by N. Rowe, with an account of bis life and writings by M. Coste. London, 1709, in-8'. — Autre édition en 1713.

5. -—Voyez ci-dessus, p. 157, n^ 87, la traduction anglaise mentionner sous \v titro : '< H. Gally. The moral Characiers of Theoj/hrtuiuSf 1715. «•

6. — The ff orks of M, de la Bruyère,,,, also tlic Manners of livinf{ Nsith grcat mon, by N. Ro>%e. London, 1776, a vol. in-ia.

DKS OBUVRBS DE LA BRUTÈRE. 17$

Tradii^tioBt ■IlemiiMiet.

7. — Jean de la Bruyère, Veniflnftige iind sinnreiche Gredanken von Gott und der Religion wider die sogenannten Esprits forts ^ oder starken Geister, aus dem Franzosischen ûbersetzt und mit Anmerkungen, von Jo. Joa. GIo. anh-Eode. Danzîg, 1739, in-8^ »- Traduction du dernier chapitre des Caractères.

8. — Charactere des Theophrast und de la Bruyère, mit einer Vorrede von den Vorzûgen und Eigenschaften der moralischen Schildereien, von Th. Siegm. Kiessling, Nûmberg, 1754, grand in-8*.

9. — TheophrasCs Kennzeichen der Sitten, nebst des Joh. de la Bruyère moralischen Abschilderungèn der Sitten dieser Zeit; aus dem Franzosischen ûbersetzt. Regensburg und Wien, 1764, 2 vol. in-8*.

Autre édition^ Francfort et Leipxig, 17729 iii-8*.

10. — De la Bruyère. Sittengemàlde, fOr die Deutschen, aus dem Franzôsichen (von Sam. Baur). Leipzig, '79^9 in-S^*.

Avec un frontispice gravé.

11. — Die Charaktere oder die Sitten im Zeitalter Ludwig XIV . von la Bruyère. Aus dem Franzosischen ûbersetzt von Karl &tner. Leipzig, 1 871-1872. 3 Thle, in-8«.

Fait partie de la eoIIectioB intitalée : Bihliotkek ûutlândiseher Clattiker in deutseher Ûebersetzung,

TradaetioDi italiennet.

12. — / Caratteri di Teofrasto^ coi Carotter i e Costttmidi questo secolo, del sig. de la Bruyère. E la difesa di questo e de'suoi Caratteri fatta dal sig. Costa. Il tutto tradotto dalla iingua Francese, ed illustrato con Riflessioni critiche e morali, adattate ai costumi correntî, dal l'awocato Giusepp. Antonio Costantini, autore délie Ze//^r^ cr///c^. In Venezia, MDCCLVin-ix, G. Novellî, 6 vol. in-8*.

15. — Massime e riflessioni morali di Gio. la Brt^ere. Yersione italiana di Paolo Lanati, posta rincontro al testo Francese.

Tome I*' de la Biblioteea seelta di opère Francesi tradotte in Ungua italîana. Milano, Gio. Silvestri, i834, 19 vol. in- 16.

Traduetioii espagnole.

14. — Los Caractères de la Bruyère^ seguidos de los Caractères de Teofrasto, traducdon al Castellano, por don P.-V. Ferpandez, ciudadano Meiicano. MejicOy Galvan, 1838, 3 vol. in-12. (Avec portrait grave par J. Adam.)

Notice primée portrait.)

Traclnctioa mue.

15. — Kapairepbi, mim cBoMcrsa pa3Ji«iBarooociOf HÎfiiojieB BUEkm- Haro BoeMeuH. CoHHHeHie AaOpioMepa. Depeien ck 4>paiiiiycKaro UHKOjali lijbHai. Mociua, n nnoipa^ii GeiiaoBcaio,

i8ia, a vol. in- 12. (Titre commiiniquë par M. Picot. ) Traduction des Caractères par Nicolas Iljin.

Mme Michallet faisait paraître en 1699 la Suite des Caractères de 7%dephraste et des Mœurs de ce siècle (voyez ci -dessous, p. 184 y n9 s 5). Cettf publication tirait quelque intérêt du portrait de la Bruyère, qui est placé en tète, et qu'accompagnent les vers suivants, attribués à Boileau :

Tout esprit orgurillrax qui •*aime Par mes levons se Toit guéri, Kt daos moQ livre si chéri Apprend h §e haïr toi-iiiéine.

o Tout le monde, ainsi commence Vjâçis de Pimprimeur mu ieciemr^ mt demande avec instance le portrait de M. de la Bruyère, et cette curiosité m*a paru si raisonnable que j'ai résolu de la satisfaire. J'ai donc cherché tous les portraits que Ton a de cet homme illustre, et en ayant troofé un entre autres qui lui ressemble parfaitement au jugement de ceux qui le connoissoient, je Tai fait graver avec tout le soin possible. Je Tai nus à la tète de ce livre, pour ne rien laisser à souhaiter aux curieux ; car ib verront ici M. de la Bruyère tout entier. Ce portrait donnera une parfrite idée de son visage, et ce livre fera connoître le caractère de son esprit. >

Le portrait qu'on publiait ainsi, trois années et demie après la moit de la Bruyère, était sans doute ressemblant, puisque son libraire Taflirme. Le témoignage de Mme Michallet n'a été démenti sur ce point par ancnn de ses contemporains, et nous l'acceptons, tout en déclarant apocryphe la Suite des Caractères^ dont elle tentait sans succès de faire admettre Ta»thenticité.

De Saint'^ean pinxit^ Brevet sculpsit^ lit-on au bas du portrait. Pieire Drevet, né en 1664, mort en 1788, est l'un de nos pins oëlèfaret graTOOit;

DBS CBUTEBS DB LA BRUTÈRE. 177

nous nVTODS pat à le présenter à not lecteurs, qui connaiitent les planches qu*il a grarées diaprés H. Rigaud {Louis XIV^ Louis JTF, U pnitee dt Conti^ le cardinal de FUury^ la duehasse de Nemours^ BoiUau^ ^^Oi ^ ^^ portraits qu^il a faits diaprés nature {le Dauphin^ Philippe V^ le marqua de Dangeau^ Girardon^ etc.).

Saint-Jean est moins connu. De même qu*il 7 a eu deux Pierre Dreret (le nôtre est le père), on compte plusieurs Saint-Jean parmi les peintres et dessinateurs du temps. L^auteur du portrait de la Bruyère, aujourd'hui perdu ou ignoré, et que nous ne connaissons que par la graTure, est sans doute Jean Dieu de Saint-Jean, qui était fils d*un peintre du même nom, et qui mourut le i5 juin 169$, âgé de quarante et un ana*. Il a laissé des grarures de mode : la Bibliothèque nationale conserve un certain nombre de planches où il a dessiné les costumes des gens de la cour et de la ville.

Saint-Jean n^est pas le seul artiste qui ait peint ou dessiné la Bruyère, s'il est exact, comme le dit Mme Micballet, qu'elle ait fait un choix parmi les portraits de Tauteur des Caractères, La plupart des graveurs qui ont prétendu nous donner les traits de la Bruyère reproduisent plus ou moins fidèlement le portrait de Saint-Jean. Quelques-uns cependant, tels que Seraucourt et Desrochers, semblent avoir eu un autre modèle sous les yeux. Mais c'est à la planche de Drevet qu'il faut revenir pour avoir quelque garantie d'authenticité, et c'est d'après Drevet que M. Sandoz a gravé le portrait qui est joint à notre édition.

Le Musée de Versailles possède un portrait de l'École française, qui, d'après le catalogue, serait celui de la Bruyère : il avait été placé dans la salle n<^ i65, sous le no 4>77i ^^ ^^ ^^^ ainsi décrit :

a Hauteur, o,3i *, largeur, o,a6. Cuivre, forme ovale. Il {la Bruykre) porte une perruque blonde et un manteau rouge. » {Notice du Musée de Fersailies, par Eudore Soulié, 3* partie, p. 338.)

L'attribution semble de pture fantaisie.

Ce tableau, qui figurait dans l'une des salles affectées aujourd'hui à la Chambre des députés, n'est plus en place.

On conserve au même musée un autre portrait de la Bruyère, peint au dix-huitième siècle par Mme Vigée Lebrun : « J'avois fait en 1776, d'après les gravures du temps, écrit-elle dans ses Souvenirs (i835, in-8^, tome I, p. 43), les portraits du cardinal de Fleury et de la Bruyère. J'en fis hommage à l'Académie françoise. » Les Mémoires secrets de Bachaumont (tome VIII, p. aoi) nous apprennent que d'Alembert remercia officiellement, au nom de l'Académie, Mme Lebrun de ce double hommage.

Des salles de l'Académie française (et non de la Comédie française, comme il est imprimé dans l'édition V^alckenaer, p. 645), ce portrait de la Bruyère a passé au palais de Versailles, salle n9 i5a du a* étage, qui sert aujourd'hui de salle de commission dans la partie du palais réservée au Séuat. Il est ainsi décrit, sous le n^ 3940, dans la Notice du Musée eie Fersailles (3« partie, p. 17 et 18) : a Hauteur, o,63 ; largeur, o,5a. Collection de l'Académie française. »

a M. Monmerqué, lisons-nous dans la Comédie de la Bruyère (i* édi-

I. Jal^ Dietiennaire critique de biographie et d'histoire, p. 70a.

La BBUYiHB. m, I 11

178 TfOTICB BIBLIOGRAPHIQUE

tioD, tome II, p. 699, noie 1) au sujet de lat portniu, cb pCMaédiit un qu'il attribuait (maif à tort, je croit, ajoute M. Foumîer) à Philippe de Champagne, a L*auteur des Cmractèns^ dit Mme de Saiot-Suia, « plus tard Mme Monmerqué, y ett représenté écriTant un passage de soa u livre ; son regard respire un dédain plein de finesse et de maliee. • (Miroir dts Salons^ p. 88.) »

Un asM'z grand nombre de portraits grarés sont signalés dans la ifefàe* hibUograf»hique^ sous les n« ai, 17, 3i, 87, 89, 45, 48, 55, 58, 63, 6S, 73, 74, 77, 81, 84, 86, 94, 99f «08, "4, i35, 187, i38, 140, 141, 144.

Celui qui est mentionné sous le n® 37, graré par Serauconrt (5ler«»court fecit)^ est Tun de ceux au-dessous desquels on place à Paria la naissance de la Bruyère : a Jean de la Bruyère, de TAcadémie françoîse, et gentilhomme de Monsieur le Prince, né à Paris et mort à Versailles k 16 mai (Usez Un mai) 1696, âgé de cinquante-sept ans. a On lit au bsf les vers suivants :

J*ai peint ao natarel rimpertinent, le sot. Le fiit, rambideus, Tavare et le bigot. Mon livre est on tableaa des erraars de la TÎe, De tout le genre bamain il contient le portrait. Le sage j rit de cens dont j*ai peint la folie, £t rinsensé s'y mécoanolt.

La même mention du lieu de naissance se retroure, ainsi que les mémos vers, au-dessous d^un portrait non signé, qui a été publié chei Daumout, rue Saint-Martin. Ajoutons qu*une grarure allemande, conter* Tée à la Bibliothèque nationale, fait aussi naître la Bruyère à Paris, aTec la date inexacte de 1689.

Le portrait de Githelin, qui est joint à Tédition in-4^ de 1765 (n* 45), gravé d'après Saint-Jean, porte les vers de Boileau.

Le portrait de P. Savart, placé en t<^te d'une édition de 1769 (no 48), est daté de 1768. Comme le précédent, il a été gravé d*après Saint-Jean, et porte aussi les vers de Boileau*.

Ou trouvera au Cabinet des Elstampes de la Bibliothèque nationale, nae collection de portraits de la Bruyère, qui comprend presque tous oeai dont il est question dans la Notice bibliographique^ et de plus dirers antres portraits dont nous nommerons, par ordre alphabétique, les paveurs :

P. M. Alix, d'après le tableau qui était à TAcadémie française (aujourd'hui au Musée de Versailles, peint par Mme Lebrun : voyes ci-dessus, p. 177), gravure coloriée, Paris, M. F. Drouliin; Bachelier; Blanchard; Blanchon ; Delpech (lithographie) ; E. Desrochers (on retrouve an-dessous du portrait gravé par Desrochers la légende et les vers qui sont aa bas du portrait par Seraucourt ; sur Tuu des deux exemplaires conserréi à la Bibliothèque nationale, on lit, après le nom du graveur : « Se vend chez lui à Paris, rue Saint-Jacques, au Mecmnas) ; Delvaux (deux portraits, Tun en 1781, d*après Saint-Jean); Julien (lithographie : deux ('tats, dont Pun pour le Siècle de Louis XI F) ; Laderer, d*après Dereria

I. Nous mentionnons ci-aprè^ un autre portrait de Savart, daté de 1778, qui sf Tendait isolément.

(deux ëuts, dont Tuii pour VicoiwgrmpkU ùutrmctiwê) ; A., de U Lire ; Landon, d*après Saint-Jean (pour une Histoire de France) ; Elisabeth Maiiié Lepicië (deux états, dont Ton ponr la collection Odieurre); P. Sarart {de Saint-Jean pinsit^ 177^9 c^^^ Tauteor, qnai Saint-Bernard, hôtel Chamouzet).

De tous les portraits de la Bruyère, il n^en est qu*nn petit nombre qui présentent quelque intérêt. Après celui de Dreret, nous ne royons guère parmi les planches du dix-huitième siècle, que celles de Seraucourt, Desrochers, SaTart, Cathelin, qui soient dignes d*attention.

OUVRAGES GOMPOSÉS A L'IMITATION DES CARACrÊRES.

Nous n^avons pas besoin de dire que nous ne comprenons pas sous ce titre les moralistes, postérieurs à la Bruyère, sur qui sa manière de penser et d'écrire peut aroir exercé quelque influence. Notre liste, et nous ne nous flattons pas de la fiûre complète, se bornera aux ourrages qui, ainsi que Pindique le plus sourent leur titre, ont été manifestement composés à Timitation des Caractères. Leurs auteurs n'ont été, en général, il faut en convenir, que de médiocres copistes, qui auraient pu fiûre leur profit de la 64* remarque du chapitre des Ouvrages de f esprit (tome I,

Au compte du Journai de Trévoux^ il arait été publié, de 1688 k lyot

(royez le n9 de mars-arril 1701, p. 76), plus de trente rolumes rappelant, sous des rariantes diverses, le titre des Caractères de la Bruyère : il y a là peut-être quelque exagération ; le journal n*a pu citer que huit titres, lesquels sont reproduits, au milieu d'autres, dans la liste suirante :

1 . — Caractères véritables ou Recherche de la vérité dans les mœurs des hommes, par Pierre le Gouz, conseiller au parlement de Dijon.

Manuscrit autographe in-4*, conserré à la Bibliothèque de Dijon (n* ao4). Cet ouvrage, qui est demeuré inédit, a été composé au plus tôt en 1688, après la révolution d'Angleterre. Le Gouz, né à Dijon en 1640, est mort en 170a. Sur ses Caractères, cités par M. Stiévenart dans sa traduction des Caractères de Théopkraste (184^, P. 207), voyez le Bulletin du Bibliophile, i863, p. 357-375, article de M. H. Beaune, et la Comédie de la Bruyère, par M. Foumier, a* partie, p. /^o\ et 40a.

2. — Caractères de C honnête homme et de V homme chrétien (par Vincent). Paris, Villette, 1690, in-ia.

Sr — Réflexions sur les défauts d* autrui (par l'abbé de l^ers). Paris, Barbin, 1690, a parties, in-ia.

]8o NOTICE BIBLIOOHAFHIQUI

Article du /ummmidês Smmmis^ s^» flP dtt sS «otflt, p. 407 om Sin,

selon rédUion.

SuiTant rautenr des Mmirttimu jar lu mmiêt dm fêêê (1709, OH»,

S. i3o), le meilleur des lifret qui MBiUent vnAg imité las Cmwê^m e la Bruyère eit celui des MéfitnomM smt bs défmmiê éTmtUrmL Gm Entretient et les âéfêaùoms^ oumget anouTBiet, aont dn mffMc «bèé de Villiert. Trèt^-indulgent pour lui-même, plus aérèie pour ki autres imîtateun det Cermctèrt*^ il a parfois oes jugemeal» nguuiet sur son modèle, témoin ce passa^, que nous citons, purée que pliH sieurs des critiques modernes se sont rencontjéa tnr ut même point avec de Villiers :

« Du style naturel de Virgile, on passa au style guindé de Lneain: à rharmonie de Cicéron succéda la sécheresse d(es pointes de Sénèqoe, et de là peu à peu on tomba dans la barbarie. Il me ■*>— Kl^ qnnjourd'hui les choses prennent asses le même train. Le plupart et ceux qui se piquent de bien écrire affectent déjà un style aec, chargé d^épithètes et aVxpressions alambîquées : le succès du livre des €•rnctères a commencé, ou plutôt achevé de gâter à cet égard les petiti esprits. 9 [Entrttimi^ p. aa6-9a7.)

Nous rappellerons que Tabbé de Villiers est, suiTant tontes letckfr imprimées, Vauteur « né copiste » auquel la Bruyère adreeaeit de n sages conseils peu de mois après la publication de set itéflrrîwm : Tovez tome I, p. 149, n* 64, et p. 43 19 xxTn.

Une troisième édition des Aé/lesUms a paru en 1693 (Toycs le Journal des Snvmmtt^ 1^3, n* du 7 décembre, p. 479 ou 387); en 1697, Tauteur, que n'arait pas corrigé la Bruyère, publiait £ Nouvelles réflexions (Toyex ci-apra, p. 181, n9 19), et en lyiS, àm Férités satiriques en cinquante dialogues, in-ia.

4. — JNouQeUes réflexions ou sentences et maximes morales et poGliques, dédiées à Bime de Bfaintenon (par Fabbé du Vemage). Buk, Michallet; Lyon, Amaulry, 1690, in-ia.

Article du Journal des Sapants^ 1690, n9 du 5 juin, p. 890 oa a6o.

Seconde édition, on le nombre des réflexions est augmenté et Isar ordre modifié, 1691. Article du Journal des Savants^ '^<t »* ^ 7 mai, p. a84 ou 191.

tf. -* V Éducation^ maximes et réflexions de M. de Mcmcade (Bonaventure d'Argonne), avec un Discours du sel dans les oim*ges de l'esprit. Rouen, Vve A. Maurry, 1691, in-ia.

L*auteur, le chartreux Bonarenture d^Argonne, est le même qui plus tard, sous le pseudonyme de Vigneul-Marrille, derait publier un âpre factum contre la Bruyère (Toyez ci-après, p. 195, n* 3).

Ce livre sur VÉducation^ dont quelques passages paraissent Amgim contre la Bruyère et les Caractères ^^ était composé en 1690, car le privilège est du 5 juin 1690; il fut enregistré le 3 juillet de la même année *, mais l achevé d*imprimer nVst que du i** juillet 1691.

C. — Les Caractères naturels des hommes^ en cent dialogues par

Tabbo Dordelon. Paris, Arn. Senense, 169!», in-12.

I. Entre autres, celui-ci mui doute : « Trop de sel dam les ouvrages d'enrit en

rend le goût amer, a

DES OEUVRES DE LÀ BRUTÂRE. i8i

Cet Caractères^ dit le Jaurmal du Savants (1699, n^ du s5 fëTrier,

&89 oa 68), a ont de la reMembbuice pour leur titre, arec ceux de . de la Bruyère.... et de grandes dififërenccf pour le reste. »

L^abbë Bordelon, très-fécond écrirain, a publié, outre les ourrages qui par leur titre rappellent de plus ou moins loin celui de la Bruyère, divers autres opuscules où il s* est inspiré du souvenir des Caractères : tels la Belle éducation^ l^* édition, 1694, i* édition, 1698; la Langue^ 170$.

Bordelon a plusieurs fois parlé de la Bruyère et des Caractères aTec les plus grands éloges : Tojez, dans les Diversités curieuses pour servir à la récréation de Vesprit (1699, tome lY. p. ii3, 117 et suirantes), le Dialogue dans les Champs-Elysées entre Tnéophraste et Descartes, Dans les Diversités curieuses (tome ï, 4* partie, p. 179), se trouve, du même auteur, une pièce de rers intitulée : le Caractère de ce siècle,

7. — Réflexions sur les défauts ordinaires des hommes et sur leurs bonnes qualités, par l'abbë Goussault. Paris, Vve Guerout, 1692, inr-ia.

Réimprimé, en 17149 *ous ce titre : a Réflexions sur les différents caractères des hommes, par M. E. F., éréque de N. 9 (Maestricht, J. Delessart, in-ia), et attribué inexactement à Fléchier, cet ourrage a pris abusivement place dans les éditions de ses Œuvres, Voyez dans J.-M. Quérard, les Siq>ercheries littéraires dévoUées^ s* édition, tome I, col. iiii-iai4, un article de A. A. Barbier.

8. — The English Theophnisttis ^ or the Manners of the âge, being the modem Charactera of the Court, the Town and the City, by Boyer. London, 169a et 170a, in-^*.

9. — Caractères^ pensées, maximes et sentiments, dédiés à Mgr le duc de la Rochefoucauld. Paris, de Bure, 1693, in-ia.

Épître signée D*** (du Fuy).

Il a paru en 1694 une contrefaçon à Tétranger.

10. — Caractères^ sentiments et entretiens sur deux personnes, dont l'une parle mal et écrit bien et l'autre parle bien et écrit mal, par Dupuy, ëcuyer. Paris, Cl. Barbin, 1698, in-ia.

Ces Caractères, dit le Journal des Savants (1698, n^ du f4 décembre, p. 491 ou 096), a sont des traits vifs et piquants qui épargnent les noms et ne touchent que les vices. »

11. — Le Caractère des vrais chrétiens (par Nicolas de Melicque). Paris, 1693, in-ia.

La 4* édition a été revue et augmentée diaprés les mémoires de Fauteur (par Ph.B. Moreau de Montour), 171 4) in-is-

12. — Le Portrait éCun honnête homme, par l'abbé Goossault. licencié de la maison de Sorbonne, ci-devant conseiller au Parlement. Paris, Brunet, 1 693 , in- 1 a * .

I. Câtoat eaeore, sons rannAe 1693, les Œmvres posthumes de Saint-Béal, par le marquit de b Bestie (Paris, lA-ia), enaonvanîr du paaMge soivaat d'une lettre de Boor-

i82k NOTICE BIBLIOOHAPHIQUB

3* édition, L/on, Baritel, 1700, in-ii,

13. — i> Portrait étwm hommâe femme^ par Vêtbé Qontianlr. Firis, 1694, in-ia.

14» — Les différents caractères des femmes dm siêete^ avec la description de i'amoor-propre (par Mme de Pringy). Paria, Coignardy 1^94, ÎA-ia.

Réimprimé k Paris, 1699, Bnmet, in-is.

liSw — Les Caractères des prédicateurs^ des prétendant! aux iiîgnîtA ecclésiastiques, de FAme délicate, de l'amour profane, de Tamoiir saint, avec quelques autres poésies chrétiennes, par GUode Bojer,

1696, in-8*.

16. — Les Caractères if un véritable et parfait amy^ par M. P*** (Portes). Paris, 1695, in-ia.

17. — Pftrtraits sérieux^ galants et critiques ^ par le sieur B*** (Brilion). Paris, M. Brunet, 1696, io-ia.

Premier ouTnge de P. J. Brilion, alon aTooat, dont mous aToni déjà parié tome I, p. 99 et 100, p. 43s-434 ; Toyes en outre cî-nprès, n* ao, et p. 184, 189, 19S-198. Le Jourmml éês Swmus a rendu conple de ce iiTre en 1696, p. 191 ou 157.

18. — Réflexions y pensées et bons mots^ qui n'ont point encore élé donnés, par le sietir Pépinocourt (le médecin Jean Bemier). PariS| G. de Luynes, 1696, in-ia.

Lie privilège de cet ourrage, où Ton retroure çà et U le •oa^eair des Caractères^ est du 17 norembre 169$ \ Tacheré d*iniprimer, dn 5 juin 1696. «- Article dam le Jounud des Swmmts^ 1696, p. 976 ou 127.

19. — Nouvelles réflexions sur les défauts d'autrui et sur les fruits c|ue chacun peut en retirer pour sa conduite (par l'abbé de Vil- Lers). Paris, CoUombat, 1697, a vol. in-ia.

20. — Ouvrage nouveau dans le goût des Caractères de Théophrute et des Pensées de Pascal (par P. J. Brilion). Paris, de Lurynes^

1697, in-ia.

Réimprimé en 1698, chez Denain.

Le Dictionnaire Je Marin et lef Dialogttes des vipamts Qmt Tabbë Bordelon, p. i54, paginée i54 par erreur) attribuent à srîllon oe pastiche anonyme, dont il est d^ailleurs Fauteur reconnu.

Dans s<. i Sentimemts eriiiques sur Us Caractères de H, de la BntyèM^ p. i5, Brilion fiût Téloge de ton propre livre :

delot i Nicaise (a3 août iGgl, Bibliothèque nationale, tome II de la Correspondmmee de yicaise) : « Il p irott depuis peu un in-ia d*OEuvres posthumes qu*on attribut à M. l'abbé de Saint- Real. On voit dans le commeneement quelques portraits qui pourroient augmenter le livre de M. de la Bruyère. »

DES CEUYRBS DE LA BEUTÈRE. i83

« On y a trourë, dit-il, du feu, de U TiTacité, quelques bout caractères. En Hollande, où Ton cherche à contrefaire et à imprimer, sans se piquer d'un discernement délicat, on le fait servir ae troisième tome aux Caractères de M. de la Bruyère. Ce n'est pas là vu petit sujet de gloire pour un auteur : il a reçu encore depuis peu un changement illustre. On lui a donné le nom de Nouveau Thiophraste (Toyez ci-après, n* 14)1 ^^ qu'il pût balancer la réputation du T%èo~ phraste moderne,,.. Bien que je me propose de critiquer le Théophrmtte moderne^ il faut convenir, avec tout le monde, que le Nouveau Tké0^ phraste ne lui est pas comparable. »

Ce médiocre pastiche a été composé entre la 8* et la 9* éditions de la Bruyère, c'est-à-dire en 1696 ou dans les premiers mois de 1696 : Toyez la huitième et la dernière réflexions au chapitre Jet Auteurs, Dès 1697, les imprimeurs de Hollande, comme le fait remarquer l'auteur, le joignirent aux Caractères de la Biiiyère. Quantité d*éditions l'ont reproduit, jusqu'à ce que Coste en ait, par son bon exemple, allégé les réimpressions des Caractères,

La veuve Michallet se plaignit des libraires de Hollande dans une lettre que publia Basnage en septembre 1700 (Histoire des ouvrages des savants^ i7<><>i P* 4 3^) ' <k J^ii à Paris imprimé, écrit-elle, la Suite des Caractères de Théopkraste et des Mœurs de ce siècle (voyez ci-après, n<* a5) ; mais j'ai été surprise de voir qu'on a réimprimé chez vous un ouvrage fort différent de celui-ci sous le même titre ' . L'auteur devoit se contenter de celui qu'il avoit pris d'abord, qui étoit assez beau, sans me dérober le mien. En effet, cet Ouvrage dans le goût de Pascal et de la Bruyère avoit déjà paru ici, et il n*étoit pomt à propos de lui donner un autre nom en Hollande. »

Pour que l'on puisse reconnaître V Ouvrage nouveau sous les titres et les transformations diverses que lui ont imposés les libraires de Hollande, nous reproduisons les titres des premiers chapitres : a L'Homme, la Religion, le Monde, la Solitude, la Cour et les Grands, Réflexions sur quelques endroits choisis de Tacite, le Mérite, la Réputation, la Mode, les Femmes, etc. » L'ouvrage se termine par deux chapitres intitulés : a le Pour et le Contre de la Comédie » et a Pensées détachées. D

Il a paru à Moscou, en 1784 (NovikofT, in-8«^, une traduction russe, faite en 178a, de VOuvrage nouveau de Brillon, sous le titre suivant :

nociiAOBOHie xapaRiepoFB Oeo^pacroBuxi h Mbicjei nacKajeuixi

(a Imitation des Caractères de Théophraste et des Pensées de Pascal d).

Si. — Caractères ûrés de récriture sainte et appliqués aux mœurs de ce siècle. Paris, 1698.

22. — Réflexions sur le ridicule et sur les moyens de l'éviter, où sont représentes les différents caractères et les mœurs de ce siècle (pur Tsu^bé de Bellegarde). Paris, 1698.

La 5* édition, augmentée, paraissait en 1701.

I . Le Uvre de Brillon avait para à Amstardam en 1697, sons ee titre : Suite des Caractères de Théophraste et des Pensées de Pascal, On avait rendu compte de eette réimpression dans le Nouveau Journal des Savants dressé à Berlin^ par Jf « C*' ' n« de janvier 1698, p. 53-63.

i84 NOnCI BIBUOOmAPBftmt'

La 6* édidoB (FuM, politeite (les

(. ^ LttPré€epie$ihPkogrUée^tndnitàéugnù^9iWÊiti qoM et des peiute etpemtinret critiqiiei à fimitetinn dtt __ Upar Duché). Paris, Fionutm a P. Ddanlne, 1698, in-i».

de ce siècle, dans le godi des Pensées de PascaL niiit Michal nel, 1700, in-ia.

OaTn^ déjà meatioiiiié, avee on dtie différenl, sovs le a^ ao.

fltt. — Suite des CameÊèrei de Hkéopknute et desMeÊmnéeemstMê. Paris, chez la yemre d'Esl. Michallet, 1700, in-ia, 69 pagnt.

PriTÎlégedu 9 juin 1609. Aeheréd'imprimcrda so nofveathve 1699.

Le principal intérêt on Tolnme est dans le portrait de In Ibnjête, nraTé d*après SaintJean par Drevvt, qni j ettt Joint (▼ojin eîdetsut, p. 176 et 177).

SuiTant F imprimeur, le manuserit hd aurait été appotttf par nn inconnu, arec une lettre dont ton aria au lecteur contient le texte : « Je TOUS mets entre les ouûna des écrits qui amicnt été injvalHncat retenus par une personne plus aride de gloire mie pen serapn^enss sur les moyens d*en aeqnérir.... a Éclairé par les ronefila de sss amis, touché de remords, le détenteur anonyme s*était déteeadné à une restitution au profit du libraire et du puMic.

« .... Ajant fiiit Toir ce recneil à des personnes qui sont en droit de Juger des ourrages d'esprit, ajoute rimprimeur, ils ■s*oat nsMvi qu'ib y reconnoissoîent le style de ce fiuneux original que tnas de gens ont tâché de copier, et que personne n*a pu parfai^wissil ias»ter. » Après aroir mu en ordre les réflexions et les avoir ranféns par chapitres, Timprimeur les publie « sans.... y rien changer, qaoiq«*3 s*y rencontre c|uelqnes négligences qui font roir qu*on n* j a pna hÏs la dernière nuin. a •

Personne ne prit au sérieux Tattribution que la librairie Miehnllat faisait ainsi à la Bruyère de ces noureaux Ctirmct^r^s .* il X ■vnit là une pensée de spéculation qui était peu respectueuse pour sa et Ton pouTait y Tcir une marque d'ingratitude. Dans son des ouvrages des smemitts^ dès le mob de décembre 1699, Bi gnalait la publication du Tolume et mettait les lecteurs a Les Caraetères des Ueasn de ce dàeie^ par M. de la Bm1rèn^ éi vait-il (p. 546), en ont produit un grand nombre d*autres a aon "' tation ; on a TU paroitre ie Théopknute nouveau^ U Tkéopkrmsie tmoi et une Suite de Tkéophraste qu*on prétend être de M. de la Bsujfêse lui-même. On croit le reconnoftre k certains traits qui, tout fiûts qu'ils sont, paroissent de main de maître. U est marcher sur les pas de M. de la Bruyère, qui n*aToit ^pie son nation pour guide. Ses saillies Tont quelquefois jusqu'à la sion.... » En mars 1700 (p. is6), Basnage enregistrait une

I . Citons encore da même auteur, comme ooTrage de morale traitant des matières que les Caractères : lea Lettres curieuses de littérature et de murale^ 1701, plusieurs fois réimprimées. — Lea Réflexions sur ce qui peut plaire ou dèpisûre ému le commerce du monde, réimprimées plusieurs fois, sont antérieures à la pabUcatUia des Caractères, Le privilège a été accordé en juillet 1687 et enregistré en

DES OEUVRES DE LA BRUTAEE. i8S

tion de Tabbë de U Bmyère contre U mauTaiie foi de réditenr ou

Slutôt de Tauteur : « L*abbé de U Bruyère, frère de M. de U Bmyère, ésavoue U SuUe des Caractères de Théaphratie comme n'étant paf de son frère. Il est fort en colère contre rauteur de cet Caractères, »

Le Journal des Savants^ dam fon n* du 17 mai 1700, p. 118, tenoit pour certaine la supercherie du libraire, tout en jugeant iaTorablement ces Caractères noureaux :

t Le libraire, qui aroit intérêt à ce que le public reçût cette Smta des Caractères de Théophraste comme une rentable production de feu M. de la Bruyère, a mis son portrait à la tète et n*a osé y mettre son nom. L*auteur ne Ta composé que pour son dirertissement, et n*a jamais eu la pensée de lui emprunter un nom étranger pour le rendre recommandable. Les sujets qu*il a choisis sont beaux, et la manière dont il les a traités a de Télegance et de Tagrément. »

Dans les Nouvelles de la République des Lettres (arril 1700, p. Al^i on disait le nom de Fauteur : « J'ai appris que c'est un aTocat qui demeure à Rouen, nommé M. Aleaume {sic). Il a de l'esprit et de la politesse. On trouve dans cet ouvrage des pensées assez bien tournées: mais il y en a d'autres qui n'ont pas le même caractère. On prétend aussi ({U il y a quelques Tautes de langage. On m'a assuré que M. de la Bruyère, frère de celui dont je riens de rous parler, désarouera publiauement cet ourrage. 9

Ennn, d'après l'auteur de la Bibliothèque pdanié^ l'abbé de la Bruyère aurait publié sa protestation :

a Les Caractères que feu M. de la Bruyère nous a donnés snr les mœurs du siècle ont eu une approbation si générale qu'un anonyme a roulû en donner une Suite pour faire accroire qu'elle étoit du même auteur.... On a mis au derant du lirre le portrait de feu M. de la Bruyère. Néanmoins les connoisseurs ont bien ru que ce n'étoit pas là son style ni sa manière de penser. C'est pourquoi l'abbé de la Bruyère, frère de cet illustre défunt, désaroue cet ourrage dans une lettre qu'il a publiée pour cela et dans laquelle il déclame fort contre l'auteur ae cette Suite^ qu'on dit être un arocat de Rouen. » iBibliothèaue volante ou Élite de pièces fugitives^ par le S' J. G. J. D.-M. le sieur J. G. Jolli, docteur-médecin], seconde partie, Amsterdam, Bf Dcc, Extrait de direrses lettres, p. aao.)

Où la lettre de l'abbé de la Bruyère a-t-elle paru? A-t-elle été publiée en effet? Nous ne saurions le dire. U est possible que l'on reuille parler du désareu que Basnagearait fait connaître au public, sans imprimer le texte même de la lettre qu'il arait reçue sans doute ae l'abbé. Brillon^ tour à tour le rirai, le critique et Tapologiste de la Bruyère, ne pouvait manquer de parler de la Suite des Caractères :

a Ce seroit à rous, lisons-nous dans la lettre xxxr des Sentiments critiques sur Us Caractères de Théophraste de M, de la Brujrère. ce seroi à vous, Monsieur, à me parler de la Suite des Caractères de Tnéophraste nouvellement imprimée. On prétend que ce sont des Caractères posthumes de M. de la Bruyère; je vous dirai en peu de mots ce que j'en pense. Le livre n'a rien de nouveau que le portrait de cet auteur ; les chapitres sont des matières rebattues et usées ; les caractères sont froids communs, languissants et ne partent point de main ^ de maître. Je les attribue à une personne que je ne rous nomme point, autant pour ménager sa réputation, car il a fait de meilleurs ourrages, que pour ne pas m'exposer à me tromper dans mon jugement ^ »

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