‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 91 sur 875 · Caractères satiriques de la cour de Louis XIF · texte numérisé non relu

Caractères satiriques de la cour de Louis XIF

Le catalogue de la bibliothèque de la Vallière, tome III, p. 269, § a36, mentionne sous ce titre un manuscrit sur papier du dixhuitième siècle (3o9 feuillets, in-40), et Tattribue à la Bruyère. Cette attribution est mensongère. Les Caractères satyriques contenus dans ce manuscrit sont sans doute Tun des ouvrages qui ont été imprimés dans les premières années du dix-huitième siècle, sous les titres de Portraits^ de Caractères ou de Nouveaux Portraits et Caractères de la Famille royale^ etc.

51 . — La Dieudiade^ ou Caractères saty riques de la cour de Louis XIY, attribués à la Bruyère, ou Portraits de Jupiter, Junon, Ganymède, Diane, Adonis, Vénus, Apollon et Narcisse, qui sont gravés en caricature.

Manuscrit appartenant à la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg.

Nous ne connaissons ni la date ni i^auteur de cette composition en vers, que nous plaçons, en raison de Tanalogie, à côté de Touvrage précédent. L^attribution qui en est faite à la Bruyère par une note manuscrite du catalogue Dubrowski est insoutenable. Cette pièce, dit M. J. £. Gardet (les Supercheries d'un collectionneur^ dans le Bulletin du Bibliophile^ année 1861, p. 107-108), est une a rapsodie absurde, sans invention ni sel, d'une platitude que désavouerait le dernier des écrivains.... Ces notices ne contiennent pas la moindre intention satyrique, non plus que les dessins grotesques qui les accompa-

S lient. D — Voyez de plus TlntroducUon de Tédition de la Bruyère e M. Asselineau, tome I, p. xxxvii.

5fl. — Les différents Caractères des femmes du siècle^ imitÀ du grec de Simonide. Paris, 1705, in-ia.

19» flOnCI BIBLIOftAAMIQVB^

ÉLOGES OU CaiTIQUIS DIS CJRJCTÈAES,

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1. — Diseomn de réoepCioo praioiio< le i6 juiDal i6]|6 à FAeidé-

mie françaiie pur VêlSbé tmuj {nommé à la plaee de la Bniyifc).

Imprima cUnt Uê divers RecutUséesikHrmmgmt ém mÊmiâmimmm (édition de 1714, tome IV, p. 69 et saiTentet).

L*abbé aegaûr^ dans sa rtfpooM à Tabbé Flev/ (iMfas, p. 7f « foirmiitef), fit auisi, leloii TnMigev T^lo^ de la Bravera.

Des extiaitt de cet deux dÎMoan ont été icproduitadaBaplaMn éditions des CWwcfirw.

fl. — Article da Meremre gaUmi mr la rëoratkm de la Brayitc i l'Académie française, n^ de juin 1693» p. %Sg^%^.

On tait aTcc quelle viTacité la Brajèie a réponds, daaa la pi' face de son Dîmmw, à rartiele da JWwm. qoi était «a proeètai rigle contre lee Cmrmeiitêâ et leor anteor. If ont eroyone «Uvoir ci reproduire le teite la esimêù , du moins pour ce qn ait nlntif à b Bruyère*

« Le lundi i5 de ce mois» M. Fabbé Bignon et M. d« la Br^fht lurent reçus à F Académie françoise. M. Tabbé BifnoB paA la pi^

mier, et fit un discours où Ton n*admira pas moins roidva et h liaison ingénieuse de chaque matière (|ue la beauté de PeimaaMieBSI le tour agréable des pensées... • Ce discours, prononcé mwt Moil»ment, charma toute rassemblée, et, ce qui tous conwnena qae ki applaudîssemenu furent sincères, c*est que M. rarcbevêqM de PlM éunt arriré quand M. Tabbé Bignon étoit tout prêt de finir, en k

5ria de ne le pas primer de la mtisfiiction d*entendre ca qû wnoil 'sToir une approbation générale. Ce ^ grand prélat jnifil «s prières à rempressemcat one chacun fiûsoit parofire da joairMcore du même plaisir, et M. l*abbé Bignon ne hd pown ce qu^il demandoit si obligeamment, recommença aon L'applaudissement fut encore plus fort qu*il n*aToit été la fois , et Ton n*j trouTa pour tout dé&ut que celui d*éti« trop a M. de la Bruyère y parla ensuite, et quand j*ai à

compte du succès qu*eiit le compliment qull fit à rAeadémua. ^ surprise sera grande de me roir sortir de mon caractère; auitfah père que tous Toudres bien me faire la grâce de snnMndra ^elit jugement jusques à la fin de cet article. M. de la Bruywe a fidt W» traduction des CmncUm i/« Tkéopkrmiiê^ et il y a joint an de portraits satiriques, dont la plupart sont fiiuz, et les aalre ment outrés qu*il a été ailé de connottre qu*il a Tonhi fiiire son livre à force de dire du mai de son prochain. Cette Toie est, ea effet, plus sûre que celle de la modération et des louanges, pour le débit d*un ourrage. On court acheter en foule ces sortes de litres, non pas qu'on les trouve ni beaux ni solides, mais par le deeîr

pressé qu'on a de toit le mal que Ton dit d^une infinité de personnes distinguées. Je me trourai à la cour le premier jour que les Cametères parurent, et je remarquai de tous côtés des pelotons où Ton éclatoit de rire. Les uns disoient : a Ce portrait est outré ; 9 les autres : a En roilà un qui l*est encore darantage. » — a On dit telle a chose de Madame une telle, disoit un autre; et Monsieur un tel, tt quoique le plus honnête homme du monde, est très mal traité dans (( un autre endroit. » Enfin la conclusion étoit qu*il falloit acheter au plus tôt ce livre pour voir les portraits dont il est rempli, de crainte que le libraire n eût ordre d^en retrancher la meilleure partie. Voilà les effets que la satire produit. Les auteurs en sont souvent éblouit et attribuent à la beauté de leurs ouvrages ce qui n^est dû qu^au mal qu'ils disent de quantité de personnes. Un des illustres de ce temps, homme de naissance et d'érudition, et qui a Thonneur d'être auprès d'un prince du sang royal en qualité d'homme de lettres, ayant traité sérieusement un ouvrage intitulé Discours sur Us anciens, qu'il pouvoit égayer de quelques traits de satire, dit, page ii5 : a Je sais a tous les avantages que j'aurois trouvés à donner un tour plus gai a à ce discours. Je sais combien la raillerie a de charmes pour les « lecteurs les plus chagrins, combien il est agréable de rire et de « faire rire aux dépens d'autrui, combien de feu, de vie et d'agré- « ment un pareil tour répand dans tout un ouvrage. Je sais que le « ridicule est souvent plus capable de persuader et de tirer d'un pas 0 glissant que les raisonnements les plus forts, etc.... » Le même ait, page a3i : « En réjouissant le public, on est toujours sûr du succès a de sa cause. On chatouille le cœur, on attache, on plaît infailli- (( blement. La plaisanterie donne un air aux choses qui fait tout u passer, et souvent, en faveur d'un bon mot, un lecteur ne voit pas « ou ne veut pas voir le défaut d'exactitude, plus sensible à son plaia sir qu'à son utilité ; mais quand on parle d'un ton sérieux, les « choses changent bien de face. Point d'égard, point de grâce, point « d'indulgence ; il faut toujours frapper au but, toujours faire sentir tt la droite raison, et toujours faire briller la vérité. » Ces derniers mots font assez connoître que la vérité ne règne guère dans les satires, et l'on voit en général dans ces deux endroits les priviléses de ce genre d'écrire, et qu'il est aisé d'y réussir, parce que la médisance grossit toujours les objets; mais comme ce parti coûte fort cher à la eloire, à l'honnête homme et aux bonnes mœurs, il se trouve peu d'auteurs qui le veuillent embrasser. Je ne prétends attaquer ici personne en particulier : je parle de la satire en général. Ceux qui s'attachent à ce genre d'écrire devroient être persuadés qu'elle uiit souffrir la piété du Roi, et faire réflexion que Ton n'a jamais ouï ce monarque rien dire de désobhgeant à personne. La satire n'étoit pas du goût de feu Madame la Dauphine, et j'avois commencé une réponse aux Caractères des mceurs du vivant de cette princesse, qu'elle avoit fort approuvée, et qu'elle devoit prendre sous sa protection, parce qu'elle repoussoit la médisance. L ouvrage de M. de la Bruyère ne peut être appelé livre, que parce qu'il a une couverture et qu'il est relié comme les autres livres. Ce n'est qu'un amas de pièces détachées, qui ne peut faire connoitre si celui qui les a faites auroit assez de génie et de lumières pour bien conduire un ouvrage qui seroit suivi. Rien n'est plut aisé que de faire trois ou quatre pages d'un portrait, qui ne demande point d'ordre, et il n'y a point de génie ti borné qui ne toit capable de coudre ensemble quelques méditancet de ton prochain et d'y ajouter ce qui lui paroft capable de faire rire. Ainti il n'y a pat lieu de croire qu'un pareil recueil, qui

LABaurkiB. ni, i i3

choque let bonnet moDurt, ait fiiit obtenir à M. de la Brajèv» la place qu'il a dant T Académie. 11 a peint let autres dans ton aaua d^iaveotives ; et dam le ditcoun qu il a prononcé, il t*ett peint lui-nêne, et après aToir tâché de prouver que les placet de 1 Acadénaîe ne te don noient qu*au mérite, il a dit que la tienne ne lui UToit eoAié aucunes aotlicitationt, aucune démarche, quoiqu'il toit constant qu'il ne Ta obtenue que par let plut fortet bnguet qui aient jamais été faites. Quelle différence det deux ditcourt qui ont été prononeéi en m^me jour, et det manièret det deux nouveaux aeadémicientl AI. Tabbé fiignon témoigne beaucoup de reconnoittance pour h place qu'on lui donne ; M. de la Bruyère te croit ti dîne du cIkmx qu'on a fait de lui, par la haute réputation qu*il prâend que tel Caractères lui Ont acquise, qu*il n*a oaigné faire nul remerciement M. Tabbé Bignon, aussi modeste qu'il ett distingué par son savoir, ne veut point devoir ta place à ton mérite, nuis à la considératioa que r.Vcadémie a pour ta famille ; M. de la Bruyère, fier des te|it éditions que tet portraitt tatirîquet ont fait faire de ton merveilleu ouvrage , exagère ton mérite, et fait entendre que c^est à ce senl mente qu'il doit la place où il est reçu. Je n'entre point dans le détail du reste de ton ditcourt, puitque toute rsstrmhléc a jugé ^u*i7 étoit directement em-^ssous de rien. Il auroit tort de se plainm de la manière dont j'en parle. Je me sert det propret termes dont il t'est servi quand il lui a plu de se divertir à parler hors de propos du Mercure galant, et je veux bien mettre ici le même galimatiat pour ne dire ni plut ni moint. Il n'y a dant cet parolet que TintOH tion qui m'offente, car ellet ne me regardent pat, et Je jamais cherché à let relever ti j'étoit teul otfenté. Le n'est point composé de met ouvraget, et l'on ne me doit que comme une bouquetière qui lie let fleurt det autres,

ments, ou à la réception det académicient françoit. det — ^-w-tm» des plus beaux sermons ou des oraisont funèbret, aet relations dt guerre faites touvent par det généraux d^arméet même, des ouvrages d'éloquence et det dittertationt tur tout ce que le bâtard fiait naltie de plus curieux et de plus beau. On ne peut dire que tant dt beaux ouvrages soient directement au-dessous de rien^ à moins que dt vouloir faire entendre qu'il n'y a pat un teul homme en Franoe ci^ pable de bien écrire ; et comme le contraire paroit vitiblement, il snfit d'exposer le fait pour faire voir que M. de la Bruyère n*a pu mettre le Mercure au-dessous de rien, sans ▼ mettre en même tempa tout ce qu'il contient, c'est-à-dire une infinité de belles pièces, tant en vos qu'en prose. Il n'a pas cru ce qu'il a écrit ; et s'il n*avoit trooré dt la réputation à ce recueil de tant d'admirables ouvrages, il Taiiroît juge indigne de sa colère. C'est la manière de tous les noavcam auteurs. Ils s'imaginent qu'ils brilleront teult quand ils auront porté des coups quUls croient morteb à ce qu'ils trouvent étaUi. Il y a dix-sept ans que le Mfereure ett au goût du publie : il est un peu tard pour l'attaquer. Le public voit clair, vous le saves; U a dt bons yeux et en grand nombre, et s'il se laitte quelquefois sn^ prendre, ce n'est jamais pour longtemps. Je suis fâché du chagrin que cet article pourra donner à M. de la Bruyère. Cependant, je le rrprte, il aura tort s'il se plaint, puisque c'est lui qui est Tagretteur. Quand il calomnie toute la terre, il ne doit pas vouloir empêcher une légère ébauche de ce qu'on lui répondra, s'il réplique ou s'il

ajoute le moindre mot dans ton lirre à ce que ta vanité lui fuit dire de gaieté de cœur contre moi, qui ne me suit rendu digne par aucun endroit des plaisanteries qui l\>nt réjoui. Quand on insulte les autres, il faut être préparé à tout et ne pas donner la comédie au public en se fâchant comme les enfants, qui ont souvent peur quoi* qu'on ne fasse que les regarder. S*il se plaint, j^ai la justice pour moi. Il m*a attaqué sans nulle raison, je suis offensé, et je défends une infinité de personnes cruellement outragées dans les Caractères des mœurs. Un ancien, recommandable dans TËglise, ordonne d^attaquer ces sortes d^ouvrages, de crainte que les auteurs ne s'enorgueillissent dans la pensée que le mérite de leurs écrits les fait acheter, quoique le débit n^en soit dû qu*à la médisance, qui excite une curiosité à laquelle la foiblesse humaine ne peut résister.... »

3, — Mélanges d'histoire et de littérature recueillis par M. de Vigneul-Marville (Noël, dit Bonaventure, d'Argonne). Rouen, 1692- 1701, 3 vol. in-ia.

Le 3* volume, qui parut en 1701 et fut également le 3« volume de la a nouvelle édition » de 171 3*, comprenait un article de 36 pages sur la Bruyère (p. 339-369),

Ce factum a été reproduit dans V Enejrclopédiana (184a, In-S**, p. 87-94), où il est précédé de la note qui suit : « Du temps que la criti(jue s'acharnait aux écrits de M. de Chateaubriand, il prenait plaisir à relire le morceau suivant, écrit au xvii* siècle contre la Brujère, et fort supérieur à tout ce qui s'est écrit contre l'auteur des Martyrs, »

De l'avis du Journal des Sapants^ a il paraît peu de goût et beaucoup de mauvaise humeur » dans les déclamations que Bonaventure d'Argonne dirige contre la Bruyère. Sa critique est pleine d'amertume et d'injustice, comme nous l'avons déjà dit ; mais la pièce n'est pas sans intérêt, et nous en reproduisons dans la Notice biographique un passage curieux.

4. -^ Sentiments critiques sur les Caractères de M. de la Bruyère (par P. J. Brillon). Paris, Michel Brunet, 1701, in- 12 de 600 pages numérotéesy suivies d'une table, d'une approbation datée du II mars 1700 et signée « Fontenelle », et du privilège, daté du i3 mars 1700*.

Le nom de l'auteur n'a pas été d(*couvcrt par les bibliographcâ contemporains, quelque bonne volonté qu'il ait apporté, par la suite, à se laisser découvrir, a Je ne connois point l'auteur des Sentiments critiques sur les Caractères de M, de la Bruyère^ » écrit un correspondant d'Henri Basnage' vers la fin de l'année 1700, au moment où le livre, daté de 1701, vient de paraître. Les Mémoires de Trévoux les attribuent à l'abbé de Villiers^; mais leur conjecture, inexacte d'ailleurs, n'a pas d'écho. En 171 a, le Dictionnaire de Moréri trahit un secret que sans nul doute l'auteur trouvait trop bien gardé : il recommandait lui-même, en 1717, à ses lecteurs la notice biographique qui contenait la liste de ses œuvres et qu'avait publiée le conti-

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