‹ Œuvres de La BruyèreChapitre 25 sur 797 · Mones ET TEmrs · texte numérisé non relu

Mones ET TEmrs

A. Modes et Temps personnels.

1° Emplois divers de l'indicatif :

Dans la plupart des exemples qui suivent, l’usage actuel voudrait ou du moins admettrait le subjonctif.

IL semble que la logique est l’art de convaincre de quelque vérité. , 143.

Ç Il be que le mariage met tout le monde dans son ordre. (I, 150.)

Il semble qu’une passion vive et tendre est morne et silencieuse. (Ï, 191 ; voyez I, 34, L. 2; I, 6x, L. 4; et ci-après, p. xLvr, 7° exemple.)

Je comprends... fort aisément qu'il est naturel à de tels esprits de tomber dans l’incrédulité. (II, 238.)

Il fait en sorte que l’on croit, sans qu'il le dise, qu'il porte une haire et qu'il se donne la discipline. (IT, 155.)

Il a une démarche molle et le plus joli maintien qu’il es! capable de se procurer. (Il, 140.)

Cette pratique... bannit l’éloquence du seul endroit où elle est en sa place. (II, 185.)

Il faut avoir de l'esprit pour être homme de cabale : l’on peut cependant en avoir à un certain point, que l’on est au-dessus de l'intrigue. (I, 334.)

Feignant que la précipitation et le tumulte lui ont fait oublier ses armes, il court les querir dans sa tente. (I, 82.)

Ce n’est pas qu'il faut quelquefois pardonner à celui qui, avec un grand cortége…, s’en croit plus de naissance et plus d'esprit. ({, 160.)

Le sens est : « Ge n'est pas qu'il ne faille » ; la Bruyère emploie ce n'est pas que au sons de loulefois.

2° Indicatif au sens du conditionnel :

Dans la plupart des phrases qui suivent, c’est le conditionnel passé quiest remplacé par l'imparfait de l'indicatif. Dans PÉbcee la concordance des temps n’est correcte qu'à la condition de substituer par la pensée un mode à l’autre, le conditionnel à l'indicatif.

« Maint » est un mot qu'on ne devoit jamais abandonner, et par la facilité qu'il y avoit à le couler dans le style, et par, etc. (IT, 206.)

« Valeur » devoit aussi nous conserver « valeureux. » (II, 208.)

On en est là, quand la fièvre nous saisit et nous éteint: si l’on eût guéri, ce n’éoit que pour desirer plus longtemps. (II, 19.)

Qu'a-t-il dû faire ? Si j'en juge... par le parti que vous auriez pris vous-même en pareille situation, c’est ce qu'il a fait. (1, 307.)

Il est... à desirer..… qu’on cherchât une fin aux écritures. (II, 185.)

S'ils (Voiture et Sarrazin) s’éloient moins pressés de venir, ils arrivoient trop tard. (II, 146.)

Si, content du sien, on eût pu s'abstenir du bien de ses voisins, on avoit pour toujours la paix et la liberté. (I, 368.)

Il yen a de tels que s'ils eussent obtenu six mois de délai de leurs créanciers, ils éloient nobles. (II, 163.) À

Si l’on eût guéri, ce n’éloit que pour desirer plus longtemps (IT, 19.)

A ces exemples nous pouvons joindre le suivant, où voilà équivaut à un présent de l'indicatif, substitut du conditionnel :

L'un d'eux... se lève matin, chausse des guëêtres,.… prend un fusil : le voilà chasseur, s’il tiroit bien. (1, 282.)

3° Emplois divers du subjonctif, dépendant soit de promoms relaüifs, soit de verbes suivis de que, soit de locutions conjonctives :

Les hommes sont-ils... assez équitables pour... ne nous pas faire desirer.….. que Dieu existât, à qui nous pussions appeler de leurs jugements:

Si Marly, où la curiosité de l'entendre (son discours à l’Académie) s’étoit répandue, n’a point retenti d’applaudissements que la cour ait donnés à la critique qu’on en avoit faite... (II, 453.)

Ce ne sont point... des maximes que j'aie voulu écrire. (I, 111.)

Il semble que s’il y a un soupçon injuste, bizarre et sans fondement, qu’on ait une fois appelé jalousie, cette autre jalousie qui est un sentiment juste... mériteroit un autre nom. (1, 203.)

S'il se laisse prévenir contre une personne d’une condition privée, de qui il croie avoir reçu quelque injure : « Gcla, dit-il, ne se peut souffrir. » (1, 84.)

S'il doit son être... à une nature universelle qui a toujours été et qui sera toujours, laquelle il reconnoisse comme sa cause... (II, 253.)

Il semble... que le premier soitjeune, entreprenant..… (I, 161.)

Voyez ci-dessus, p. xLY, 19.

Le soldat ne sent pas qu’il soit connu; il meurt obscur. (I, 353.)

Les esprits bornés.... ne peuvent comprendre cette universalité de ta= lents que l’on remarque quelquefois dans un même sujet... : ils ôtent de l’histoire de Socrate qu'il ait dansé. (I, 164.)

Il ya plus de rétribution.... pour un mariage que pour un baptême... : l’on diroit que ce soit un taux sur les sacrements. (II, 173.)

Vous diriez qu’il ait l’orcille du prince ou le secret du ministre. (I, 370.)

Qui oseroit soupçonner d’Artemon qu'il ait pensé à se mettre dans une si belle place? (1, 313.)

A les voir si plaisants et si agréables, on ne croiroit point qu'ils fussent d’ailleurs si réguliers et si sévères. (II, 90.)

L’on me dit tant de mal de cet homme, et j'y en vois si pou, que je commence à soupçonner qu'il n'ait un mérite importun qui éteigne celui des autres. (I, 315.)

Elle trouva qu'il n’avoit pas assez d'esprit, et desira qu’il en eût eu davantage. (I, 197.)

Il y a quelquefois dans le cours de la vie de si chers plaisirs et de si tendres engagements que l’on nous défend, qu'il est naturel de desirer du moins qu’ils fussent permis. (1, 214.)

Il est... à desirer qu’elle (l’expédition) fût moins oubliée.., qu’elle réglât.…. les bureaux..., et qu'on cherchät une fin aux écritures. (IL, 185.)

Dans ces deux derniers exemples, qui pèchent par apparence de désaccord entreles temps, le subjonctif dépend d'indicatifs ayant valeur de conditionnels.

Tout persuadé que je sois que ceux que l’on choisit pour de différents emplois... font bien, je me hasarde dedire, etc. (I, 151, variante.)

« Tout FAenÈdE que je suis, » dans les éditions 8 etg. — Voyez, dans le Lexique, p.364, à l'article Tour, locutions diverses.

« Chaloureux.... » se passe, bien que ce fût une richesse pour la langue, et qu'il se dise fort juste où « chaud » ne s'emploie qu'improprement. (IT, 208.)

Dans les trois phrases suivantes, le subjonctif, qui du reste s'emploieroit de même aujourd'hui, équivaut, pour le sens, au conditionnel :

Y a-t-il une passion, quelque violente... qu’elle soit, qui ne pât tenir ce même langage ? (I, 260.)

Il n’y a personne au monde qui ne dûl avoir une forte teinture de philosophie. (11, 63.)

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