‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 2)Chapitre 171 sur 256 · t cependant · texte numérisé non relu

t cependant

j'ai sollicité de toute ma force. Je finis par~où j'ai commencé : croyez fermement que vous m'avez fait un grand plaisir, et que je le sens bien. Aussi, Dieu vous le rende. Bonsoir.

J'ai bien cru, Madame, que vous auriez la bonté de me plaindre dans* la perte que j'ai faite, et que vous auriez quelque compassion de la destinée d'une personne qui vous a toujours tant honorée, et à qui vous avez toujours tant témoigné d'amitié. J'ai dit à ma mère* et à ma femme l'honneur que vous leur faites : elles vous en rendent mille grâces très-humbles. Pour moi, Madame, je crois que vous me faites bien la justice de croire que je reçois comme je dois toutes vos bontés, et que je suis, plus que personne du monde,

Votre très-lîumble et très-obéissant serviteur,

La Rochefoucauld.

A Vertœil, le 26 d'octobre 1669.

Suscriptîon : A Madame Madame la marquise de Sablé.

Lettre 98. — D'après l'original autographe, qui nous a ëté communiqué par feu M, le duc de la Rochefoucauld-Liancourt. Deux feuillets in-4''. Cette lettre a ëté publiée dans les éditions de 1818, p. a35, de 1826, p. 47^, de 1869, p. 848, et par V. Cousin, dans Madame de Sablé ^ p. 5 20. — Gourville dit dans ses Mémoires (p. 408) qu'en octobre 1669, se rendant à Madrid, il passa par Verteuil, où il porta « la nouvelle de la mort de Mme la princesse de Marcillac. » Il ajoute : « Je trouvai que M. de la Rochefoucauld ne marchoit plus : les eaux de Barèges l'avoient mis en cet état. »

1. Dans les imprimés, on a substitué de à dans\ et, trois lignes plus bas, placé tant après témoigné.

2. L'm de mère corrige f\^ame\. Trois lignes plus bas, il y a deux vous après que^ le second biffé.

Si vous pouviez me devoir des excuses, ce seroit de celles que vous venez de me faire et de la méchante opinion qu'il me semble que vous avez de moi. J'irai bientôt vous en faire mes plaintes, et vous demander la continuation de mes anciens* droits, qui sont d'être chassé de chez vous sans façon. Sans cela, je ne serois jamais* en repos, et je sais trop bien qu'on incommode souvent, quand on est persuadé de n'incommoder jamais*.'* Il me parut que vous fûtes bien contente de Mme de Montespan'; j'en ferai ma cour* auprès d'elle. Je l'ai déjà faite auprès de M. le Grand Prieur*, sur tout ce qu'il a fait pour M. le bailli de Valançay®. J'aurai

Letthe gg. — Portefeuilles de Vallant^ tome II, fol. aSa et rerso, autographe ; cachets conservés ; au dos : « Rochefoucauld. » Publiée dans les éditions de 1818, p. a34, de i8a5, p. 473, de i86g, p. 345, et dans Madame de Sablé, p. 5ig. — On voit, par le contenu, que cette lettre n'a pu être écrite ni avant 1667, année où le commandeur de Souvré, frère de Mme de Sablé, eut le titre de Grand Prieur, ni après 1670, année de sa mort. Par ce qui est dit de Mme de Montespan il devient probable que la date n'est point antérieure à 1668.

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