Ces troupes
4. Février i649- — Retz (tome II, p. 336 et 337) confesse qu'il n'a jamais pu savoir par quel mobile Turenne s'était donné à la Fronde. « Monsieur son frère et Madame sa belle-sœur, ajoute-t-il, m'ont juré, cent fois en leur vie, que tout ce qu'ils en savoient étoit que ce n'étoit point leur considération.... Il a fallu un mérite aussi éminent que le sien pour n'être pas obscurci par un événement de cette nature. » Voyez, dans les Lettres françaises de Mazarin (manuscrits de la bibliothèque Mazarine, H, 1719, tome II, fol. 291 et fol. 297), deux lettres du Cardinal : l'une adressée à Turenne, à la date du 12 janvier 1649, lorsque le duc de Bouillon s'est déclaré pour le Parlement; l'autre adressée à M. de Ruvigny, le 12 février, alors que Turenne vient de suivre l'exemple de son frère aîné. On lit dans cette dernière : « Si j'excuse en quelque façon le procédé que tient avec moi M. de Turenne, c'est que je reconnois tous les jours que
Paris, en qui je me lîois entièrement, m'a trahi Je crois que vous
n'aurez pas manqué à faire connoitre à mondit sieur de Turenne que, si on lui veut persuader que Monsieur le Prince manque au service delà Reine et dans l'amitié qu'il a pour moi, on le trompe, car jamais il n'a fait paroître tant de chaleur que dans celle-ci. J'ai voulu vous
réchal de la Motte-Houdancourt * étoit ennemi particulier du Tellier* : il cherchoit' à se venger du traitement qu'il lui avoit procuré en le faisant arrêter prisonnier après lui avoir ôté l'emploi de Catalogne. Il avoit de la valeur, de la capacité dans la guerre, un esprit médiocre, du bon sens, et, par un sentiment ordinaire à ceux qui ont fait eux-mêmes leur fortune , il craignoit beaucoup de la hasarder*; il prit néanmoins le parti du Parlement. Le duc de Beaufort suivit bientôt cet exemple : il s'étoit sauvé du donjon de Vincennes ^ avec beaucoup de hardiesse, d'industrie et de bonheur, et il fut reçu du peuple comme son libérateur. Tant de personnes considérables élevèrent les espérances du parti. On leva de grandes sommes d'argent ; on fit des troupes ; le parlement de Paris écrivit aux autres parlements du Royaume ^ ; on envoya des lettres circulaires dans les
dire ceci, car je sais que M. de Turenne fait grand cas de tous les sentiments de Monsieur le Prince et est fort son serviteur. »
1. Philippe comte de la Mothe-Houdancourt, duc de Cardone, vice-roi de Catalogne, maréchal de France, né en i6o5, mort en 1657. Arrêté après sa défaite devant Lérida, en mai 1644, il était resté prisonnier à Pierre-Encise jusqu'en septembre 1648. Il rentra en grâce en i65i.