Qu'un poste. (Ms. //, réd. 1 et
28o MÉMOIRES. [i65i]
tant de différents articles et si importants*, il les engagea à se dire eux-mêmes, en sa présence, leurs sentiments, et il arriva, contre Fordinaire de semblables éclaircissements, que la conversation finit sans aigreur, et qu'ils demeurèrent satisfaits Tun de l'autre sans être liés ni engagés à rien.
Il sembloit alors que le principal but de la cour et de Monsieur le Prince fût de se rendre le Parlement favorable. Les Frondeurs affectoient d'y paroître^ sans autre intérêt que celui du public; mais, sous ce prétexte, ils choquoient Monsieur le Prince en toutes choses, et s'opposoient directement à tous ses desseins. Dans les commencements, ils Faccusoient encore avec quelque retenue ; mais, se voyant ouvertement appuyés de la cour^, le Coadjuteur trouva de la vanité à paroître ennemi déclaré de Monsieur le Prince'' , et dès lors non-seulement il s'opposa, sans garder des mesures^, à tout ce qu'il proposoit^, mais encore il n'alla plus au Palais sans être suivi de ses amis et d'un grand nombre de gens armés. Un procédé si fier^ déplut avec raison à Monsieur le Prince, et il ne trouvoit pas moins insupportable d'être obligé de se faire suivre au Palais, pour disputer le pavé^ avec
I. ** Tant d'importants et différents articles. (Ms.H, rc'cl. i eti.) 1. ** De paroître. {Ms. //, réd. i et 2.)
3. Il y a dans l'édition de 1804 ^^Pf^J'^ au singulier; mais le participe est bien au pluriel dans nos deux manuscrits et dans les anciennes éditions, et il forme un membre de phrase absolu se rapportant aux Frondeurs.
4. L'édition de 1688 rapproche de ce passage ce mot de Tacite (Jiisto'tres^ livre II, chapitre l,iii) : Ut magnis ininùcit'ùs claresceret^ « pour qu'il brillât par de grandes inimitiés. »