M. LE PRINCE DE MARCILLAC
Lv Rochefoucauld ir 9.8
NOTICE
C'est à Victor Cousin que nous devons la de'couverte de ce précieux mémoire. \J Apologie du prince de Marcillac a été publiée pour la première fois en i8j5, dans la 3« édition de la Jeunesse de Madame de LonguevUle [Appendice^ p. 475-490), d'après une copie conservée dans le tome XXIÏ (p. 53i-568) du Recueil de Conrart^, sur laquelle nous avons coUationné notre texte .
L'authenticité de ce morceau, où la Rochefoucauld, alors prince de Marcillac, énumère, avec une amertume et une enflure de cœur singulières, tous les prétendus griefs qui l'ont jeté dans le parti des Frondeurs, n'a pas besoin d'être démontrée. Il a été composé peu de temps après la déclaration solennelle rendue, en février 1649, par le parlement de Paris contre le cardinal Mazarin. Dans ce mémoire paraît nettement, comme aurait dit Retz , Vem'ers de la Rochefoucauld. « Ici plus de faux semblants de patriotisme et d'intérêt général : les masques sont ôtés ; on n'est plus sur la scène, on est dans la coulisse ; il n'est question que d'intérêts particuliers , et la Rochefoucauld ne fait pas difficulté d'exposer, avec l'élégante effronterie d'un grand seigneur, mal couverte sous les sophismes laborieux d'un bel esprit, les blessures encore saignantes que sa vanité et son ambition ont reçues de la Reine et de Mazarin depuis le commencement de la Ré-
I. Bibliothèque de l'Arsenal, Belles-lettres françaises, n^ 2817. — V. Cousin n'a pas réimprimé ce mémoire dans les éditions suivantes de la Jeunesse de Madame de LonguevUle. Il s'est glissé dans son texte un petit nombre de leçons fautives ; nous indiquons en note les principales.