‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 480 sur 616 · Se crut généralement perdu. {Ms. H, réd. i · texte numérisé non relu

Se crut généralement perdu. {Ms. H, réd. i

6. Voyez sur cette journée les Mémoires de Conrart, p. n3 et suivantes, le récit de Mademoiselle, tome II, p. 117 et suivantes, celui de Guy Joli, tome II, p. 17-22, le Journal de Dubuisson- Aubenay , à la date du 4 juillet 1662, et surtout les Registres de r Hôtel de Paille pendant la Fronde, tome III, p. 5i et suivantes. Le feu fut mis en deux endroits, du côté de l'église Saint-Jean. Ces violences durèrent six heures; le sieur IMiron du Tremblay, maître des comptes, qui essayait de calmer l'émeute et d'empêcher le pillage, le Gras, maître des requêtes, Ferrand, conseiller au Parlement, Yon, ancien échevin, et le Boulanger, auditeur des comptes, Pressant, marchand, etc., furent tués surplace, «. en sorte que la plupart de notre assemblée, dit le procès-verbal {Registres de l'Hôtel de yillc, p. 63), se mit en état de bien mourir en se confessant à Messieurs les curés et autres ecclésiastiques et religieux qui étoient mandés, et qui se dispersèrent en divers endroits de l'Hôtel de \ille pour vaquer à ce bon œuvre. » Enfln la violence fut telle que la multitude se rendit maîtresse de l'Hôtel, fit ouvrir les prisons et sortir les prisonniers. Chose remarquable ! aucune des personnes

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ment ^ que Monsieur le Piince avoit sacrifié ses amis, afin de n'être pas soupçonné d'avoir fait périr ses ennemis. On n'attribua rien de cette action^ à M. le duc d'Orléans ; toute la haine en fut rejetée sur Monsieur le Prince, qui ne la méritoit pas. Pour moi, je pense que l'un et l'autre' s'étoient servis de M. de Beaufort pour faire peur à ceux de l'assemblée qui n'étoient pas dans leurs intérêts, mais qu'en effet pas un d'eux n'eut dessein de faire mal à personne. Ils apaisèrent prompte-

qui composolent une si grande assemblée n'eut assez de crédit dans Paris s: pour émouvoir les gens de bien à leur donner secours et assistance, le partage des esprits excitant le père contre le fils, la femme contre le mari, le voisin contre son voisin, et les serviteurs contre leurs maîtres » {ihidem, p. 68). Les compagnies bourgeoises elles-mêmes , mandées pour garder les avenues de la place de Grève, lâchèrent pied ou tirèrent sur l'Hôtel. Les émeutiers en voulaient à l'argent des rentes; heureusement on rétablit l'ordre, avant qu'ils eussent pu trouver le chemin de la caisse. L'édifice était en danger de périr par le feu ; les jiierres de la voûte éclataient déjà ; jusqu'à neuf heures du matin, il fallut travailler à éteindre l'incendie. Toutes les portes étaient consumées , les tonneaux de vin défoncés ou enlevés; la tapisserie avait été volée; la figure de Henri le Grand , qui était à cheval au-dessus de la grande porte, détériorée par le feu et par les coups de mousquet, et tous les tableaux étaient troués à coups d'arquebuse : « ce qui, ajoute le procès-verbal (p. 71), devroit tirer des larmes de sang à tous les bons bourgeois et habitants de Paris. » — Tous les contemporains ont jeté un blâme sévère sur la conduite des chefs de la Fronde dans cette fatale journée, qu'Omer Talon (tome IH, p. 416) appelle « la plus farouche, la plus brutale et la plus sauvage qui ait été faite depuis la monarchie. » — Voyez encore, dans le tome II du Choix de Mazar'tnades (p. 379-38a), le Récit d'un témoin oculaire et (p. 383-386) la Liste gcitcrale des gens tués ou blessés en cette circonstance ; et surtout ime lettre de Marigny citée par V. Cousin dans Madame de Longueville pendant la Fronde, appendice, p. 445-448.

1. Très-injustement manque dans le ms.H(réd. i) et dans les anciennes éditions.

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