On ne donna nulle part en cette action. [Ms. H, réd. i
3. ** Et on rejeta toute la haine sur Monsieur le Prince, bien que je croie (Je crois, anc. éd.) que l'un et l'autre. {Ms. H, réd. i.)
MÉMOIRES. [i652] 419
ment le désordre; mais ils n'enaccrent pas l'impression qu'il avoit faite dans tous les esprits*. On proposa ensuite de créer un conseil, composé de Monsieur, de Monsieur le Prince, du chancelier de France, des princes, ducs et pairs, maréchaux de France et officiers généraux du parti qui se trouvoient à Paris; deux présidents au mortier dévoient aussi y assister de la part du Parlement, et le prévôt des marchands de la part de la Ville, pour juger définitivement de tout ce qui concernoit la guerre et la police.
Ce conseil augmenta le désordre au lieu de le diminuer, à cause des prétentions du rang qu'on y devoit tenir, et il eut, comme avoit eu l'assemblée de l'Hôtel de Ville, des suites funestes ; car les ducs de Nemours et de Beaufort, aigris par leurs différends passés* et par l'intérêt de quelques dames, se querellèrent pour la préséance au Conseil ; ils se battirent ensuite à coups de pistolets % et le duc de Nemours fut tué dans ce combat par le duc de Beaufort, son beau-frère*. Cette mort donna de la compassion et de la douleur à tous ceux
1. Mme de Motteville (tome IV, p. 27-29) parle ici comme la Rochefoucauld. Retz dit (tome IV, p. 44 et 45, éd. Ch.) que tout ce tapage, occasionné à dessein par Condé, avait pour but de l'enlever, lui, le Coadjuteur.
2. Sur les antécédents de cette querelle de Nemours et de Beaufort, voyez ci-dessus, p. 344 1 et la note 5.
3. Pistolet, au singulier, dans le ras. H (réd. i et 2) et dans les anciennes éditions.
4. Ce duel, où Nemours garda jusqu'au bout le rôle de provocateur, eut lieu le 3o juillet, place des Petits-Pères, près le marché aux chevaux, derrière l'hôtel de Vendôme. Les témoins qui s'alignèrent, suivant la coutume du temps, étaient, du côté de Nemours, Villars, la Chaise, Campan et Luserche; du côté de Beaufort, le comte de Burj, de Ris, Brillet et Héricourt. Presque tous les combattants furent blessés, de Ris et Héricourt si grièvement, qu'ils moururent dans les vingt-quatre heures. Nemours fut tué raide de irois balles qui étaient dans le pistolet de Beaufort. — Voyez
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qui connoissoient ce prince. Le public même eut sujet de le regretter ; car, outre ses belles et agréables qualités*, il contribuoit à la paix de tout son pouvoir; et lui et le duc de la Rochefoucauld, pour apporter plus de facilité à la conclure, avoient renoncé aux avantages^ que Monsieur le Prince leur devoit faire obtenir par son traité; mais la mort de Tun et la blessure de l'autre laissèrent aux Espagnols et aux amis de Mme de Longueville toute la liberté qu'ils desiroient pour entraîner Monsieur le Prince. Ils n'appréhendèrent plus que les propositions qu'ils lui faisoient d'aller^ en Flandres fussent contestées. Ils lui promirent tout ce qu'il desiroit*, et il sembla que Mme de Chàtillon même lui parut moins aimable, depuis qu'il n'eut plus à combattre un rivaP digne de lui''. Cependant il ne rejeta pas d'abord
Mme de Motlevllle, tome IV, p. 29 et 3o; 3Iademoiselle , tome II, p. i33 et i34; et Omer Talon, tome III, p. 436 et suivantes.
1. Mademoiselle (tome II, p. i35) parle «également des belles et agréables qualités de Nemours, « mais, ajoute-t-elle, il y auroit eu à craindre que cette humeur ne lui fût pas demeurée en vieillissant. » Elle dit encore qu'il était « chagrin quand les affaires n'alloient pas à sa fantaisie, et laissoit aisément ses amis sans savoir pourquoi. » — Mazarin , dans ses Lettres à la Reine, désigne d'ordinaire Nemours par le terme : le Joli.
2. Avoient renoncé tous deux aux avantages. (Ms. H, réd. i.) — L'incise : « pour apporter plus de facilité à la conclure », est renvoyée, dans cette première rédaction et dans les anciennes éditions, après le mot traité, et à sa conclusion y tient la place de à le conclure.