‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 514 sur 616 · Dans la i'"e édition : toutes ces choses, sans là · texte numérisé non relu

Dans la i'"e édition : toutes ces choses, sans là

rent pas le cardinal Mazarin à le traiter mieux qu'il ne me traitoit, et il eut le déplaisir de se voir dédaigner de celui qu'il croyoit son parfait ami, après que le plus cruel de ses ennemis, postposant * la haine à Testime, lui avoit confié un si grand intérêt, et lui avoit donné une si notable occasion de gloire.

Avec tout cela, il ne me pouvoit encore entrer dans l'esprit que le Cardinal osât me manquer pour le tabouret, et quand on m'écrivit qu'on parloit de l'accorder à Mme la comtesse de Fleix ^, j'en écrivis au Cardinal, comme ne doutant pas qu'il ne me tînt parole. Je ne laissai pas néanmoins de le faire souvenir de l'avantage que j'avois sur tous les prétendants, aussi bien que des assurances qu'il m'avoit données de le faire valoir, et je ne voulus point que le défaut de sa mémoire servît de prétexte ni de couverture à celui de sa foi; mais cette circonspection se trouva fort inutile. L'impudence ne fut pas moindre en ce grand ministre que l'iniquité : il m'empêcha d'avoir, même après un autre, ce qu'il m'avoit promis que personne n'auroit qu'après moi, et, bien que toutes mes affaires fussent à Pai-is, il ne me fut pas même permis d'y aller qu'à la charge que je ne parlerois point de celle-là'. Je n'avois pas toutefois achevé ma première journée que je ne me vis que trop bien dispensé de cette condition ; car j'appris que ce dernier tabouret avoit été suivi de six ou sept autres *, et qu'ainsi je ne devois plus espérer de justice, puisque, par la qualité et par le nombre des sujets qu'on m'avoit donnés de la demander, on s'étoit déjà ôté la puissance de me la faire. Aussi ne prétendis-je plus d'autre sa-

Page 1