‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 522 sur 616 · Eût peut-être été. (i662-iS38.1 4- P · texte numérisé non relu

Eût peut-être été. (i662-iS38.1 4- P

ner, dans la fin de sa vie, quelques marques de clémence, soit par dévotion , ou pour témoigner que le cardinal de Richelieu avoit eu plus de part que lui à toutes les violences qui s'étoient faites depuis la disgrâce de la Reine sa mère, consentit de faire revenir à la cour les plus considérables de ceux qui avoient été persécutés; et il s'y disposa d'autant plus volontiers, que les ministres, prévoyant beaucoup de désordres, essayoient d'obliger des personnes de condition, pour s'assurer contre tout ce qui pouvoit arriver dans une révolution comme celle qui les menaçoit.

Presque tout ce qui avoit été banni revint ; et, comme il y en avoit beaucoup d'attachés à la Reine par des services qu'ils lui avoient rendus, ou par la liaison que la disgrâce fait d'ordinaire entre les personnes persécutées, il y en eut peu qui n'eussent pas assez bonne opinion de leurs services pour n'en attendre pas une récompense proportionnée à leur ambition ; et beaucoup crurent que la Reine, leur ayant promis toutes choses, conserveroit, dans sa souveraine autorité, les mêmes sentiments qu'elle avoit eus ' dans sa disgrâce.

Le duc de Beau fort était celui qui avoit conçu les plus grandes espérances. Il avoit été, depuis tTes-longtemps, particulièrement attaché à la Reine, et elle lui avoit donné une preuve si publique de sa conliance, en le choisissant pour garder Monsieur le Dauphin et M. d'Anjou* un jour qu'on croyoit que le Roi alloit mourir, que ce ne fut pas sans fondement qu'on commença à considérer son crédit et à trouver beaucoup d'apparence à Popinion qu^il essayoit d'en donner^.

Vévéque de Beauvais même, qui étoit le seul des serviteurs de la Reine que le cardincd de Richelieu avoit trop peu considéré* pourl'ôter d'auprès d'elle, et qui par son assiduité avoit trouvé occasion d'y détruire presque tous ceux qu'elle avoit considérés, crut ne se devoir point opposer à la faveur du duc de Beaufort, et souhaita de faire une liaison avec lui pour ruiner de concert le cardinal Mazarin , qui commençoit de s'établir^. Ils crurent en A-enir facilement à bout, nonseulement par l'opinion qu'ils avoient de leur crédit, et par l'expérience que l'évêque de Beauvais avoit faite de la facilité avec laquelle il avoit ruiné des personnes qui dévoient être plus considérables à la Reine par leurs services que le cardinal Mazarin, mais encore parce qu'étant créature du cardinal de Richelieu, lis croyoient que

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