‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 524 sur 616 · P. G2. — 3. Ibidem. — 4. P · texte numérisé non relu

P. G2. — 3. Ibidem. — 4. P

pentir. La mort du Roi l'y obligea néanmoins, et on connut bientôt que les soins du cardinal 3Iazarin avoient eu le succès qu'il desiroit; car, dans le temps qu'on croyoit que la Reine le considéreroit comme l'auteur de la déclaration, toute l'aigreur en tomba ' sur M. de Chavigny, et, soit que le cardinal Mazarin fût innocent, ou qu'il se fût justifié aux dépens de son ami, qui apparemment n'étoit pas plus coupal)le que lui, enlln il demeura dans le conseil. Or, comme je ne prétends pas écrire toutes les particularités de ce qui s^est passé en ce temps-là, et que ce que je fais présentement est plutôt pour ne pas (uil)lier quelques circonstances que j'ai vues, dont quelqu'un de mes amis a eu curiosité, que ])our les faire voir, Je me contenterai de rapporter seulement ce nui me renarde, ou au moins les choses dont j'' ai été témoin^.

Peu de temps après la mort du Roi, il me fut bien aisé de connoitre l'augmentation du crédit du cardinal Mazarin et la diminution de celui du duc de Beaufort. L'un et l'autre paroissoicnt dans la conûance que la Reine témoignoit d'avoir' pour le Cardinal, jjuisqu'étant directement opposé au duc de Beaufort, la puissance de l'un étoit certainement la ruine de l'autre. La cour était néanmoins iori partagée, et on attendait le retour de Mme de C heureuse*, comme la décision de toutes choses. On ne la considéroit pas comme une personne qui voulût se contenter d'appuyer un des deuv partis, mais qui détruiroit certainement celui qui dépendroit le moins d'elle. J'avois moins de sujet que les autres de juger si avantageusement de son autorité. La Reine, qui m'avoit toujours témoigné l'amitié qu'elle avoit pour elle, m'en avoit parlé, depuis quelque temps, avec assez de froideur, et l'incertitude où je la vis si elle la feroit revenir à la cour me tira de celle où j'étois que les mauvais offices de l'évêque de Beauvais n'eussent pas fait autant d'impression contre elle que contre tout le reste de ce qu'il avoit essayé de détruire.

La Reine m'avoit déjà ordonné de voir le cardinal Mazarin, et, bien qu'elle eût approuvé la déclaration que je lui fis, que je ne pouvois être son ami et son serviteur que tant que je le verrois attaché au service de la Reine, et qu'il feroit, dans les grandes et dans les petites choses, ce qu'on devait attendre d'un homme de bien et digne de l'emploi-^ qu'il avoit, je sus toutefois qu'elle eût souhaité que je lui eusse parlé avec moins de réserve et qu'elle eût désiré que je lui eusse promis toutes choses aussi facilement que plusieurs

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