‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 542 sur 616 · Voyez p. 214 et 2i · texte numérisé non relu

Voyez p. 214 et 2i

des Princes tant avec les Frondeurs qu'avec le Cardinal, comme aussi avec 3Ime de Chevrense (dont la fille devoit épouser le prince de Conti) et avec Mme de Moutbazon et le duc de Beauf'ort. Elle était dépositaire de leurs traités, quelque opposés qu'ils pussent être. Se voyant donc chargée de tant de choses contraires à la fois , et craignant de devenir suspecte aux uns ou aux autres , elle manda au duc de la Rochefoucauld qu''il étoit nécessaire nu^il vînt à Paris sans être connu, et qu'elle lui diroit l'état des choses, pour prendre ensemble la résolution de conclure avec l'un ou l'autre parti*. Le duc de la Rochefoucauld avait été jusque-là ennemi déclaré du Coadj'uteur, de Mme de Chevreuse, du duc de Beaufort, et de Mme de Montbazon, de sorte que, voyant les négociations également avancées de tous les côtés, et jugeant que, si on concluoit avec les Frondeurs, les Princes ne pouvoient sortir sans une révolution de tout l'état présent des affiiires , il se rendit à Paris , et ayant fait voir à la Palatine que le Cardinal ayant* la clef de la prison du Prince, il le pouvait mettre en liberté en un moment , il Vempêcha de faire ratifier à Monsieur le Prince le traité des Frondeurs, pour donner temps au Cardinal de considérer la peine où il alloit être. Le duc de la Rochefoucauld le vit trois ou quatre fois en secret. Ils le désirèrent tous deux ainsi, pour ce que le Cardinal vouloit que personne du monde n'eût connoissance de cette négociation, de peur que Monsieur et les Frondeurs ne se hâtassent d'éclater contre lui, et le duc de la Rochefoucauld la tenoit d'autant plus secrète que les Frondeurs demandoient comme une condition de leur traité que le duc de la Rochefoucauld le signât, ce qu'il ne vouloit ni ne devoit faire tant qu'il auroit lieu d'espérer que le traité avec le Cardinal pouvoit être sincère de sa part et de celle des Princes; il reçut même un plein pouvoir de la duchesse de Longueville pour réconcilier toute la maison avec le Cardinal, pourvu qu'il mit les Princes en liberté. Cependant les Frondeurs, qui avoient su que le duc de la Rochefoucauld négocioit particulièrement, le pressèrent pour lui faire signer leur traité avec Monsieur le Prince, de sorte que, se voyant dans la nécessité de conclure promptement ou avec l'un ou avec l'autre parti, il se résolut de voir encore une fois le Cardinal, et, après lui avoir représenté les mêmes choses qu'il lui avoit dit [sic) à Bourg et le péril où il alloit être par la déclaration de M. d'Orléans, du Parlement et des Frondeurs, et par l'abandonnement presque général de ses créatures, il lui déclara que les choses étoient en tels termes, que s'il ne lui

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