D'Orbitel
6. Villes fortes de Toscane; la seconde située sur la côte orientale de l'île d'Elbe, fut prise par la Meilleraye en octobre 1646; le siège de la première, antérieur de quelques mois, avait échoué.
5i6 APPENDICE AUX MEMOIRES.
sont cil Italie; que l'indépendance que le duc de Guise affectoit à Naples ne l'avoit pas sollicité à le secourir puissamment; que le maréchal de Gassion vouloit s'établir un empire particulier en Flandre, et relever fort peu de la cour, et que Monsieur le Prince ne s'est jamais plaint qu'il ne l'ait assisté en Catalogne et en toutes ses campagnes autant qu'il a pu ; qu'il avoit été contraint de chercher des secours par des édits pour fournir aux dépenses de la guerre, pourtant que* l'on avoit diminué les tailles, et que le temps n'avoit que trop vérifié que ce transport d'argent en Italie étoit une invention fabuleuse pour le discréditer * ; au reste, qu'il avoit ' manié avec assei de bonheur tous les intérêts des princes de l'Europe depuis vingt ans, et que ^i la bonne intelligence entre la France et les Provinces- Unies avoit cessé, ç'avoit été* par la corruption de quelques particuliers qui avoient été subornés par l'argent d'Espagne ; et quant à l'administration" de l'Etat, il avoit suivi les maximes du cardinal de Richelieu, hors qu'il en avoit banni la cruauté des supplices ; que s'il a été obligé de promettre plus qu'il n'a donné ^, c'est que le nombre de ceux qui servent en France est grand, et que celui des prétendants l'est encore davantage ; que l'Etat n'a jamais eu plus de prospérité que pendant son ministère, et que si, dans les grandes expéditions, la gloire de l'exécution est due aux généraux, celle du projet lui appartient ; que la France auroit conservé sa tranquillité si chacun y eût conspiré selon son devoir, si les peuples ne se fussent détachés de l'obéissance par la suggestion des gens malintentionnés, ou plutôt si le Parlement, qui devoit être le modèle de l'obéissance, ne leur eût frayé' et ouvert le chemin de la révolte ; que le poste où il est aujourd'hui a toujours été exposé aux atteintes de la haine et de l'envie dans tous les États, et que ce n'est pas une chose extraordinaire si l'on attaque tantôt son ambition, tantôt son msuflisance ; qu'au moins il est heureux que la calomnie, dans ses traits les plus envenimés, n'ait pas jeté le moindre soupçon sur sa fidélité*.
Pendant le temps de ces émotions'^, trois choses arrivèrent qui eurent des suites assez fâcheuses. La première fut l'évasion du duc