A LA MARQUISE DE SÉVIGNE. lô'j'i
A Paris, le 9* février 1673.
Vous ne sauriez croire le plaisir que vous m'avez fait «de m'envoyer la plus agréable lettre qui ait jamais été écrite: elle a été lue et admirée comme vous le pouvez souhaiter. Il me seroit difficile de vous rien envoyer de ce prix-là ; mais je chercherai à m'acquitter, sans espérer néanmoins d'en trouver les moyens, dans le soin de votre santé, car vous vous portez si bien que vous n'avez pas besoin de mes remèdes.
Madame la Comtesse' est allée ce matin à Saint- Germain remercier le Roi d'une pension de cinq cents écus qu'on lui a donnée sur une abbaye; cela lui en vaudra mille avec le temps, parce que c'est sur un homme qui a la même pension sur l'abbé de la Fayette- : ainsi ils sont quittes présentement, et, quand ce premier mourra, la pension demeurera toujours sur son abbaye. Le Roi a même accompagné ce présent de tant de paroles agréables, qu'il y a lieu d'attendre de plus grandes grâces. Si je suis le premier à vous apprendre •ceci, voilà déjà la lettre de M. de Coulanges^ à demi
Lettre ioi. — Publiée d'abord par le chevalier de Perrin, h la page 4 du premier supplément à son édition de 1734, lequel parut en 1751. C'est, dans la collection des Grands écrivains, la lettre 3i4 de la correspondance de Mme de Sévigné (tome 111, p. 188-190).