‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 102 sur 469 · Var. : et il ne perd rien. (Manuscrit et · texte numérisé non relu

Var. : et il ne perd rien. (Manuscrit et

2. Le contemporain annote ainsi cette maxime : « \ rai ; témoin les dévots. » Il est à croire que la Rochefoucauld l'a entendu de même, et qu'il a pensé à Mme de Lougueville, aussi bien que dans les maximes 2Ô4, 358, 534, 536 et 563.

3. La Bruyère (de l'Homme, n° 72) : « Notre vanité, et la trop grande estime que nous avons de nous-mêmes, nous fait soupçonner dans les autres une fierté à notre égard, qui y est quelquefois, et qui souvent n'y est pas ; une personne modeste n'a point cette délicatesse. » — Rapprochez des maximes 3i et 38g.

4. Ainsi que le fait remarquer l'annotateur contemporain, cette pensée se rapporte à la précédente. — Pascal (Pensées, article II, 3) : « La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs. » — Vauvenargues (p. 70,) : « L'orgueil n'est pas plus égal dans tous les hommes que l'ambition, ou le courage; et comme il y a des hommes qui ont moins d'esprit, moins de vivacité, moins d'humanité que d'autres, il s'en trouve aussi qui ont moins d'orgueil. » — La Harpe (tome "\ II, p. 208) abonde dans le sens de Vauvenargues : « Je ne crois point du tout cette proposition vraie,

Il semble que la nature, qui a si sagement disposé les organes de notre corps pour nous rendre heureux, nous ait aussi donné l'orgueil pour nous épargner la douleur deconnoître nos imperfections1, (éd. i*.)

L'orgueil a plus de part 2 que la bonté aux remontrances que nous faisons à ceux qui commettent des fautes, et nous ne les reprenons pas tant' pour les en corriger, que pour leur persuader 4 que nous en sommes exempts 5.

Nous promettons selon nos espérances, et nous tenons selon nos craintes6, (éd. i.)

pas même en mettant l'amour de soi à la place de l'orgueil — Dire que cet orgueil est égal dans tous, c'est anéantir une vertu qui lui est

opposée, la modestie Prétendre que personne n'est véritablement

plus modeste qu'un autre, c'est dire que nul homme n'a plus de bon sens qu'un autre homme ; que nul n'est capable de restreindre par la réflexion l'idée trop avantageuse qu'il est tenté d'avoir de luimême. »

i. Var. : La nature, qui a si sagement pourvu à la vie de l'homme par la disposition admirable des organes du corps, lui a sans doute donné l'orgueil pour lui épargner la douleur de connoître ses imperfections et ses misères. (i665.) C'est sans doute à cause du rapport douteux des pronoms que l'auteur a remanié cette pensée. — Vauvenargues (p. 84, note) la range parmi celle qui lui paraissent communes. — Selon la maxime hgh, l'amour-propre d'ordinaire nous aveugle, mais parfois aussi nous éclaire.

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