‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 104 sur 469 · Var. : il vise à un endroit. (i · texte numérisé non relu

Var. : il vise à un endroit. (i

3. Var. : V achemine. (i665.) Peut-être ce mot, qui s'accommode mieux avec insensiblement, est-il à regretter.

4. Pascal dit dans le même sens (Pensées, article VII, 4) : « Tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment. » — Cette maxime n'est, au reste, qu'un commentaire de la 102e : « L'esprit est toujours la dupe du cœur, » et ce commentaire, l'auteur l'a emprunté à Mme de Schomberg, qui s'exprime ainsi dans la critique qu'elle avait faite de quelques maximes de la Rochefoucauld, à la prière de Mme de Sablé (voyez dans le présent volume, Pensées de Mme de Schomberg, etc.) : « Je ne sais si vous l'entendez comme moi, mais je l'entends, ce me semble, bien joliment, et voici comment : c'est que l'esprit croit toujours, par son habileté et par ses raisonnements, faire faire au cœur ce qu'il veut; mais il se trompe, il en est la dupe; c'est toujours le cœur qui fait agir l'esprit; l'on suit tous ses mouvements, malgré que l'on en ait, et l'on les suit même sans croire les suivre. » — Voyez aussi les maximes io3,. 108 et 46o.

ET MAXIMES MORALES. flcj

elles ne sont, en effet, que la bonne ou la mauvaise disposition des organes du corps l. (éd. i .)

Le caprice de notre humeur 2 est encore plus bizarre que celui de la fortune, (éd. i*.)

i. Chaulieu(t. II, p. ï4lj édition de 1707)8 dit dans le même sens :

Bonne ou mauvaise santé Fait notre philosophie.

Vovez la maxime 297. — Montaigne (Essais, livre II, chapitre xn, tome II, p. 36i) : « Il est certain que nostre appréhension, nostre iugement, et les facultez de nostre ame en gênerai souffrent selon les mouuements et altérations du corps. » — Vauvenargues(p. 79) : « On pourroit dire sur ce fondement : la sagacité et l'imbécillité sont mal nommées ; elles ne sont, en effet, etc. Mais qui ne voit la fausseté de cette maxime ? L'imbécillité et la sagacité, la force et la foiblesse de l'esprit sont-elles moins réelles et moins distinctes, pour être fondées sur la disposition de nos organes ? Si la force du corps entraînoit nécessairement celle de l'esprit, il seroit assez raisonnable de les appeler du même nom ; mais puisque ces deux avantages sont si rarement unis, ne faut-il pas avoir aussi deux expressions pour caractériser deux choses, non-seulement séparables, mais presque toujours séparées ?» — La Harpe dit à son tour (tome VII, p. 260) : « Il est très-faux que la force d'esprit dépende toujours de la disposition du corps ; il est démontré par des faits sans nombre que cette force peut se trouver dans le corps le plus mal disposé. Quand le maréchal de Saxe, gonflé d'hydropisie, ne pouvant se mouvoir sans douleur, se faisait porter, à Fontenoy, dans une gondole d'osier, et disait en riant : Il serait plaisant que ce fût une balle ou un boulet qui me fît la ponction, la force de son âme était-elle mal nommée ? N'était-ce que la bonne disposition de ses organes? » — Gicéron (Tusculanes, livre I, chapitre xxx) dit bien, ce nous semble, à quoi doit se réduire, pour être vraie, la pensée de la Rochefoucauld : Ipsi animi magni refert quali in corpore locati sint ; multa enim e corpore exsistunt qux acuant mentem, multa qux obtundant. « Il importe beaucoup dans quel corps l'âme est logée ; car nombre de qualités corporelles aiguisent l'esprit, et nombre d'autres l'émoussent. »

Page 1