Yar. : fait souvent l'opiniâtreté. (iG'i
2 . Dans le manuscrit, les deux membres de phrase dont se compose cette réflexion forment deux maximes séparées. — Mme de Sablé (maximes 7 et h 1) : « Les esprits médiocres, mais mal faits, surtout les demi-savants, sont les plus sujets à l'opiniâtreté — » — « La petitesse de l'esprit, l'ignorance et la présomption font l'opiniâtreté, parce que les opiniâtres ne veulent croire que ce qu'ils conçoivent, et qu'ils ne conçoivent que fort peu de choses. » — Montaigne (Essais, livre III, chapitre xm, tome IV, p. 117) : « L'affirmation et l'opiniastreté sont signes exprez de bestise. » — Le même (livre III, chapitre vin, tome III, p. 427) : « L'obstination et ardeur d'opinion est la plus seure prcuue de bestise. Est-il rien certain, résolu, desdaigneux, contemplatif, graue, sérieux, comme l'asne ?» — Vauvenargues dit, de son côté (maxime 800, OEuvres. p. 48o) : « Les hommes pesants sont opiniâtres. » — Voyez les maximes 337, 367, 376 et 6a3.
ET MAXIMES MORALES. l£l
puissent ' triompher des autres. La paresse, toute languissante qu'elle est, ne laisse pas d'en être souvent la maîtresse : elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie ; elle y détruit et y consume insensiblement les passions et les vertus 2. (éd. i*.)
La promptitude à croire le mal, sans l'avoir assez examiné, est un effet de l'orgueil et de la paresse 3 : on
i. Var. : On s'est trompé quand on a cru qu'il n'y avoit que les violentes passions, comme, etc., qui pussent — (i665.)
2. Var. : elle y détruit et y consomme insensiblement toutes les passions et toutes les vertus. (it)C5.) — On s'est trompé quand on a cru, après tant de grands exemples, que l'ambition et l'amour triomphent toujours des autres passions ; c'est la paresse, toute languissante qu'elle est, qui en est le plus souvent la maîtresse : elle usurpe insensiblement sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie ; enfin elle émousse et éteint toutes les passions et toutes les vertus. {Manuscrit.) — Voyez les maximes 169, 3q8, 5i2 et 63o. — Mme de Sablé, à propos de cette réflexion, écrivait, en 1664, à la duchesse de Schomberg, dans une lettre qui se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale (Portefeuilles de Vallant, tome II, f° 186) : « L'auteur a trouvé dans son humeur la maxime de la paresse, car jamais il n'y en a eu une si grande que la sienne, et je crois que son cœur, aussi inofficieux qu'il est, a autant ce défaut par sa paresse que par sa volonté ; elle ne lui a jamais pu permettre de faire la moindre action pour autrui, et je crois que parmi ses grands désirs et ses grandes espérances, il est quelquefois paresseux pour lui-même. » — Evidemment, lorsque la quinteuse marquise écrivait ces lignes, assez cruelles pour son ami, elle était de mauvaise humeur, ou peut-être dans un moment de brouille avec lui. Mme de Sévigné, au contraire, dans maint endroit de ses Lettres, nous dit combien le commerce de la Rochefoucauld était fidèle et sûr : non-seulement il savait s'attacher et se conserver des amis, mais il apprenait à Mme de la Fayette à s'en faire. (Voyez, entre autres, la Lettre de Mme de Sévigné, du 26 février it'igo, tome IX, p. h"h-)
3. Var. : un effet de la paresse et de l'orgueil. (1666, 1671 et 1675.) — La promptitude avec laquelle nous croyons le mal, sans
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veut trouver des coupables, et on ne veut pas se donner la peine d'examiner les crimes1, (éd. i*.)