CCCXXIII
Notre sagesse n'est pas moins à la merci de la fortune que nos biens1, (éd. 3.)
Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour2, (éd. 3.)
Nous nous consolons souvent, par foiblesse, des maux dont la raison n'a pas la force de nous consoler3. (éd. 3.)
mérite qui doivent aussi le craindre. » — « Personne ne peut se vanter de n'avoir jamais été méprisé, » dit Vauvenargues (maxime 888, Œuvres, p. 488).
i. Cicéron dit de même dans un passage traduit de Théophraste (Tusculanx qusestiones, livre V, chapitre ix) :
Yitam régit forluna, non sapientia.
« C'est le hasard, et non la sagesse, qui dirige notre vie. » — Montaigne (Essais, livre III, chapitre rai, tome III, p. 420) : « Nostre sagesse mesme et consultation suyt, pour la pluspart, la conduicte du hasard. » — Cette pensée revient souvent, ici à propos de la fortune ou du hasard, là à propos de V humeur; dans la maxime 45, c'est surtout l'humeur qui gouverne le monde; dans les maximes i53 et i54, c'est la fortune; dans les 61e et 435e, elles le gouvernent ensemble. — Voyez encore les maximes 38o, 470 et 63i.
2. Dans la maxime 28, l'auteur justifie cet amour-propre. — Voyez les maximes 262, 3^4 et 5oo.
3. La Bruyère (du Cœur, n° 35, tome I, p. 2o4) : « Ce n'est guère par vertu ou par force d'esprit que l'on sort d'une grande affliction : l'on pleure amèrement, et l'on est sensiblement touché; mais l'on est ensuite si foible ou si léger, que l'on se console. » — Quant à Vauvenargues, c'est sur le courage que, dans ce cas, il compte : « Le courage a plus de ressources contre les disgrâces que la raison » (maxime 19, Œuvres, p. 375).
Le ridicule déshonore plus que le déshonneur '. (éd. 3.)
GCGXXVII
Nous n'avouons de petits défauts que pour persuader que nous n'en avons pas de grands2, (éd. 3.)