‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 167 sur 469 · CCCXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXVIII

L'envie est plus irréconciliable que la haine3, (éd. 3.)

CCGXXIX

On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter1, (éd. 3*.)

i. Voici comment la marquise de Lambert apprécie cette réflexion, qu'elle cite d'ailleurs inexactement (Premier avis d'une mère à son fils, Paris, 1725, p. 45) : « M. de la Rochefoucauld dit que le déshonorant offense moins que le ridicule; je penserois comme lui, par la raison qu'il n'est au pouvoir de personne d'en déshonorer un autre : c'est notre propre conduite, et non les discours d'autrui qui nous déshonorent. Les causes du déshonneur sont connues et certaines ; le ridicule est purement arbitraire. » — Si Mme de Lambert juge que le ridicule n'est qu'arbitraire, la Rruyère en reconnaît au moins un comme réel et permanent : « L'homme ridicule, dit-il (des Jugements, n° 4"), est celui qui, tant qu'il demeure tel, a les apparences du sot. Le sot ne se tire jamais du ridicule; c'est son caractère. » — Duclos (tome I, p. 17 4, Considérations sur les mœurs de ce siècle, chapitre ix) : « Le ridicule t st le fléau des gens du monde, et il est assez juste qu'ils aient pour tyran un être fantastique. »

2. La Bruyère (de l'Homme, n° 67): « Les hommes parlent de manière, sur ce qui les regarde, qu'ils n'avouent d'eux-mêmes que de petits défauts. » — Voyez les maximes i84, 383, 424, 442, 554, 609, et la 5e des Réflexions diverses.

3. L'auteur dira pourtant (maxime 376) que la véritable amitié désarme l'envie. — Voyez aussi les maximes 433, 476 et 486.

4- Var. : On croit haïr les flatteurs, mais on ne hait que les mauvais. (Manuscrit.')

On pardonne tant que l'on aime1, (éd. 3.)

Il est plus difficile d'être fidèle à sa maîtresse quand on est heureux que quand on en est maltraité 2. (éd. 3*.)

CGGXXXII

Les femmes ne connoissent pas toute leur coquetterie3, (éd. 3.)

GCCXXXIII

Les femmes n'ont point de sévérité complète sans aversion \ (éd. 3.)

i . Dans une lettre qui se trouve parmi celles de Mme de Sévigné (tome III, p. 212, texte et note 8), Mme de la Fayette dit à son amie : « Voici une question entre deux maximes : On pardonne les infidélités, mais on ne les oublie point. — On oublie les infidélités, mais on ne les pardonne point. » Bien que vraisemblablement toutes les deux soient de la Rochefoucauld, elles ne sont pas dans son recueil; nous avons cru néanmoins devoir les rapprocher de celle-ci. — La Bruyère (du Cœur, n° 18, tome I, p. 201) : « Quelque délicat que l'on soit en amour, on pardonne plus de fautes que dans l'amitié. » — Voyez la note de la maxime 385, et la maxime 545.

2. Var. : Il est difficile de demeurer fidèle à ce qu'on aime quand on en est heureux. (Manuscrit.) — Il est plus difficile d'être fidèle quand on est heureux que quand on est maltraité. (167 1 et 1675.) — Voyez la maxime 38 1.

3. « De même que les hommes, » ajoute l'annotateur contemporain. — Voyez les maximes a4l> 277, 295, 334 et 349-

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