‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 172 sur 469 · C'est une conséquence des maximes i43, i44. i46 et 53o · texte numérisé non relu

C'est une conséquence des maximes i43, i44. i46 et 53o

3. Il y a de dans l'un de nos exemplaires de 1678; des dans l'autre (voyez la Notice bibliographique); dans l'édition de 1675 : des; dans celles de 1693 et de Duplessis : de.

4- Var. : Les petits esprits sont blessés des plus petites choses. (Supplément de i6g3, n° 34.)

5. Mme de Sablé (maximes 34 et 66) : « La grandeur de l'entendement embrasse tout.... » — « L'ignorance donne de la foiblesse et de la crainte ; les connoissances donnent de la hardiesse et de la confiance ; rien n'étonne une àme qui connoît toutes choses avec distinction. » — Voyez les maximes 2Ô5, 337, ^5 e* ^23.

tiennes : sans elle, nous conservons tous nos défauts, et ils sont seulement couverts par l'orgueil, qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes \ (éd. £*.)

Les infidélités devraient éteindre l'amour, et il ne faudrait point être jaloux, quand on a sujet de l'être : il n'y a que les personnes qui évitent de donner de la jalousie qui soient dignes qu'on en ait pour elles2. (éd. 4*.)

On se décrie beaucoup plus auprès de nous par les moindres infidélités qu'on nous fait, que par les plus grandes qu'on fait aux autres3, (éd. 4.)

1. Var. : L'humilité est la seule et véritable preuve des vertus chrétiennes, et c'est elle qui manque le plus dans les personnes qui se donnent à la dévotion; cependant, sans elle, nous conservons tous nos défauts, malgré les plus belles apparences, et ils sont seulement couverts par un orgueil qui demeure toujours, et qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes. (Manuscrit.) — Voyez les maximes 33 et la note, 254, 534, 536, 537 et 563.

2. Dans le manuscrit, les deux propositions de la réflexion définitive formaient deux maximes séparées; le Supplément de 1 6g3 (n° a6) ne donne que la dernière : « Il n'y a que les personnes qui évitent de donner de la jalousie qui méritent qu'on en aye (voyez le Lexique) pour elles. » — La Bruyère dit de même, mais avec moins de finesse et d'élégance (du Cœur, n° 29, tome I, p. 2o3) : « Celles qui ne nous ménagent sur rien, et ne nous épargnent nulles occasions de jalousie, ne mériteroient de nous aucune jalousie, si l'on se regloit plus par leurs sentiments et leur conduite que par son cœur. »

3. C'est ainsi, sans doute, que Mme de Longueville s'était beaucoup plus décriée auprès de lui par l'infidélité dont il avait été victime (duc de Nemours), que par l'infidélité plus grande dont il avait profité (duc de Longueville).

CCGLXI

La jalousie naît toujours avec l'amour, mais elle ne meurt pas toujours avec lui', (éd. £.)

La plupart des femmes ne pleurent pas tant la mort de leurs amants pour les avoir aimés, que pour paroître plus dignes d'être aimées2, (éd. 4*-)

CCCLXIII

Les violences qu'on nous fait nous font souvent moins de peine* que celles que nous nous faisons à nousmêmes, (éd. 4*-)

On sait assez qu'il ne faut guère parler de sa femme, mais on ne sait pas assez qu'on devroit encore moins parler de soi*, (éd. 4*.)

1. La Bruyère (des Femmes, n° a5, tome I, p. 177) pense le contraire : « On tire ce bien de la perfidie des femmes, qu'elle guérit de la jalousie. »

2. Var : La plupart des femmes ne pleurent pas tant la perte d'un amant pour montrer qu'elles ont aimé, que pour paroître dignes d'être aimées. (Supplément de i6g3, n° 22). — La maxime 1 53 deMeré ressemble beaucoup à celle de la Rochefoucauld : « Les femmes pleurent la mort de leurs amants, moins par le regret de leur perte, que pour faire croire que leur fidélité mérite de nouveaux amants. » — Voyez la maxime 232.

3. Var. : nous sont quelquefois moins pénibles. (Manuscrit.) — nous font quelquefois moins de peine. (Supplément de 1693, n° 38.) — Voyez la maxime 36g.

4. Var. : On sait assez qu'on ne doit guère parler de sa femme, mais on ne sait pas assez qu'on ne doit guère parler de soi. (Supplé-

Il y a de bonnes qualités qui dégénèrent en défauts quand elles sont naturelles, et d'autres qui ne sont jamais parfaites quand elles sont acquises : il faut, par exemple, que la raison nous fasse ménagers de notre bien et de notre confiance ; et il faut, au contraire, que la nature nous donne la bonté et la valeur1, (éd. 4*.)

ment de i6g3, n° 29.) — Montaigne, qui ne s'est pas fait faute de parler de lui, convient cependant (Essais, livre II, chapitre vi, tome II, p. 68) que « la coutume a faict le parler de soy vicieux. » — On connaît le mot célèbre de Pascal (Pensées, article VI, 20) : « Le moi est haïssable. » — On lit dans la Logique de Port-Royal (3e partie, chapitre xix, § 6, des Sophismes d'amour-propre, édition de 1674,

p. 34 1) : « Feu M. Pascal portoit cette règle (de ne point parler de

soi) jusques à prétendre qu'un honnête homme devoit éviter de se nommer, et même se servir des mots de je et de moi. » — Mme de Sévigné dit de son côté (Lettre du i3 novembre 1687, tome VIII, p. i3o) : « Je sais, et c'est Salomon qui le dit, que celui-là est haïssable qui parle toujours de lui. » — Enfin la Bruyère (de l'Homme, n° 66) vient à l'appui : « Un homme modeste ne parle point de soi. » — Rapprochez des maximes i38, i3g, 3 1 3 et 3 1 4.

1. Var. : On voit des qualités qui deviennent défauts lorsqu'elles ne sont que naturelles, et d'autres qui demeurent toujours imparfaites lorsqu'on les a acquises : il faut, par exemple, que la raison nous fasse devenir ménagers de notre bien et de notre confiance ; et il faut, au contraire, que la nature nous ait donné la bonté et la valeur. (Manuscrit.) — On ne s'explique pas que Duplessis (p. ig3), après dom Bonaventure d'Argonne (Vigneul-Marville, tome I, p. 323 et 324), juge cette pensée obscure ; sans doute, elle est aussi concise que profonde, mais il faut bien qu'elle soit claire, puisque le marquis de Fortia lui-même n'a pas fait difficulté de la comprendre, et en a ainsi rendu le sens : « Celui qui naît économe deviendra facilement avare ; celui qui n'est pas né bon ou courageux ne peut se flatter d'acquérir de la bonté ni de la valeur. » — Vauvenargues (Réflexions sur divers sujets, n' 11, Œuvres, p. 66) : « Nos qualités acquises sont en même temps plus parfaites et plus défectueuses que nos qualités naturelles. » — Vovez la 3e des Réflexions diverses.

GGGLXVI

Quelque défiance que nous ayons de la sincérité de ceux qui nous parlent, nous croyons toujours qu'ils nous disent plus vrai qu'aux autres1, (éd. 4*.)

GCCLXVII

Il y a peu d'honnctes femmes qui ne soient lasses de leur métier5, (éd. 4*-)

GCGLXVIII

La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les cherche pas \ (éd. \.)

CGCLXIX

Les violences qu'on se fait pour s'empêcher d'aimer sont souvent plus cruelles que les rigueurs de ce qu'on aime\ (éd. â.)

1. Var. : Quoique nous ayons peu de créance dans la sincérité, nous croyons toujours qu'on est plus sincère avec nous qu'avec les autres. (Manuscrit.)

2. Var. : Il y a bien d'honnêtes femmes qui sont lasses de leur métier. (Manuscrit, et Supplément de i6o,3,n° 23.) — Ce n'est pas là une maxime, dans le sens du mot, mais un sarcasme, où nous ne retrouvons pas la délicatesse et le bon goût ordinaires de l'auteur.

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