‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 305 sur 469 · Comprendre . » (Edition de M. de Barthélémy · texte numérisé non relu

Comprendre . » (Edition de M. de Barthélémy

4. Le ii avril 1677, contre l'armée française commandée par Philippe Ier d'Orléans, frère unique de Louis XIV. — Cassai, dans l'édition de M. de Barthélémy.

5. Dans ce passage, et dans presque tout le cours de cette longue Réflexion, l'auteur semble avoir pris à tâche de chercher et de développer la preuve de ses maximes 7 et 57.

ti. M. de Barthélémy omet de nouveau.

7. M. de Barthélémy donne : « qui y ont été contraints. » et omet ceux, qui précède ces mots, ce qui fait un double contre-sens.

être attaqué en portant le Roi, son maître, à donner sa nièce au prince d'Orange, et à se déclarer contre la France ; le roi d'Angleterre a cru affermir son autorité dans son royaume par l'appui du prince d'Orange, et il a prétendu engager ses peuples à lui fournir de l'argent pour ses plaisirs, sous prétexte de faire la guerre au roi de France, et de le contraindre à recevoir la paix ; le prince d'Orange a eu dessein de soumettre la Hollande par la protection de l'Angleterre ' ; la France a appréhendé qu'un mariage si opposé " à ses intérêts n'emportât la balance, en joignant l'Angleterre à tous nos ennemis3. L'événement a fait voir, en six semaines, la fausseté de tant de raisonnements : ce mariage met une défiance éternelle entre l'Angleterre et la Hollande, et toutes deux le regardent comme un dessein d'opprimer leur liberté ; le parlement d'Angleterre attaque les ministres 4 du Roi, pour attaquer ensuite sa propre personne ; les états de Hollande, lassés de la guerre et jaloux de leur liberté, se repentent d'avoir mis leur autorité entre les mains d'un jeune homme ambitieux, et héritier présomptif de la couronne d'Angleterre ; le roi de France, qui a d'abord regardé ce mariage comme une nouvelle ligue qui se formoit contre lui, a su s'en servir pour diviser ses ennemis, et pour se mettre en état de prendre la Flandre, s'il n'avoit préféré la gloire de faire la' paix à la gloire de faire de nouvelles conquêtes 5.

i . « Par la protection d'Angleterre. » (Edition de M. de Barthélémy.)

i. « Si contraire. » (Ibidem.) ■ — 3. « A tous ses ennemis. » (Ibidem.)

[\. « Attaqua le ministre. » (Ibidem.)

5. Le mariage de Guillaume d'Orange avec la princesse d'York est de 1678, et la paix de ÏVimègue, dont il est ici question, a été conclue le 10 août de la même année; or la Rochefoucauld étant mort le 17 mars 1680, après d'assez longues souffrances, il est permis de croire que cet intéressant morceau est un des derniers qu'il ait écrits. — Voyez ci-dessus, p. 27^, note 4.

Si le siècle présent1 n'a pas moins produit d'événements extraordinaires que les siècles passés, on conviendra sans doute qu'il a le malheureux avantage de les surpasser2 dans l'excès des crimes. La France même3, qui les a toujours détestés, qui y est opposée par l'humeur de la nation % par la religion, et qui est soutenue par les exemples du prince qui règne, se trouve néanmoins aujourd'hui le théâtre où l'on voit paroître tout ce que l'histoire et la fable nous ont dit des crimes de l'antiquité5. Les vices sont de tous les temps ; les hommes sont nés avec de l'intérêt, de la cruauté et de la débauche ; mais si des personnes que tout le monde connoît avoient paru dans les premiers siècles, parleroit-on présentement des prostitutions d'Héliogabale, de la foi des Grecs6, et des poisons et des parricides de Médée7?

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