‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 325 sur 469 · Rapprochez de la maxime i · texte numérisé non relu

Rapprochez de la maxime i

7. « — que cette admiration, que l'amour d'une vaine gloire, et que des sentiments d'orgueil. » (Édition de i6g3.)

8. « .... mais si je les voulois citer régulièrement, je m engagerais peutêtre à des choses qui ne seroient pas de votre goût. » (Ibidem.)

Et dans le propre amour dont l'homme est revêtu, Il se rend criminel, même par sa vertu.

(Brébeuf, Entretiens solitaires * .)

S'il faut néanmoins demeurer d'accord que vos amis ont le don de cette foi vive qui redresse toutes les mauvaises inclinations de l'amour-propre, si Dieu leur fait des grâces extraordinaires, s'il les sanctifie dès ce monde, je souscris de bon cœur à leur canonisation2, et je leur déclare que les Réflexions morales ne les regardent point. Il n'y a pas apparence que3 celui qui les a écrites en veuille4 à la vertu des saints; il ne s'adresse, comme je vous ai dit, qu'à l'homme corrompu : il soutient qu'il fait presque toujours du mal quand son amour-propre le flatte qu'il fait le bien3, et qu'il se trompe souvent lorsqu'il veut juger de lui-même5, parce que la nature ne se déclare pas en lui sincèrement des motifs qui le font agir. Dans cet état malheureux7, ou l'orgueil est l'âme de tous ses mouvements, les saints mêmes sont les premiers à lui déclarer la guerre, et le traitent plus mal, sans comparaison, que ne fait l'auteur des Réflexions*. S'il vous prend quelque jour envie de voir les passages que j'ai trouvés dans h-urs écrits sur ce sujet9, vous serez aussi persuadé que je le suis de cette vérité ; mais je vous supplie de vous contenter à présent de ces vers, qui vous expliqueront une partie de ce qu'ils en ont pensé :

Le désir des honneurs, des biens et des délices, Produit seul ses vertus, comme il produit ses vices,

i. Nous reproduisons l'indication marginale de l'édition de i665, mais nous avons inutilement cherché ces vers, ainsi que ceux qui commencent au bas de cette pat;e, dans les Entretiens solitaires de Brébeuf. Nous ne les avons trouvés ni dans l'édition originale de 1660, ni dans celles de 1666, de 1669, de 1670. — Voyez plus loin i' Amour-propre, ode de la Motte.

2. L'édition de 1693 supprime tout ce passage, depuis : « Je pense donc que

le meilleur » (:4e ligne de la page précédente), par conséquent la citation

de Brébeuf, et donne à la place : Heureux, et trois fois heureux les hommes doués de cette foi vive et soutenus de cette grâce divine qui redressent toutes les mauvaises inclinations de l'amour-propre ! Si Dieu fait à vos amis ces dons extraordinaires, s il les sanctifie dès ce monde, je souscris de bon cœur à leur sanctification. »

3. « et je les assure ([ne les Réflexions morales En effet, il n'y a

pas d'apparence que » (Edition de 1693.)

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