AVANT-PROPOS
Cet Appendice de notre tome I des Œuvres de la Rochefoucauld est relatif, presque en entier, à la critique et constitution du texte des Maximes et à la bibliographie. Ce qui y a donné lieu, ce sont, d'une part, des découvertes postérieures à la publication de ce tome I, qui a paru il y a quinze ans, en 1868, et, d'autre part, une difficulté qui s'est élevée pour nous, à notre grande surprise, quand nous avons eu à examiner comparativement, à l'occasion de deux de ces découvertes, les variantes du manuscrit cité par M. Gilbert dans son commentaire.
Le contenu de ce petit volume annexe est : Pour les Maximes, 1° Le triple relevé des variantes :
à) du manuscrit autographe qui est aujourd'hui à Liancourt1 et appartient au chef de la famille, M. le duc de la Rochefoucauld;
b) de la copie portant la date de i663, qui est à la Bibliothèque nationale;
c) de l'édition de Hollande de 1664, que M. Willems a le premier fait connaître.
II0 Les Maximes inédites que fournissent ces trois sources.
III0 L'étude de M. Willems sur l'édition de 1664.
IV0 Les leçons, corrigées dans les exemplaires de second état des Maximes, ou, au moyen de cartons, dans ceux de premier état.
Y" Des tableaux de concordance rendant possible et facile la comparaison des divers textes.
VI0 Pour les Réflexions diverses, les variantes et une longue addition inédite à la Re' flexion xfii, que nous a données la collation d'un manuscrit, non mis à profit jusqu'à présent, qui appartient à M. le duc de la R.oche-Guyon, et qui a été trouvé, tout récemment, dans sa bibliothèque du château de ce nom.
VII0 Trois autres morceaux, tirés du même manuscrit, que nous croyons également inédits, et qui sont probablement de l'auteur des Maximes.
VIII0 Une rédaction inédite, trouvée à la Bibliothèque nationale, du Portrait du cardinal de Retz (tome I, p. i5-2i); et un petit nombre de variantes, sans importance, fournies aussi par le manuscrit de la Roche-Guyon, pour le même Portrait, dont l'attribution à la Roche-
1. Nous le désignons souvent, dans les comparaisons qui vont suivre, par l'abréviation Ms. L. ou simplement L., et ceux, dont il va être question, que MM. de Barthélémy et Gilbert appellent chacun leur « manuscrit autographe de la Roche-Guyon », par Ms. B., Ms. G. ou simplement B., G.
n APPENDICE DU TOME 1.
foucauld serait encore confirmée, s'il en était besoin, par l'insertion d'une copie de cette pièce dans ce volume manuscrit qui paraît bien ne contenir que de ses écrits.
IX0 La Notice bibliographique de toutes les Œuvres. Nous l'ajoutons à cet Appendice, avec lequel elle cadre bien, parce qu'elle eût trop grossi le tome I, où notre premier dessein avait été de la mettre à la suite de la Notice biographique.
X° Les Additions et Corrections pour tous les volumes des OE uvres.
Ce que nous avons à dire sur la partie la plus importante de la section I de l'énumération qui précède, à savoir au sujet des Variantes du manuscrit autographe, étonnera sans doute le lecteur et bous a fort étonnés nous-mêmes. Nous n'avons rien négligé pour parvenir à élucider les faits, mais n'avons pu y réussir comme nous l'aurions voulu. Nous allons les exposer avec toute la netteté que laisse possible l'obscurité énigmatique de ce que nous avons à dire.
11 se trouve qu'il y a trois manuscrits honorés chacun du nom de « manuscrit autographe, » un par M. le comte Edouard de Barthélémy, un par feu M. Gilbert, et un par nous. Les deux manuscrits employés par eux diffèrent l'un de l'autre et plus encore du notre, de celui que nous nommons, du lieu où il est maintenant, « de Liancourt ».
M. Gilbert mentionne dans ses notes, comme données par son autographe, ioo maximes qui manquent au nôtre, et ne dit mot de 87 autres que celui-ci contient et qu'il est impossible de supposer absolument identiques, dans sa source à lui, avec le texte définitif: ce qui seul pourtant nous en pourrait expliquer l'omission. Pour celles qui sont dans les deux sources, la sienne et la nôtre, les dissemblances de texte sont très-nombreuses et très-notables : il sera facile d'en apprécier et la quantité et l'importance en comparant son commentaire du tome I avec le relevé, qui suit cet Avant-propost des variantes du manuscrit de Liancourt. Nous ne parlons pas de l'ordre où les maximes sont rangées : M. Gilbert ne l'indique point.
La source où a puisé M. de Barthélémy ne nous intéresse point ici pour les mêmes motifs que celle de l'éditeur de notre tome I, M. Gilbert. Mais, en qualité de bibliographes et d'historiens du texte des Maximes, nous avons à en tenir compte comme ayant fourni une édition antérieure à la nôtre et curieuse à comparer avec notre source, à nous, le manuscrit de Liancourt. Les divergences sont considérables; elles consistent : i° dans le nombre des maximes; le manuscrit de M. de Barthélémy lui en a donné 25g1, et à nous le nôtre 275; il a trouvé dans le sien, de plus que nous dans le nôtre, 5 maximes, et, de moins que nous, 212; i° dans l'ordre où elles sont
1. Il marque, par inadvertance, deux maximes du chiffre 99 ; mais, par compensation, il répète, sous les chiffres i\ et 233, une même maxime.
a. Nous avons, pour notre travail de rapprochement, fait dresser des tableau^ comparatifs, propres à nous répondre de l'exactitude de no» calculs.
AVANT-PUOPOS. ni
rangées1; 3°, un peu moins toutefois que pour celui de M. Gilbert, dans de fort nombreuses et souvent fort grandes diversités de texte.
Quelques chiffres et quelques exemples suffiront à donner une idée de la différence. Nous avons relevé, dans les cinquante premières maximes de M. de Barthélémy, en n'y comprenant pas sa 16e (notre dlxiu''), 56 dissemblances, et, dans sa 16e seule, 22. Nous nous bornerons à citer comme exemples les cinq maximes que voici, choisies de côté et d'autre dans tout l'ouvrage :
Pour notre Maxime vin, le Ms. L. (n° 121) a de plus que le ms. B. {n° 19) toute cette lin de phrase : « et l'homme le plus simple qui sent persuade mieux que celui qui n'a que la seule éloquence. »
De même, pour notre Maxime ccxxxvi (B. 223), il manque à M. de Barthélémy (qui fait suivre de points les mots et plus, comme trouvant dans son texte une phrase inachevée) cette fin du Ms. L. (n° 48) : « [et plus] abondant; c'est un désintéressement qu'il met à une furieuse usure; c'est enfin un ressort délicat avec lequel il remue, il dispose et tourne tous les hommes en sa faveur. »
Maxime xvn (Ms. L. 72) : « La modération dans la bonne fortune est le calme de notre humeur adoucie par la satisfaction de l'esprit. » — Ms. B. (n° i5) : « La modération des personnes heureuses est le calme de leur humeur adoucie par la possession du bien. »
Maxime lxxxviii (Ms. L. 102) : « car nous voyons un amoureux, .agité de la rage où l'a mis un visible oubli ou infidélité découverte, conjure[r] le Ciel et les Enfers contre sa maîtresse, et néanmoins, etc. » — Ms. B. (n° 19-) : « car nous voyons un amoureux, agité de la rage où l'a mis l'oubli et l'infidélité de ce qu'il aime, méditer pour sa vengeance tout ce que cette passion inspire de plus violent. Néanmoins, etc. »
Maxime dlxiu (Ms. L. 89) : « Il (l'amour-propre) passe même
dans le parti des gens de piété qui lui font la guerre Il ne faut
donc pas s'étonner s'il se joint à la plus sévère piété.... Quand on pense qu'il quitte son plaisir, il le change seulement en satisfaction. » — Ms. B. (n° 16) : « Il passe même dans le parti des gens qui lui font la guerre.... Il ne faut donc pas s'étonner s'il se joint
quelquefois à la plus rude austérité Quand on pense qu'il quitte
son plaisir, il ne fait que le suspendre ou le changer. »
Si maintenant nous comparons entre elles la source de M. Gilbert et celle de M. Barthélémy, le premier donne les variantes de 97 maximes qui manquent chez le second et ne fait nulle mention
1. Voici la concordance ou plutôt la non-concordance de l'ordre et du numérotage des dix premières :
Bjrtli. Liane. Barth. Lime.
a 2<pi 7 184
Et les différences continuent ainsi jusqu'au bout.
iv APPENDICE DU TOME I.
de 88 des 25g de celui-ci. Des maximes qu'ils donnent tous deux 91 sont de texte identique et 87 diffèrent. Nous n'avons point à entrer ici dans tout le détail des dissemblances. Il y en a çà et là qu'on peut dire énormes. Ainsi, pour notre Maxime ccli (B. 23 i), le texte de M. Gilbert est : « Il y a des personnes.... qui sont dégoûtantes malgré toutes les bonnes qualités; » celui de M. Barthélémy : « disgraciées de leurs bonnes qualités; » pour notre Maxime xxn (B. 48), M. Gilbert : « La philosophie ne fait des merveilles que contre les maux passés ou contre ceux qui ne sont pas prêts d'arriver, mais elle n'a pas grande vertu contre les maux présents ; » et M. de Barthélémy : « La philosophie triomphe aisément des maux passés et de ceux qui ne sont pas près d'arriver, mais les maux présents triomphent d'elle; » pour notre Maxime ccxli (B. 227), M. Gilbert : « La coquetterie est le fond et l'humeur de toutes les femmes, mais toutes ne la mettent pas en pratique, parce que la coquetterie de quelques-unes est retenue par la crainte ou par la raison; » et M. de Barthélémy : « La coquetterie est le fond de l'humeur de toutes les femmes, mais toutes en ont l'exercice, parce que la coquetterie de quelques-unes est arrêtée et renfermée par leur tempérament et par leur raison ».
Pour ces trois maximes, le texte de M. de Barthélémy est conforme à celui des nos 98, 174 et 124 de Liancourt, à deux variantes près dans la dernière (ccxli) : « en ont l'exercice » pour « n'en ont pas l'exercice, » leçon impossible; et « renfermée » au lieu d' « enfermée ». Pour la première et la seconde (ccli et xxu), le texte de M. Gilbert n'est nulle part que chez lui; pour la troisième (ccxli), sa source est conforme, sauf « le fond et l'humeur » pour « le fond de l'humeur, » à l'édition définitive de 1678.
Nous croyons en avoir dit plutôt trop que pas assez pour mettre hors de doute que les trois textes, celui de l'édition de M. de Barthélémy, un second à constituer d'après les variantes relevées en note par M. Gilbert dans notre tome I, et enfin celui du manuscrit de Liancourt, sortent de trois sources bien distinctes. La comparaison avec les nombreux autographes qui ont été conservés de la Bochefoucauld nous permet d'affirmer que le manuscrit de Liancourt est bien de sa main. MM. de Barthélémy et Gilbert affirment, de leur côté, que les leurs sont également de son écriture.
J'ai coutume, malgré ma confiance en mes collaborateurs, de tenir à me bien rendre compte par moi-même et de mes yeux, pour peu qu'il soit possible, de la constitution des textes, à examiner de près les originaux collationnés. Mais, dans le temps de l'impression des Maximes, après la collation faite par M. Gilbert, il m'eût paru indiscret de demander au possesseur d'alors du précieux manuscrit, M. le duc de la Bochefoucauld, aïeul du chef actuel de la famille et père de M. le duc de la Boche-Guyon, une communication nouvelle, qui, à ses yeux, eût été une grande et inutile faveur impliquant, sans motif, un défiant besoin de contrôle. Je devais, et le fis, m'en rapporter à M. Gilbert de la comparaison de l'autographe avec notre texte définitif, de 1678, et accessoirement avec l'édition de M. de Barthélémy.
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D après ce que m'avait dit le feu duc de la Rochefoucauld que je viens de nommer, quand, dans une visite dont je vais parler, il me montra le manuscrit de Liancourt, et ce que confirment aujourd'hui, comme étant la tradition de la famille, son fils puîné Al. le duc de la Roche-Guyon et, puis-je ajouter, Mme la duchesse, ainsi que leur fils aîné M. le comte Pierre de la Rochefoucauld, j'étais bien convaincu, et devais l'être, qu'il n'existait qu'un seul manuscrit des Maximes écrit de la main de l'illustre auteur antérieurement à l'impression : rien absolument ne pouvait me faire ou laisser supposer qu'il y en eût deux autres.
Or il y a, je l'atteste, toute certitude que ce manuscrit qui m'avait été déclaré unique et montré comme tel, et dont l'authenticité est rendue indubitable par les rapprochements, dont j'ai parlé, avec d'autres autographes, et par une note écrite en tête du volume par une personne évidemment bien informée, que ce manuscrit, dis -je, est bien celui que, depuis l'impression de notre tome I, M. le duc actuel de la Rochefoucauld a eu, par deux fois, la bonté de nous communiquer et dont nous avons tiré les variantes données dans cet Appendice. Il a été transporté, en 1870, de la Rochc-Guyon à Liancourt, où, il y a plusieurs années, dans la visite mentionnée plus haut, je l'avais, sans en rapprocher alors le texte des notes de M. Gilbert, attentivement examiné au dedans et au dehors, pris copie de la note initiale, rédigé une description minutieusement exacte, lesquelles sont reproduites ci-après, note et description, dans la Notice bibliographique. C'est pour pouvoir le comparer de près à l'édition hollandaise de 1664 que j'ai, il y a peu de temps, 'témoigné le désir, qui a été obligeamment satisfait, d'avoir le respectable volume à ma disposition pendant quelques jours; et alors j'en ai tout reconnu entièrement conforme à mes souvenirs, intérieur et extérieur, la note initiale, la suite des morceaux, l'écriture, la reliure de parchemin, tout, en un mot, tel qu'il est décrit ci-après, p. 107-108. lit, de son côté, M. le comte Pierre de la Rochefoucauld nous dit se rappeler très-bien qu'il le voyait, ainsi relié en vieux parchemin, enfermé dans une vitrine placée au milieu de la table de la bibliothèque de la Roche-Guyon, et sur laquelle son grand-père prenait plaisir à attirer son attention.
Voilà donc tout parfaitement éclairci au sujet du manuscrit que nous nommons « de Liancourt » et d'où est extraite la première série de variantes de cet Appendice. Il reste maintenant à se demander : « Que sont et où sont les manuscrits de MM. de Rarlhélemy et Gilbert ? » Aidés de toute la bonne volonté des nobles propriétaires de Liancourt et de la Roche-Guyon, nous n'avons rien négligé pour retrouver ces deux textes. Tout récemment, mon fils est allé successivement à l'un et l'autre château et y a cherché dans les bibliothèques et partout, vu un à un tous les volumes : à Liancourt, libéralement autorisé par M. le duc de la Rochefoucauld, et en compagnie d'un de nos collaborateurs; à la Roche-Guyon, avec M. le comte Pierre de la Rochefoucauld, qui a bien voulu diriger lui-même la recherche. Dans les deux endroits, l'enquête a été abso-
lument vaine : on n'a trouvé de manuscrit des Maximes que le nôtre, le manuscrit nommé par nous « de Liancourt, » nul autre autographe, nulle autre copie de cet ouvrage.
A supposer, ce qui est, nous dit-on, on ne peut plus invraisemblable, que les deux volumes, deux bien distincts, jadis collationnés à la ttoche-Guyon par M. de Barthélémy et ensuite par M Gilbert, aient depuis disparu, aient été soit détruits, soit dérobés, il demeure toujours, d'abord bien étonnant que la famille ait possédé, et cela sans le savoir, sans qu'elle en ait gardé nul souvenir, une triple rédaction autographe des Maximes, puis à peu près inexplicable que, par hasard, sans dessein de faire une différence dans les communications, l'un des deux manuscrits aujourd'hui introuvables ait été communiqué à M. de Barthélémy', l'autre à M. Gilbert, et enfin à nous un autre encore, un troisième, qui heureusement, avec tous les caractères, nous l'avons dit, de parfaite authenticité, est toujours visible et tangible et d'existence bien actuelle.
Malgré cet étonnement, cette difficulté d'expliquer, il est impossible de révoquer en doute ce fait, que ces deux honorables érudits ont eu à leur disposition deux textes différents du nôtre et différents entre eux, d'où l'un a tiré son édition, l'autre ses variantes; et nous nous trouvons réduits à dire qu'il y a là une singulière énigme : en vain nous en avons cherché, en cherchons encore le mot; nous serions heureux que de façon ou d'autre le jour se fît.
Nous n'avons pas à nous étendre sur la plupart des autres parties de Y Appendice. Ce qui est à en dire se trouve soit dans l' en umé ration par laquelle commence cet Avant- propos, soit dans les courtes notices et dans les notes qui accompagnent chacune de ces parties. Nous ne nous arrêterons un peu que sur les sections VI et VII, les Morceaux que nous croyons inédits.
Pour achever d'abord ce qui concerne la section I, les Variantes des Maximes, on a vu qu'il y en avait un triple relevé. Outre le manuscrit autographe de Liancourt, dont nous ne savons point la date, mais dont la rédaction a suivi probablement d'assez près le temps des billets échangés avec Mme de Sablé qui sont dans la ire partie du tome III et qui pourraient bien être, pour la plupart, de 1639, 1660, 1661, il nous a paru intéressant de donner le moyen de rapprocher de la ire édition, de iG65, deux textes portant les dates des deux années immédiatement précédentes, l'un, manuscrit, de i663, l'autre, imprimé, de 16642, dates qui sans doute ne marquent
1. On a tiré, nous écrit-il, le manuscrit, pour le mettre, sur place, à sa disposition, de cette vitrine dont, de son côté, nous a parlé M. le comte Pierre de la Rochefoucauld.
2. Voyez, au sujet de l'un et de l'autre de ces anciens textes, la Votice bibliographique,, p. 110 (11° 4) et 117, et, pour le second, la section III de cet Appendice. — Le manuscrit de i663 est plein de fautes, mais de fautes qui. sauf certaines omissions, sont faciles à corriger et ne cachent ni ne dénaturent l'ancienne rédaction dont il est la copie et qui, du
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pas le temps de la composition de chacun d'eux, mais nous font remonter, ainsi que le volume autographe de Liancourt, au delà de l'impression avouée et voulue par la Rochefoucauld. Ils appartiennent donc tous trois à l'époque que nous pouvons nommer de première élaboration, et, par les différences qui les distinguent, nous montrent combien l'auteur a travaillé sa pensée et son style, quelle peine il avait à se contenter. C'est, au reste, ce que confirment, comparées entre elles, les cinq éditions mises au jour par l'auteur, de i665 à 1678.
Nous avons une autre preuve de sa sévère attention, de son besoin de perfection, dans les remaniements et les tirages divers d'une même édition, les changements faits pendant l'impression, les exemplaires de premier et de second état de i665 (un de premier état de 1675). les corrections au moyen de cartons, en un mot dans l'espèce de variantes qui fait l'objet de notre IVe section (ci-après, p. 6i-65).
Nous croyons qu'on nous saura gré de la IIIe, qui est la reproduction de l'étude de M. Willems sur une de nos sources de variantes, l'édition hollandaise de 1664, qu'il a le premier, nous l'avons dit, fait connaître1. Il nous a gracieusement autorisé à réimprimer cette étude. Elle garde un véritable intérêt et demeure un modèle en son genre, bien que la substitution du manuscrit de Liancourt à celui de M. Gilbert y puisse paraître désirable, et que, tout au moins, le compte à tenir maintenant de cet autographe nouvellement collationné rende opportunes quelques modifications et additions que l'auteur a bien voulu nous permettre de faire en note2.
reste, ainsi que celle de i664, a beaucoup de ressemblance avec celle du manuscrit de Liancourt.