‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 384 sur 469 · Voyez ci-après la Notice bibliographique, p. 117, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-après la Notice bibliographique, p. 117, note

2. A l'occasion de cette étude de M. Willems, il convient d'en mentioner une autre que M. F. -A. Aulard, professeur à la Faculté de Poitiers, a insérée dans le Ier numéro (janvier i883) du Bulletin mensuel de cette faculté, sous ce titre : La Première édition des Maximes de la Rochefoucauld, étude bibliographique et littéraire. Ce n'est pas le lieu d'examiner les conjectures de M. Aulard sur le Discours préliminaire de l'édition de i6b5 ; l'étude est intéressante à lire, et l'on ne peut que savoir très-bon gré à l'auteur d'avoir appelé l'attention des étudiants sur l'utilité de la bibliographie, sur « les renseignements précis » qu'elle peut apporter à la critique (p. 26). Seulement je lui demanderai si lui-même croit avoir été précis, et juste, ajouterai-je, lorsqu'il reproche, comme une « erreur grave, » à M. Gilbert d'avoir ignoré, en 1868, l'édition elzevirienne de i664, sans ajouter combien cette ignorance était alors pardonnable. C'est en 1879 que M. Willems, dans le petit Mémoire que nous réimprimons, a le premier révélé l'existence du livret hollandais, que, l'année suivante, il a enregistré, sous le n° 8&C) (p. 222), dans son magnifique ouvrage des Elzevier (Bruxelles, 1880). Jusqu'ici on ne connaît ou du moins n'a fait connaître que deux exemplaires de celte édition a. M. Rochebilière a fait mystère du sien à nous, à tous peut-être, et par aucun autre possesseur, s'il en est, on n'avait absolument rien appris, au moment où pa-

a Ce' a était vrai quand j'écrivais cet Avant-propos. Le catalogue mensuel delà librairie Durel, de mars iS83, en a annoncé un troisième, qui, je le sais, est déjà vendu.

Demeurée vaine pour son objet, la recherche, dont nous avons parlé, faite au château de la Roche-Guyon, a eu un fruit inattendu, dont il est dit un mot déjà au commencement de cet Avant-propos, au sujet des sections VI à VIII de X Appendice. Mon fds a eu la bonne fortune d'y trouver une copie, non mise à profit jusqu'ici, des Réflexions diverses, complète moins deux. Sans parler des variantes et d'une curieuse addition inédite, sur le projet de mariage de Mademoiselle et de Lauzun, qu'elle nous fournit pour ces Réflexions, elle nous donne, outre une transcription du Portrait de Retz, avec quelques leçons différant de notre texte du tome I, trois morceaux dont l'attribution à la Rochefoucauld est rendue bien vraisemblable par leur présence dans ce volume où il n'y a rien du reste qui ne soit de lui, et où il nous semble qu'ils ne font disparate ni par la nature et le tour des idées ni par le style. M. le duc de la Roche-Guyon a bien voulu nous permettre d'en enrichir notre édition. Nous les croyons inédits et, les ayant communiqués à deux érudits qui, plus que personne, ont pratiqué le dix-septième siècle et connaissent ce qui nous en reste, MM. de Roislisle et ïamizey de Larroque, ils nous ont dit ne pas se souvenir de les avoir rencontrés ailleurs. Notre collaborateur et ami M. Paul Mesnard, dont la mémoire a aussi, en

raissait notre tome Ier. C'est, je le suppose, ce que 31. Aulard ne savait pas \ le sachant, il l'eût dit et excusé l'inévitable inexactitude qu'il relevait.

Qu il me permette de lui signaler aussi, au début de son étude (p. 27), ce passage, qui n'est pas non plus juste, ce me semble, et même doit mal rendre sa pense'e : « Dire que les Maximes parurent en i665, comme on le lit presque partout, même dans le la Rochefoucauld de la collection des Grands Ecrivains, c'est donner une idée peu juste de l'époque exacte où ces Maximes furent composées, connues et même, comme on va le voir, imprimées. » Dater de i665 la première édition de l'ouvrage, et en 1868 M. Aulard l'eût datée de même, est-ce dire, ce que sa phrase donne à penser, que cet ouvrage n'a été composé et connu que cette année-là? M. Gilbert remettait à la Notice biographique l'histoire de la composition des Maximes, qui avait tenu une si grande place dans la vie de l'auteur; mais, dès la courte préface dont elles sont précédées dans notre tome I, il avait renvoyé aux billets qui devaient être insérés, et l'ont été, dans la ire partie du tome III, aux papiers de Mme de Sablé, et M. Gourdault, qui a écrit, après la mort de M. Gilbert, la biographie, a soin de dire là (p. lxxii) qu' « il y avait hien six ou sept ans que la Rochefoucauld travaillait à ses Maximes lorsqu'il se résolut à les publier. » M. Aulard me saura gré, je pense, de rectifier, en le complétant, un autre endroit (p. 34). A la manière dont il parle de la 2de partie mise en vente par Rarbin en 1678, il est impossible de deviner que les 107 maximes nouvelles qu'elle contient ne se trouvent pas là seulement, mais aussi, chacune à sa place, dans la 5e édition publiée en cette même année 1678, que le volume supplémentaire n'est point une addition à cette dernière, mais un complément honnêtement olfert par le libraire aux possesseurs des deux précédentes, la 3e, de 167 1, et la 4e, de 1675 : voyez les n°' 466 et 467 du Catalogue de la vente Rochebilière par M. Claudin, et la Notice bibliographique, ci-dessous, p. 121, à la suite du n° 5. Il existe des exemplaires de la 3e édition (1^71) où, à l'époque même, a été joint le supplément de 1G78 ; tels sont les n0B 461 et 462 du même catalogue.

AVANT-PROPOS. ix

ce qui touche cette époque, grande autorité, ne se rappelle pas non plus les avoir vus. Comme son goût n'en a pas moins, nous lui avons demandé s'il pensait, comme nous, qu'ils fussent de la Rochefoucauld. Il nous a envoyé, en réponse, un avis fort bien motivé, que nous nous félicitons de pouvoir reproduire :

« Le volume manuscrit où se trouvent les trois morceaux ne contenant que des écrits de la Rochefoucauld, on ne pourrait douter qu'il en soit l'auteur que si le style n'en était pas digne de lui. Loin de là, il n'y a qu'un excellent écrivain qui puisse s'exprimer en si bon langage, il faut reconnaître une des premières plumes du dixseptième siècle; et à quelle autre qu'à celle de la Rochefoucauld serait-il possible de penser ici ?

« Il se peut qu'il ait écrit deux de ces pièces, celles de Mme de Montes pan et du Comte d Harcourt, avec intention de les insérer dans la Réflexion xvn, des Evénements de ce siècle. La date un peu tardive (1675) de la retraite de Mlle de la Vallière aux Carmélites, dont il est parlé dans la première, n'est point une objection, puisqu'il s'agit dans cette Réflexion xru d'événements de 1677 et de 1678. La maligne interprétation de cette retraite, attribuée à la faiblesse plus qu'à la dévotion, et le trait final, dont la pointe est finement aiguisée, semblent bien déceler la main de l'auteur des Maximes et confirmer la vraisemblance de l'attribution.

« Les Remarques sur les commencements de la vie du cardinal de Richelieu, qui a déjà son article, tout autre, dans la Réflexion xm (tome I, p. 334 et 335), sont d'un esprit habitué à fronder, et d'un homme qui regardait volontiers les actions humaines du moins beau côté.

« Mais le morceau où la Rochefoucauld paraît avoir le plus évidemment imprimé son cachet , est celui du Comte d'Harcourt. Outre qu'il devait parler ainsi d'un des chefs du parti contraire, tout ce qui est dit de la fortune, cette manière de la personnifier, le rôle qui lui est donné dans les affaires humaines, sont bien aussi de l'auteur des Maximes et des Mémoires, et rappellent plus d'un passage des tomes I et II. » Nous les indiquerons dans les notes dont nous accompagnerons cette pièce.

A la section VII nous joignons, en addition à la ire partie de notre tome III, une Lettre à Mlle de Scudéry, récemment publiée : voyez ci-après, p. 98, la notice que nous avons placée en tête.

Dans la IXe section, Notice bibliographique, toute la première partie, relative aux manuscrits, est le fruit de nos propres recherches. La plupart des éléments de la seconde, celle des imprimés, ont été réunis, sauf ce qui concerne les premiers numéros des Mémoires et des Maximes, par M. Pauly, conservateur sous-directeur adjoint à la Bibliothèque nationale, que nous avons eu déjà à remercier, plus d'une fois, de semblable collaboration, et dont on connaît la compétence en pareille matière et la soigneuse exactitude. On verra ce que nous devons, pour les plus anciennes éditions, à M. Willems, et le profit que nous avons tiré du catalogue, rédigé par M. Claudin La Rochefoucauld, i s.

x APPENDICE DU TOME I.

et qui lui fait grand honneur, de la vente Rochebilière. Notre liste des traductions des Maximes a été enrichie d'un bon nombre de titres par d'obligeantes communications de M. Emile Picot, par l'opuscule de M. le marquis de Granges de Surgères dont on trouvera l'intitulé complet ci-après, p. i44- n° 20, et par l'article que M. Picot a consacré à cet opuscule dans le numéro du %3 avril de la Revue critique d'histoire et de littérature, p. 33o-33a.

Nous regrettons fort que cet appendice ait été rendu, en partie, nécessaire par l'énigme, longuement exposée plus haut, que présente et laisse à deviner, non, grâce à Dieu, notre texte des Maximes, trèsexactement constitué, tant pour les définitives que pour les posthumes et les supprimées, mais le commentaire de M. Gilbert, ou, pour mieux dire, seulement, dans ce commentaire, les citations empruntées à ce qu'il appelle « le manuscrit autographe. » Ce regret exprimé, on reconnaîtra avec nous, je pense, que du mal est sorti un bien, et que ce fascicule annexé aux œuvres, intéressant, à divers égards, par son contenu, forme un utile ensemble de critique et de bibliographie.

Juin i883.

Ad. ReGNIEB.

Cet Avant-propos était imprimé, n'attendant plus que le bon à tirer, lorsque nous avons appris l'existence d'un manuscrit appartenant à M. Damascène Morgand, libraire-éditeur, et contenant une copie, du dix-huitième siècle, i° des Maximes de la Rochefoucauld, a0 de ses Réflexions diverses, 3° d'un petit traité intitulé de l'Inconsistance, que l'on ne peut pas attribuer à notre auteur et qui pourrait bien être l'œuvre du président Denis Talon.

M. Morgand, que nous prions d'agréer nos sincères remercîments, a bien voulu mettre ce manuscrit à notre disposition, en nous autorisant à le collationner et en tirer tout le parti que nous jugerions utile pour notre édition. Nous le décrivons dans notre Notice bibliographique (ci-après, p. 108 et 109, B, n" 2 ; et p. 111, G, n° 3), et disons là le résultat de notre collation en ce qui touche le texte soit des Maximes, soit des Réflexions diverses. Nous nous contenterons d'avertir ici d'avance que la comparaison ne nous a rien fourni qu'il eût été important de noter, soit au tome I, soit dans les sections de X Appendice qui se rapportent à ces deux textes. Ce qui donne un grand prix à ce manuscrit, c'est que sa première partie est la seule copie dont jusqu'ici nous ayons eu connaissance, et une copie trèsfidèle, du manuscrit autographe des Maximes que nous nommons de « Liancourt, » et dont les variantes sont relevées dans la section I de cet Appendice.

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