CCLXVIII
Ms. aut. — Nous récusons tous les jours des juges pour les plus petits intérêts, et nous commettons notre gloire et notre réputation, qui est la plus importante affaire de notre vie, aux hommes, qui nous sont tous contraires, ou par leur jalousie, ou par leur malignité, ou par leur préoccupation, ou par leur sottise, ou par leur injustice; et c'est pour obtenir d'eux un arrêt en notre faveur que nous exposons notre vie, et que nous la condamnons à une infinité de soucis, de peines et de travaux.
Ms. i6G3. — Conforme au manuscrit autographe, sauf cette variante : « pour le plus petit intérêt ».
Ms. aut. — La jeunesse est une ivresse continuelle : c'est la fièvre de la santé, c'est la folie de la raison.
CCLXXI II
Ms. aut. — Il y a des hommes que l'on estime, qui n'ont pour toutes vertus que des vices qui sont propres à la société et au commerce de la vie.
Ms. aut. — La nature, qui se vante d'être toujours sensible, est, dans la moindre occasion, étouffée par l'intérêt.
Ms. i663. — Conforme au manuscrit autographe, sauf cette variante : « étouffée par un intérêt. »
Edit. 1664. — Conforme au manuscrit autographe.
Ms. aut. — La magnanimité est assez définie par son nom; on pourroit dire toutefois que c'est le bon sens de l'orgueil, et la voie k» plus noble qu'il' ait pour recevoir des louanges.
Ms. aut. — Qui ne rinoit de la modération, et de l'opinion qu'on a conçue d'elle? Elle n'a garde, ainsi qu'on croit, de combattre et de soumettre!.'ambition, puisque jamais elles ne se peuvent trouver ensemble, la modération n'étant véritablement qu'une paresse, une langueur et un maiiijue de courage : de manière qu'on peut justement dire que la modération est la bassesse de l'âme, comme l'ambition en est l'élévation.