On connaît les vers de Saint-Evremond
J'ai vu le temps de la bonne Régence, Temps où régnoit une heureuse abondance, Temps où la ville aussi bien que la cour Ne respiroient que les jeux de l'amour.
(Épître à Ninon de l'Enclos, Œuvres mêlées de Saint- Evremond, édition de M. Giraud, tome II, p. 53g.)
3. « On pourrait donner à chacune des quatre périodes de la vie de M. de la Rochefoucauld le nom d'une femme, comme Héro-
lxviii NOTICE BIOGRAPHIQUE
blé, la Parthénie du Grand Cyrus, dans le salon de laquelle il fait ou trouve en grande partie ses Maximes, puis la comtesse de la Fayette, auprès de laquelle il les revoit et les corrige dans une intimité de quinze années.
Dès 1609, la marquise de Sablé, atteinte de cette mélancolie janséniste qui s'emparait, comme une sorte de pieuse contagion, des grandes dames du temps, avait quitté la place Royale, où elle recevait l'élite de la société lettrée, pour se retirer au faubourg Saint-Jacques, à Port-Royal de Paris, dans un corps de logis qu'elle s'était fait bâtir, « à la fois séparé du monastère, et renfermé dans son enceinte1. » Là elle sut mêler agréablement les devoirs du monde à ceux de la piété. A part certains accès, certaines vapeurs soudaines de dévotion claustrale2, on peut dire qu'elle ne tenait d'abord qu'à demi à l'austère maison : son esprit comme sa demeure, avait fenêtres donnant sur la communauté, maisporte ouvertesur le monde. La marquise paraît n'avoir rien changé, dans sa retraite, aux délices vantées de sa table ; elle avait beau faire, disait ce spirituel bossu Pisani, le diable ne voulait point sortir de chez elle : « il s'était retranché dans la cuisine3. » Mme de Sablé, née avec le siècle, n'avait
dote donne à chacun de ses livres le nom d'une muse. » (Sainte- Beuve, Portraits de femmes, édition de i845, p. 262, dans l'article la Rochefoucauld, placé à la suite de celui de Mme de la Fayette, et publié d'abord dans la Revue des Deux Mondes de janvier i8l\o.)