TOME I
Page xliv. — Ajoutez à la note 3 : « Cette de'molition, qui n'est mentionnée que comme en passant dans les Mémoires (p. 207), est ainsi enregistrée par Loret, dans sa Muze historique, adressée à la future duchesse de Nemours. Quand on connaît les s< utiments que cette belle-fille de Mme de Longueville avait pour sa belle-mère, le jugement qu'elle portai de la Rochefoucauld (voyez ci-dessus, p. xxxn), on peut douter qu'elle ait vivement éprouvé cette pitié à laquelle le chroniqueur croit devoir l'inviter :
Un exempt, assisté de troupes,
S'en va faire tout plein de coupes
Dans maint bois, tant taillis que haut,
Du duc de la Rochefouc.iut,
Que la cour, à toute heure, appelle
Ingrat, déserteur et rebelle;
Et pour ces sortes de raisons
On lui va raser deux maisons.
Je n'ai qu'avec regret écrite
Cette circonstance susdite.
En la lisant, un déplaisir
Vous viendra sans doute saisir .
Vous êtes bonne et pitoyable,
Et votre cœur incomparable
Est trop noble et trop généreux
Pour ne pas plaindre un malheureux.
(Lettre du 6 août i65o, vers 79-94, tome I, p. 33, édition de MM. Ravenel et de la Pelouze pour le tome I, continuée par M. Livet.) »
Page xlv, lignes 2 a et 23. — Pour la phrase : « Toutefois n'est pas
finie », ajoutez en note : a Loret, dans sa lettre du 8 octobre i65o, dit au sujet de la paix de Bordeaux :
Mais on n'est pas fort satisfait
De ce traité que l'on a fait ;
On a beau prendre des bézicles
Pour en éplucher les articles.
On n'y voit ni place ni rang
Pour Messieurs les Princes du sang.
Pour eux on avait tait la guerre,
Remué le ciel et la terre.
Et les Marcillacs et Bouillons Ont donc en vain été brouillons, Puisque, à leur grande i.noininie, La disgrâce n'est point finie Des trois prisonniers innocents.
(Vers 117-129, tome I, p. 47.) »
Page lxv, ligne i3. — Pour lesmots: « il va rentrer dans sa vraie nature», ajoutez cette note : « Je me souviens d'avoir ouï dire au duc de la Ro- « chefoucauld, celui qui avoit été un des principaux acteurs de la der- « nière guerre civile, qu'il étoit impossible qu'un homme qui en avoit « tâté comme lui, voulût jamais s'y remettre, tant il y avoit de peines « et d'extrémités à essuyer pour un homme qui faisoit la guerre à son « roi. (Mémoires du marquis de la Pare, p. 2fio.) »
Page i.xxi, ligne 9. — Pour les mots « succès de ruelles », ajoutez cette note : « On lit dans la Carte de la Cour, par Gueret (Paris, m.dc.lxiii) : « Je connois le fameux Chrysante ; il occupe un beau rang chez l'Amour ; « il a de cet esprit brillant qui fait tant de bruit de tous côtés, et les « occupations de son cabinet lui donnent de bonnes places dans les « ruelles. » A la marge est imprimée cette traduction du pseudonyme Chrysante : Monsieur le duc de la Rochefoucauld. »
Page lxxii, ligne 19. — Pour les mots : « labeur patient », ajoutez cette note : « Il y a des maximes qui ont été changées plus de trente « fois », dit Segrais [OEuvres diverses, 1723, tome I, p. 166 et 167). »
Pages 19-21. — Pour le Portrait du cardinal de Retz, voyez la section vin de cet Appendice du tome 1, p. loi et 102.
Page 26. — Remplacez la note 1 par la suivante : « Au sujet de cette copie infidèle et de l'édition hollandaise publiée en 1664 avant la ire donnée par l'auteur, voyez ci-dessus VEtude de M. Willems, qui forme la section ni de cet Appendice (p. 53-6o). »
Pages 31-267. — Pour l'établissement du texte et les variantes des Maximes définitives, voyez ci-dessus, dans ce même Appendice du tome I, outre Y Avant-propos, les sections 1 à v, p. 1-82, et au tome III, 2de partie {Lexique], V Avis préliminaire qui précède la Préface, et les substitutions et additions réunies dans les pages 455-464-
Page 3g, ligne a. — Pour le mot bandeau (au lieu duquel il y a mouchoir dans les trois textes antérieurs à i665 : ci-dessus, p. 4, 56 et note 5), ajoutez cette note : « Il y a là, l'on n'en peut guère douter, un souvenir de l'infotruné de Thou, dont l'auteur nous parle dans ses Mémoires (tome II, p. 45) et à qui se rapporte la lettre 3 de la correspondance (tome III, s.''6 partie, p. 22); ces mots bandeau et mouchoir rappellent un triste et frappant incident de son supplice, qui est ainsi rapporté, avec une touchante simplicité, dans une pièce du temps, intitulée : Particularitez remarquées de tout ce qui s est faict et passé en la mort de Messieurs de Cinq-Mars et de Thou, à Lyon, le douziesme de septembre mil six cens quarante et deux (m.d.cxxxxii, in-8°, p. 4^ et 44) :
« Mon Père, ne me veut-on point bander ? » (dit M. de Thou au
P. Montbrun, son confesseur). Et comme le Père lui répondit que cela dépendoit de lui, il dit : « Oui, mon Père, il me faut bander. » Et, en souriant et regardant ceux qui étoient les plus proches, dit : « Messieurs, « je l'avoue, je suis poltron, je crains de mourir. Quand je pense à la mort, « je tremble, je frémis, les cheveux me hérissent. Si vous voyez quelque « peu de constance en moi, attribuez cela à Notre Seigneur, qui fait un « miracle pour me sauver, car effectivement, pour bien mourir en l'état « où je suis, il faut de la résolution : je n'en ai point, mais Dieu m'en
ADDITIONS ET CORRECTIONS. 149
a donne et me fortifie puissamment.» Puis mit ses mains dans ses pochettes pour chercher son mouchoir, afin de se bander, et l'ayant tiré à moitié, il le resserra si bien qu'on ne le vit point, sinon ceux qui étoient près de lui sur l'écliafaud, et pria de fort bonne grâce ceux qui étoient en bas de lui jeter un mouchoir. Aussitôt on lui en jeta deux ou trois ; il en prit un, et fit grande civilité à ceux qui lui avoient jeté, les remerciant avec
affection L'exécuteur vint pour le bander de ce mouchoir, mais comme
il le faisoit fort mal, mettant les coins du mouchoir en bas, qui couvroient sa bouche, il le retroussa et s accommoda mieux. » Quant à Cinq-Mars, dont le supplice avait précéne celui de son ami, le bourreau le frappa du « couperet » sans qu'il eût les yeux bandés. »
Page g3 — Ajoutez a la note '; : « La maxime se lit sous cette forme à la suite d'une lettre ? la marquise de Sablé 'Portefeuilles de T'allant, tome II, fol. i58); voyez tome III, 1™ partie, p. 204. »
Page 112, note 3. — Voyez, dans cet Appendice du. tome I, p. 58 et 5f). la réponse que M. Vvillems, dans son Etude sur l'édition de 1664, fait a la seconde critique de Laiiarpe, ie défaut d'accord ; et, dans la note 6 de la page 58 ce que M Frédenx. dans un article de r Indépendance belge, oppose a la partie de la première qui est relative à Sully.
Page 119, note 1, ligne 10. — Après : « d'un fort grand nombre de femmes », ajoutez : o Déia J. Esprit avait dit (tome I, p. a34\ car ii ne se fait pas faute de se repéter : « La froideur excessive du tempéra- « ment est quelauefois la cause principale, pour ne pas dire l'unique, « de l'honnêteté des femmes. »
Page 128. note 2, ligne 17. — Après « mérite. », ajoutez : « Le même J. Esprit dit encore (tome I, p. 192) ■ « Les grands découvrent leurs « plus secrètes pensées pour se décharger le cœur des chagrins et des « joies au'ils ont, qu'il leur est impossible de retenir. »
Page i33. note ?, ligne 2. — Ajoutez, après « {Manuscrit,)» : « Cette maxime se trouve sous cette dernière forme dans une lettre à la marquise de Sablé (Portefeuilles de Vallant, tome II, fol. 169) ; voyez tome III, ire partie, p. 160. »
Page 169, note 3, ligne 2. — « i6-5 », lisez : « 1671 ».
Pages 217-235. — Maximes posthumes. Voyez, p. 76 et 77 de cet Appendice du tome I, section v, le Tableau de concordance B, et les pages 81 et 82.
Pages 237-267. — Maximes supprimées. Voyez, dans ce même Appendice, p. 78-80, le Tableau de concordance C, et les pages 81 et 82.
Page 256. — Ajoutez en tête de la note 5, se rapportant à la maxime oem : a Comparez la première phrase du morceau sur le Comte d'Harcourt, qui est dans cet Appendice du tome 1, p. 97. »
Pages 269-348. — Refi-exiohspiverses. Voyez, dans ce même Appendice, p. 83-y8, sections vi ei vu, des variantes et des additions, l'une certaine et d'autres nrobables (Avant-propos , p. vin et ix), à la Réflexion XVII.
Page 355. ligne 19. — A la suite de la Notice du Discours sur les Maximes, ajoutez : « A la fin de la préface (p. xix) de sa réimpression du texte Hollandais de 1664 (voyez ci-dessus, à la Notice bibliographique, p. i3i, n° 71;, M. Pauly cite cet extrait du folio 116 r° d'un manuscrit mt'tu.j Recueil de diverses choses, qui avait été donné à Rocbebilière par Monmerqué « Dans la première édition des Maximes, M. de la Cha- « pelle, qui demeure chez Monsieur le Premier Président, avoit fait la « préface, qui est pleine de fautes. » Du rapjjrochement de ces mots : « pleine de fautes 1», avec le passage de la Promenade à Saint-Cloud de Gueret, reproduit au commencement de notre Notice sur le Discours, on peut conclure que c'est bien à ce Discours que s'applique le mot Préface, et non à Y Avis au lecteur de l'édition de i665. Ce témoignage contem-
i5o APPENDICE DU TOME I.
porain vient confirmer celui de Gueret, mais ne nous paraît pourtant suffire à lever tout le doute. »
Page 4l5. — Ajoutez, à la suite des Jugements des contemporains : « Du manuscrit dont il est parlé à l'addition précédente, M. Pauly, à la même page de sa préface, a encore extrait les deux passages suivants : « M. de « la Rochefoucauld a presque tout tiré ses maximes du livre de la Sonde « de la Conscience. Il n'y en ajoute que le beau françois (fol. 99, r°). » — « La plupart de ces maximes ont été prises d'un livre anglois, assez « mal traduit en françois, intitulé la Sonde de la Conscience, fait par un « ministre anglois. C'est un des bons livres que les huguenots aient fait « au sentiment de MM. Bridieu et de la Chaise (fol. 116 v°). » Le titre complet de ce livre, que M Pauly a découvert « après de longues re- « cherches, » et que nous lui devons d'avoir pu examiner, est : « La Sonde « de la Conscience, par Daniel Dyke, jadis ministre de la parole de Dieu; « traduit de Panglois par Jean Verneuil. Seconde édition revue et cor- « rigée. A Genève, pour Pierre Chouët. m.dc.xxxvi. Avec permission. » Petit in-8° de 753 pages (Bibliothèque nationale, D2 2i35). La 1" édition est de i634- Le livre ne nous parait indigne, ni pour la nature et le tour de la pensée, ni pour le style, dans ce que la traduction, sévèrement estimée, croyons-nous, en conserve, de l'éloge que nous venons de rapporter. On en peut juger par les vingt-sept sentences que M. Pauly nous donne en appendice (p. 125-128), et auxquelles on en pourrait ajouter mainte autre. Quant à 1 accusation de plagiat portée contre notre auteur, sans doute elle est fondée s'il suffit, pour la justifier, que les deux ouvrages partent de ce principe, que notre nature est abominablement corrompue, et qu'on puisse dire, de l'un comme de l'autre, ce que le moraliste anglais annonce dans son Épure dédicatoire (p. 8, non numérotée), qu'ils ne servent « qu'à nous convaincre des piperies par lesquelles nous nous trom- « pons nous-mêmes. » Mais il faudrait alors ne pas s'arrêter à ce traité d'Ôutre-Manche, remonter au dogme même du péché originel et déclarer la Rochefoucauld plagiaire de tous les théologiens chrétiens, catholiques et réformés. »