Segraisiana, p
4- Voyez, dans le Lexique de Mme de Sévigné, à l'article Vrai, divers exemples de ce mot appliqué ainsi à des personnes.
5. Voyez, au tome III, p. i85, la lettre 87, à Mme de Sablé. — M. Ch. Drevss, dans son introduction aux Mémoires de Louis XIV
lxxviii NOTICE BIOGRAPHIQUE
neur du Dauphin, laquelle fut donnée, en 1668, au duc de Montausier. Deux ans après, il se rend à l'armée, comme simple volontaire1, et, malgré la goutte qui le tourmente il est au camp devant Lille. Au retour, le Roi lui fait un gracieux accueil ; mais, quelles qu'eussent été peut-être ses secrètes espérances, cette reprise de bon vouloir ne profita, pour le moment, qu'à un de ses fils, le troisième, qui fut pourvu de l'abbaye de Fondfroide2. La Rochefoucauld se console, avec une philosophie quelque peu mélancolique, de ne pas mieux reconquérir la royale faveur : « Je suis venu ici (au camp), écrit-il au comte de Guilaut, et on me traite assez bien. » Il trouvait un doux dédommagement dans l'affection toujours croissante de Mme de la Fayette, qui était pour lui ce que Mme de Maintenon ne fut pas toujours pour Louis XIV vieillissant : elle l'éclairaiten le calmant. Bien qu'elle fût « quelquefois lasse de la même chose3, » elle ne se lassa jamais de cette douce occupation ; la Rochefoucauld conserva jusqu'au bout, chez elle, la bonne place auprès du foyer. Ce fut entre eux un échange touchant de protection affectueuse et de reconnaissance attendrie, une de ces amitiés mixtes que rien n'altère. Faits pour se plaire, se goûter, se comprendre, même à demi-mot, ils se laissèrent aller de tout cœur à ce charmant commerce, qui devint bientôt aussi nécessaire à l'un qu'à l'autre4. Tous deux avaient horreur du ridicule, de ce ridicule des vieilles gens, dont parlent certaines maximes*. Mme de la Fayette, dont nous venons de dire l'âge au début de celte amitié, croyait-elle, comme son héroïne la princesse de Clèves, qu'une femme ne peut être aimée, passé vingt-cinq ans6? La Rochefoucauld s'imaginait-il, de son côté, avoir mis d'avance
(tome I, p. Lxx-Lxxm), insiste sur le peu de vocation de l'auteur des Maximes pour de telles fonctions.
1. Voyez, au tome III, p. 19^-196, la lettre 94, à Guitaut, du 20 août 1667.
2. Il prit le nom d'abbé de Marcillac ; auparavant il se nommait, nous dit son père, M. d'Anville : voyez la même lettre 94.