‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 63 sur 469 · Correspondance de Bussy, édition Lalannc, tome V, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Bussy, édition Lalannc, tome V, p

SUR LA ROCHEFOUCAULD. xcm

de brûler ses papiers, si cela lui pouvoit faire de l'embarras en l'autre monde ; mais je crois que celui-ci a perdu d'aimables amusements. » Le jour même de la mort, le dimanche 17, Mme de Sévigné écrit à sa fille, la tète toute « pleine de ce malheur et de l'extrême affliction » de Mme de la Fayette; elle lui raconte comment le duc, la veille encore, semblait revenir à la santé, si bien que chacun autour de lui « chantoit victoire ; » tout à coup le mal avait redoublé ; l'oppression et les rêveries, c'est-à-dire le délire, l'avaient saisi, et il était mort étranglé « traîtreusement » par la goutte, en quatre ou cinq heures, « dans cette chaise que vous connoissez. » Avec quelle éloquence du cœur la marquise, dans cette même lettre, parle de « l'horreur des séparations »! M. de Marcillac, dit-elle, est bien triste, « mais il retrouvera le Roi et la cour; toute sa famille se retrouvera en sa place ; mais où Mme de la Fayette retrouvera-t-elle un tel ami ?... Elle est infirme, elle est toujours dans sa chambre, elle ne court point les rues ; M. de la Rochefoucauld étoit sédentaire aussi : cet état les rendoit nécessaires l'un à l'autre ; rien ne pouvoit être comparé à la confiance et aux charmes de leur amitié1. » Le 20 mars, jour où l'on transporta le corps du duc à Verteuil, Mme de Sévigné reprend sa lettre inachevée : « Il est enfin mercredi, écrit-elle. M. de la Rochefoucauld est toujours mort, et M. de Marcillac toujours affligé.... La petite santé de Mme de la Fayette soutient mal une telle douleur-'. » Le 22, on lit encore dans une lettre de la marquise : « M. de Marcillac est affligé outre mesure ; son pauvre père est sur le chemin de Verteuil fort tristement3. » Le 26 : « Jamais homme n'a été si bien pleuré4. » Trois mois après, cette grande plaie se cicatrise : « On serre les files, il n'y paroît plus5. » Il y avait cependant au monde une personne pour laquelle la résignation étoit moins facile : c'était Mme de la Fayette ; elle ne savait plus que faire d'elle-même6 ; la vue seule de l'écriture de son ami la faisait pleurer7 : le

1. Voyez tome VI, p. 3ii-3i3. — 2. Ibidem, p. 3i5. 3. Ibidem, p. 32^- — 4. Ibidem, p. 328.

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