‹ Œuvres de Lagrange (volume 3)Chapitre 29 sur 102 · L. EiiLEr · texte numérisé non relu

L. EiiLEr

(') Foir t. XIII, p. 3i.

(-) Enlrc Mewlon et LeibniU au sujet do la priorité do la découverte.

P) Voir Iitxtitut loues Cnlcull differcntialit, 17 >5, \n-^". Pra'fatio, p. xv et suiv.

( '* } Thcoria motiit corporum soUdorum seu ri^idoruin. Rostock, 1765, \n-f\".

(5) Ce treizième Volume (année 17)7) contient les deux Mémoires suivants d'Euler : Rci>U:s {générales pour la construclinii des télescopes, de (fuclque nombre de verivs qu'ils soient composés. — liecherehcs sur les luncUes à trois verres qui représentent la objets renversés.

J^LLKR A LAG RANGE.

Berlin, le 3 mai 1766 (').

MOXSILUII KT TliÈS CIIKIl Co.M KKUE,

Je dois bien commencer par vous demander mille |»ardons de ce que j'ai si longtemps difFéré de vous répondre à la lettre o])ligeanle dont vous m'avez bien voulu honorer. Je suis sans doute inliniment charmé que votre illustre Société a si bien r(>çu les Blémoires que j'avais pris la liberté de vous envoyer, et je suis tout impatient de voir bientôt le troisième Volume de vos Ouvrages, pour y voir la continuation de vos profondes recherches sur cette nouvelle partie de l'Analyse, dont les piciniers principes même ont été inconnus avantque vous en ayez entrepris le développement avec le plus heureux succès. .Te me flatte que la présente foire de Lei})zig me procurera ce précieux présent. Mais, pour justifier mon long silenc<', je dois vous informer, monsieur, que depuis longtemps je me trouve dans le plus grand embarras, qui m'a presque entièrement empêché de m'appliquera aucune recherche, et j'avais houle de vous écrire une lettre tout à fait vide de recliercbes géoniélri(|nes; or, aussi ;i I'Immum^ qu'il est, je n'en suis pas en état; de grandes raisons m'ayant déterminé de solliciter ici mon congé pour retourner à Pétersbourg, oii la plus avantageuse vocation ( -) de l'Impératrice m'appelle. Vous savez sans doute que l'Académie de Russie est depuis quelque temps fort tombée en décadence; mais, maintenant sa Majesté lm|)ériale a formé le dessein de rétablir cette Académie dans son ancien lustre et de lui donner même piusd'écdat, vu qu'(dle y a desliné un foinis de ()o 000 roubles par an. Dans cette vue, sa Majesté veut bien m'Iionorei- de sa haute contiance, en m'appelant pour dirigei' et exécuter ce grand dessein, oii il s'agit j)rincipale-

(' j iMs. l. IV, 1 'M) l/iw — Oprrn postunta, I. I. p. bCi- . (2) Focal ion, apiiol, odre.

mciil irciigager dos grands hommes dans toutes les Scienees, ponr venir s'établir à Pefershourg et y travailler eonjointenienl à l'avancement des Scienees.

Vous comprendrez aisément, .Monsieur, que vous avez été le pi-emier que j'ai proposé à sa Majesté Impériale, et je m'estimerais intiniment heureux, si je pouvais vous persuader d'accepter une telle vocation, (jui sera toujours aussi avantageuse qu'honorable |)()ur vous. Je comprends bien que le grand éloignement et le climat rude vous causeront d'abord une horreur; mais, comme je connais parfaitement cet endroit y ayant séjourné pendant quatorze ans, et (jtie j'y retourne avec le plus grand empressement, je vous puis assurer que la ville de Pétersbourg renferme à la fois tous les agréments qu'on ne trouve que séparément dans les autres lieux, et qu'on y a des moyens de se garantir du froid, de sorte qu'on y en est beaucoup moins incommodé (|ue dans les pays plus chauds.

Je vous |)rie donc, Monsieur, de faire réflexion sur cette proposition et de m'en marquer votre sentiment au plus tôt, avant ({ue je |);)rle d'ici, ce qui pourrait bien encore traîner quelques mois.

J'ai l'honneur d'être, avec la plus parfaite considération et le pins inviolable attachement, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur»

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