CONSOMMATION ANNUELLE MOYENNE
de chaque individu, évaluée en livres pesant de
blé. viande.
D'après la ration des soldats 5i i ,36 146
» la consommation de Paris 435 207 ,G8
» la consommation totale de la France 583,35 80
De cette Table j'ai déduit la suivante :
ABC
D'après la ration des soldats 657 ,36 °,7779 0,2221
» la consommation de Paris 642,68 0,6768 o,3232
» la consommation totale de la France. . 663,35 0,8794 0,1206
La colonne A donne les sommes en livres pesant de blé et de viande.
La colonne B donne les rapports du poids du blé à la somme des poids du blé et de la viande.
La colonne C donne les rapports du poids de la viande à la même somme.
La colonne A fait voir que le poids total du blé et de la viande est à peu près le même, d'après les trois évaluations. La valeur moyenne est de 654,46 livres, qui ne diffère guère de celle qui résulte de la ration des soldats; elle est plus grande que celle de Paris, et moindre que celle de toute la France d'environ 10 livres, ce qui ne fait qu'un soixantième du total.
Ce résultat me paraît digne de remarque. Il prouve que les hommes ont besoin, en général, d'un même poids donné d'aliments, comme une espèce de lest qui dépend de la constitution humaine. La différence de nourriture ne consiste donc'que dans la différente proportion du blé ou de la viande, ou des autres aliments qui les représentent. Suivant la ration des soldats, cette proportion est de 7 b; mais dans Paris elle est de 21 à 10, à très-peu près, et dans toute la France elle est de 1 5 à 2 environ. Cette proportion est la vraie mesure de la pauvreté ou de la richesse d'un Etat, puisque c'est de la nourriture que dépend essentiellement le bien-être des babitanls. Pour augmenter celui des Français,
il faudrait donc pouvoir augmenter la consommation de la viande, même aux dépens de celle du blé; la culture des prairies artificielles est peut-être le seul moyen de parvenir à un but si désirable; elle est d'autant plus précieuse qu'elle peut accroître à la fois le produit des bestiaux et celui du blé; mais cet objet est trop connu pour que nous nous y arrêtions ici.
La conclusion qu'on peut tirer des résultats que nous avons trouvés est que la France, dans l'état où est son agriculture, fournit assez de grains pour la consommation de ses habitants, mais qu'en bestiaux elle n'en fournit qu'un peu plus de la moitié de ce qui serait nécessaire pour que cbaque habitant eût une ration de viande proportionnelle à celle des soldats.