Plus exactement : Hôtel des Deux-Ponts
2, Louis XVIII quitta Paris pour Gand le 19 mars.
qu’on avait cédé sans combattre à l’empereur. LemaréchalMarmont, suivi d’une vingtaine de généraux, se mêla à cheval dans nos rangs ; le comte d’Artois, le duc d'Angoulême et le duc de Berry! marchaient tristement à distance sous une pluie fine. On ne parlait pas. L'’orgueil de la France était humilié. Cette grande désertion en masse ne pouvait rendre ce qu’elle sentait que par le silence. J'étais bien jeune, mais je puis dire que le poids de vingt révolutions pesa en ce moment sur ma poitrine. (Mémoires inédits, VI, XXIV-XXVII.)
Passage de Napoléon à Macon (Mars 1815).
Lamartine a rapporté, vraisemblablement d’après les récits de son père, car lui-même était déjà à Paris, l'impression que fit à Mâcon le passage de l'Empereur en marche sur la capitale*.
APRÈS avoir lancé son armée par la route de Bourgogne, Napoléon sortit (le 13 mars 1815) de Lyon et coucha à Villefranche. Le trouble et le tumulte, plus que l’enthousiasme, le précédaient et le suivaient sur cette route de Lyon à Mâcon, la plus peuplée de toutes les routes de France. Ses partisans voulaient en vain lui faire illusion sur a nature de ce mouvement du peuple qu’il imprimait autour de lui. La curiosité, l’émotion, la terreur secrète de ce qui allait s’accomplir, y dominaient sur le fanatisme rare de quelques sectaires et de quelques paysans descendus des montagnes. La foule mobile, prolétaire et irresponsable, poussait seule des acclamations autour des roues de sa voiture ou à la vue des uniformes de ses grenadiers; tout ce qui avait à perdre une sûreté, une industrie, une fortune, un enfant, dans les hasards de ce retour, se taisait ou s’éloignait. Il arriva le 14 au soir à Mâcon:, où il espérait un bruyant
accueil. Il fut trompé.
Cette ville avait la renommée d’une ville révolutionnaire. Elle avait fourni des acteurs et des victimes au drame de 1789 et de 1793. Le sentiment du républicanisme trahi et persécuté