‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 222 sur 303 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

ments aux équations différentielles relatives à Tinclinaison et à la longitude du nœud, j'ai trouvé pareillement que les racines de Téquation algébrique dont dépendent leurs intégrales sont réelles et inégales, et qu'ainsi les inclinaisons des orbites sont toujours fort petites. De là il suit que le système des planètes est stable. Comme les systèmes des satellites satisfont à la condition que tous les satellites de chaque système se meuvent dans le même sens autour de leur planète, on peut affirmer, quoique leurs masses soient pour la plupart inconnues, que ces divers systèmes jouissent de la même stabilité que celui des planètes.

Je développai, dans la seconde partie des Mémoires de l'Académie des sciences pour l'année 1772, la méthode précédente de faire disparaître les arcs de cercle des intégrales, en faisant varier les éléments, et je l'étendis aux équations différentielles d'un ordre quelconque. Cette manière de faire varier les constantes arbitraires diffère de celle qu'Euler avait employée, en ce qu'elle n'embrasse que les inégalités dont la période est indépendante de la configuration mutuelle des planètes; ce qui apporte une grande simplicité dans les calculs. Elle s'étend à tous les cas où les éléments d'un système de corps éprouvent, par des causes quelconques, telles que la résistance d'un milieu rare, des altérations qui ne deviennent sensibles qu'après un long intervalle de temps.

Fontaine remarqua le premier qu'une équation différentielle d'un ordre quelconque a autant d'intégrales de l'ordre inférieur qu'il y a d'unités dans son ordre. Lagrange, dans sa pièce sur les perturbations des comètes, qui remporta en 1 780 le prix de l'Académie des sciences, et dans les Mémoires de Berlin pour l'année 1782, considéra sous ce point de vue général les intégrales des équations différentielles du mouvement des planètes. Le mouvement d'une planète soumise à la seule attraction du soleil est donné par trois équations différentielles du second ordre dont les trois intégrales finies renferment par conséquent six constantes

arbitraires, qui sont les éléments du mouvement elliptique. En différentiant ces intégrales, on a six équations au moyen desquelles on peut, par l'élimination, déterminer chaque élément en fonction des coordonnées du mouvement de* la planète, et de leurs différentielles divisées par l'élément du temps. Lagrange conçoit que ces six équations différentielles du premier ordre ont également lieu dans Tellipse invariable et dans Tdlipse troublée^ mais que, dans ce dernier cas, les éléments sont variables. Pour avoir les différentielles des éléments, il fait tout varier en différentiant chacune de ces intégrales du premier ordre; et il substitue après la différentiation, au lieu de la différence seconde de chaque coordonnée, sa valeur donnée par les équations différentielles du mouvement de la planète troublée. Il obtient ainsi la différentielle de chaque élément. Ensuite il observe que dans la substitution de la valeur de la différence seconde de chaque coordonnée, on peut ne considérer que la partie de cette valeur due aux forces perturbatrices, Tautre partie devant disparaître dans l'expression de la différentielle de l'élément, puisque cette expression serait identiquement nulle si ces forces n'existaient pas. Lagrange, dans sa pièce sur l'équation séculaire de la lune, qui remporta en 1 774 le prix de l'Académie des sciences, exprima les forces attractives décomposées suivant la direction des coordonnées, par les différences partielles d'une fonction, prises par rapport à ces coordonnées. Si l'on rapporte le mouvement du point attiré , au centre de gravité du système de corps, cette fonction est la somme des molécules attirantes, divisées respectivement par leurs distances au point attiré. Si l'on rapporte le mouvement au centre de l'un des corps du système, considéré comme immobile, il faut ajouter à cette somme la demi-somme des produits de chaque molécule perturbatrice attirante, par le carré de sa distance au point attiré, diminué des carrés des distances de la molécule et du point au centre du corps supposé immobile, chacun de ces produits étant

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