‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 227 sur 303 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

mules à la planète Uranus, que Herschel venait de découvrir, et il parvint à représenter par ses tables, non-seulement les observations faites depuis cette découverte, mais encore quelques observations deFlamsteed, Mayer et Bradley, qui avaient observé cette planète en la considérant comme une étoile. Désirant donner aux tables de ces trois planètes la plus grande précision, j'ai revu avec un soin particulier leur théorie; et M. Bouvard l'ayant comparée avec un grand nombre d'observations faites avec d'excellents instruments et par les meilleurs observateurs, il a construit de nouvelles tables de ces trois planètes, qui ne s'écartent pas de ces observa* tions au delà de treize secondes sexagésimales. Dans les équations de condition, qu'il a formées pour déterminer les éléments elliptiques , il a laissé comme indéterminées les corrections des masses de ces planètes que l'on avait conclues des observations de leurs satellites. En résolvant ces équations, il a déterminé ces correc* tions. Il a trouvé nulle, à fort peu près, celle de la masse de Jupiter. La correction de la masse de Saturne diminue d'un sixième environ la valeur que Newton en a donnée. Si l'on applique à ces résultats le calcul des probabilités, on trouve qu'il est extrêmement probable que l'erreur n'est pas un centième de leur valeur. La correction de la masse d'Uranus, conclue des observations de ses satellites, est peu considérable. L'action de cette planète sur Saturne n'étant pas très-sensible, la valeur de sa masse est moins sûre que celle de la masse de Saturne; mais elle confirme la valeur déduite des observations des satellites d'Uranus, et cjui, vu l'incertitude de ces observations, avait besoin d'être confirmée. Les tables de M. Bouvard représentent, aussi bien qu'on peut le désirer, les observations anciennes de Jupiter et de Saturne, et la conjonction de ces deux planètes observée par Ibn-Junis dans l'année 1007. Cet accord prouve que depuis les temps anciens jusqu'à nous l'action des causes étrangères a été insensible.

En considérant le peu de différence qui existe entre cinq fois

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