‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 255 sur 303 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

Taction de la terre sur la lune, par la nature de la substance lunaire. On peut conclure également de cet accord, que Faction de la terre sur chaque molécule de la lune n est point altérée par l'interposition des couches lunaires; car il est facile de prouver qu'une légère altération de ce genre modifierait sensiblement le principe dont je viens de parler.

Newton étendit à l'attraction de tous les astres la propriété dont jouit l'attraction terrestre, d'imprimer à tous les corps placés à la même distance la même vitesse, en temps égal. Il démontra que relativement à l'attraction du soleil sur les planètes, cette propriété résulte de la loi de Kepler suivant laquelle les carrés des temps des révolutions des planètes sont comme les cubes de leurs moyennes distances au soleil. Il est facile, en effet, de voir que si les actions du soleil sur la terre et sur Mars différaient d'un millième, le rayon vecteur des tables de Mars en serait altéré d*un trois-millième; ce qui serait très-sensible dans les observations de cette planète en quadrature.

On verra dans la suite qu'une différence d*un millionième dans les actions du soleil sur la terre et sur la lune changerait de plusieurs secondes la parallaxe du soleil, conclue de la comparaison de l'inégalité parallactique lunaire observée, avec sa valeur donnée par la théorie, et qui, comme je l'ai dît, s'accorde parfaitement avec les observations. Il est donc bien prouvé que Tattraction du soleil imprimerait, en temps égal, la même vitesse ii la terre et à la lune, placées à la même distance de cet astre. Cette attraction n'est donc point modifiée par la naiture des substances qui composent la terre et la lune. Si, en pénétrant dans l'intérieur de ces corps, elle s'affaiblissait et s'éteignait comme la lumière en traversant l'atmosphère, cette extinction serait différente pour la terre et pour la lune en vertu de la différence de leurs dimensions. Je trouve, par un calcul fort simple, qu'une très-petite extinction de l'attraction solaire produirait une

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