‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 8 sur 303 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

dans un fluide par son extrémité inférieure, il analyse toutes les forces dont la colonne infiniment petite du fluide passant par Taxe du tube est animée , en supposant une attraction des molécules du tube sur celles du fluide, et des molécules fluides sur elles-mêmes; la loi d'attraction étant la même dans les deux cas, relativement à la distance, mais pouvant différer d'intensité. Clairaut remarque ensuite que parmi toutes les lois possibles d'attraction il doit y en avoir une ou plusieurs qui donnent, conformément à l'expérience, l'élévation du fluide dans le tube, réciproque au diamètre intérieur du tube; mais la difficulté du problème consiste à déterminer ces lois. C'est ce que j'ai fait dans ma Théorie de l'action capillaire, de laquelle il résulte que toutes les lois d'attraction, qui la rendent insensible à des distances sensibles, satisfont à l'expérience, et sont les seules qui puissent y satisfaire. Mais Clairaut était d'autant plus éloigné de ce résultat, qu'il supposait, au contraire, que l'attraction du tube sur le fluide est sensible sur les molécules fluides placées dans l'axe. Il a cependant été conduit, par cette fausse supposition , à ce résultat dont j'ai fait voir l'exactitude, savoir, que le fluide sera toujours élevé dans le tube au-dessus du niveau, tant que le double de l'intensité de l'attraction des molécules du tube sur celle du fluide surpassera l'intensité de l'attraction des molécules fluides sur elles-mêmes. Ce n'est pas le seul exemple de suppositions fausses: ayant conduit à des vérités, mais la découverte d'une vérité n'appartient qu'à celui qui le premier la démontre.

La méthode que Clairaut a suivie dans sa Théorie de la figure de la terre, quoique fort élégante, est limitée aux ellipsoïdes de révolution. D'Alembert, dans ses Recherches sur le système du monde, publiées en 1754 et 1766, traita cet objet d'une manière beaucoup plus générale. Il détermina les attractions d'un sphéroïde très-peu différent de la sphère, et dont l'équation de la surface est algébrique et d'un ordre quelconque, en le supposant

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