‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 11 sur 265 · TOME YI · texte numérisé non relu

TOME YI

Cest à TuD des équinoxes ou à Tun des solstices qu il convient de commencer Tannée. Son origine, placée au solstice d*été ou à Téquinoxe d'automne, partagerait et répartirait sur deux années consécutives les mêmes opérations et les mêmes travaux : elle aurait ainsi les inconvénients du jour commençant à midi, suivant l'ancien usage des astronomes. L'équinoxe du printemps, époque de la renaissance de la nature, semble devoir être pareillement celle du renouvellement de l'année ; mais il est aussi naturel de la faire commencer au solstice d'hiver, que l'antiquité * célébra comme l'époque de la renaissance du soleil , et qui , sous le pôle, est le milieu de la grande nuit de l'année.

Si l'année civile était constamment de 365 jours, son commencement anticiperiait sans cesse sur celui de la véritable année tropique, et il parcourrait en rétrogradant, les diverses saisons, dans une période d'environ i5o8 ans. Mais cette année, qui fut autrefois en usage dans l'Egypte, ôte au calendrier l'avantage d^attacher les mois et les fêtes aux mêmes saisons, et d'en faire des époques remarquables pour l'agriculture. On conserverait cet avantage précieux aux habitants des campagnes, en considérant l'origine de l'année comme un phénomène astronomique que l'on fixerait, par le calcul, au minuit qui précède le solstice ou l'équinoxe; et c'est ce que l'on a fait en France, à la fin du dernier siècle. Mais alors les années bissextiles, ou de 366 jours, s'intercalant suivant une loi très-compliquée, il serait difficile de décomposer en jours un nombre quelconque d'années, ce qui répandrait de la confusion sur l'histoire et sur la chronologie. D'ailleurs l'origine de l'année, que l'on a toujours besoin de connaître d'avance, deviendrait incertaine et arbitraire, lorsqu'elle approcherait de minuit, d'une quantité moindre que l'erreur des tables solaires. Enfin, l'ordre des bissextiles changerait avec les méridiens , ce qui formerait un obstacle à l'adoption si désirable d'un même calendrier par les différents peuples. En voyant, en

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