LIVRE QUATRIÈME
continents, et augmentés dans le rapport de leur distance à la surface du fluide supposé, le rayon terrestre étant pris pour unité, seront ceux que Ton mesurerait à cette surface. La longueur du pendule à secondes , diminuée suivant le double de ce rapport , sera celle que Ton observerait à cette même surface ; et Tellipticité déterminée par la mesure des degrés sera la même que Ton obtiendrait en retranchant de y du rapport de la force centrifuge à la pesanteur à Téquateur, Texcès de la pesanteur polaire sur la pesanteur équatoriale prise pour unité de pesanteur.
Appliquons la théorie précédente à Jupiter. La force centrifuge due au mouvement de rotation de cette planète est, à fort peu près, ^ de la pesanteur à son équateur, du moins si l'on adopte la distance du quatrième satellite à son centre, donnée dans le second livre. Si Jupiter était homogène , on aurait le diamètre de son équateur, en ajoutant à son petit axe pris pour unité, cinq quarts de la fraction précédente; ces deux axes seraient donc dans le rapport de lo à 9,06. Suivant les observations, leur rapport est celui de 10 à 9,43 : Jupiter n'est donc pas homogène. En le supposant formé de couches dont les densités diminuent du centre à la surface, son ellipticité doit être comprise entre ^ et ^. L'ellipticité observée, tombant dans ces limites, nous prouve l'hétérogénéité de ses couches, et, par analogie, celle des couches du sphéroïde terrestre, déjà reconnue par les mesures du pendule, et qui a été confirmée par les inégalités de la lune dépendantes de l'aplatissement de ïa terre.