‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 187 sur 265 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

maxima; et, sur ces deux points, mes formules représentent les observations.

Les heures des marées et leurs retards d'un jour à Tautre oflFrent les mêmes variétés que leurs hauteurs. M. Bouvard en a formé des tableaux pour les marées qu'il avait employées dans la détermination des hauteurs. On y voit évidemment l'influence des déclinaisons des astres et de la parallaxe lunaire. Ces observations, comparées à mes formules, oflrent le même accord que les observations des hauteurs. On ferait sans doute disparaître les petites anomalies que ces comparaisons présentent encore en déterminant convenablement les constantes de chaque flux partiel : le principe par lequel j'ai lié entre elles ces constantes diverses peut n'être pas rigoureusement exact. Peut-être encore les quantités, que l'on néglige en adoptant le principe de la coexistence des oscillations, deviennent sensibles dans les grandes marées. Je me suis ici contenté de noter ces anomalies légères, afin de diriger ceux qui voudront reprendre ces calculs, lorsque les observations des marées que l'on continue à Brest, et qui sont déposées à l'Observatoire royal, seront assez nombreuses pour donner la certitude que ces anomalies ne sont point dues aux erreurs des observations. Mais , avant que de modifier les principes dont j'ai fait usage, il faudra porter plus loin les approximations analytiques.

Enfin, j'ai considéré le flux dont la période est d'environ un jour. En comparant les difiîèrences de deux hautes mers et de deux basses mers consécutives dans un grand nombre de syzygies solsticiales , j'ai déterminé la grandeur de ce flux et l'heure de son maximum dans le port de Brest. J'ai trouvé un cinquième de mètre à fort peu près pour sa grandeur; et un dixième de jour environ, pour le temps dont il précède, à Brest, l'heure du maximum de la marée semi-diurne. Quoique sa grandeur ne soit pas un trentième de la grandeur du flux semi-diume, cependant les

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forces génératrices de ces deux flux sont à peu près égaies, ce qui montre combien différemment les circonstances accessoires influent sur la grandeur des marées. On n'en sera point surpris, si Ton considère que, dans le cas même où la surface de la terre serait régulière et recouverte entièrement par la mer, le flux diurne disparaîtrait si la profondeur de la mer était constante.

Les circonstances accessoires peuvent encore faire disparaître dans un port les inégalités semi-diurnes, et rendre très-sensibles les inégalités diurnes. Alors il ny a, chaque jour, qu'une marée, qui disparaît lorsque les astres sont dans Téquateur. C'est ce que l'on a observé à Batsham, port du royaume de Tonquin, et dans quelques îles de la mer du Sud.

J'observerai, relativement à ces circonstances, que les unes s'étendent à la mer entière et se rapportent à des causes trèséloignées du port où l'on observe les marées ; on ne peut douter, pai' exemple, que les ondulations de l'Océan atlantique et de la mer du Sud, réfléchies par la côte orientale de l'Amérique qui s'étend presque d'un pôle à l'autre, n'aient une grande influence sur les marées du port de Brest. C'est principalement de ces circonstances que dépendent les phénomènes qui sont à peu près les mêmes dans nos ports. Tel paraît être le retard de la plus haute marée sur l'instant de la syzygie. D'autres circonstances plus rapprochées du port, telles que des côtes ou des détroits voisins, produisent les difl'érences que l'on observe entre les hauteurs et les heures des marées dans des ports peu distants entre eux. De là il suit qu'un flux partiel n'a point, avec la latitude du port, le rapport indiqué par la force qui le produit, puisqu'il dépend de flux semblables correspondants à des latitudes fort éloignées et même à un autre hémisphère. On ne peut donc déterminer que par l'observation le signe et la grandeur de ce flux.

Les phénomènes des marées^ dont je viens de parler, dépendent des termes du développement de raction des astres^ divisés par le

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