LIVRE QUATRIÈME
à Brest, dont la position est très-favorable à l'observation de ces phénomènes.
Il me reste à parier de la méthode de déterminer l'heure de la marée à un jour quelconque. Chacun de nos ports peut être considéré, à cet égard, comme étant à lextrémité d'un canal à lembouchure duquel les marées partielles arrivent au moment même du passage des astres au méridien , et emploient un jour et demi à parvenir à son extrémité, supposée plus orientale que son embouchure, d'un certain nombre d'heures : ce nombre est ce que je nomme heure fondamentale du port. On peut facilement la conclure de l'heure de l'établissement du port, en considérant que celle-ci est l'heure de la marée, lorsqu'elle coïndde avec la syzygie. Le retard des marées d'un jour à l'autre étant alors de 2706", ce retard sera de 3g5i'' pour un jour et demi; c'est la quantité qu'il faut ajouter à l'heure de l'établissement pour avoir' l'heure fondamentale. Maintenant, si l'on augmente les heures des marées à l'embouchure de quinze heures, plus l'heure fondamentale, on aura les heures des marées correspondantes dans le port. Ainsi, le problème se réduit à déterminer les heures des marées dans un lieu dont la longitude est connue, en supposant que les marées partielles arrivent à l'instant du passage des astres au méridien. L'analyse donne, pour cet objet, des formules trèssimples et faciles à réduire en tables.
Les grandes marées ont souvent produit, dans les ports et sur les côtes, de fâcheux effets que l'on aurait prévenus si l'on avait été d'avance averti de la hauteur de ces marées. Les vents peuvent avoir, sur ces phénomènes, une influence considérable qu'il est impossible de prévoir. Mais on peut prédire avec certitude l'influence du soleil et de la lune, et cda sufliit le plus souvent pour se mettre à l'abri des accidents que les hautes marées doivent occasionner lorsque l'impulsion des vents se joint à l'action des causes régulières. Pour faire jouir les départements maritimes de
ce bienfait des sciences, le bureau des longitudes publie, chaque année, dans ses éphémérides, le tableau des marées syzygies, en prenant pour unité leur hauteur moyenne dans les syzygies des équinoxes.
Tai insisté particuHèrement sur le flux et le reflux de la mer, parce qu il est, de tous les effets de l'attraction des corps célestes, le plus près de nous et le plus sensible; d'ailleurs, il m'a paru très-propre à montrer comment on peut reconnaître et déterminer, par un grand nombre d'observations, même peu précises, les lois et les causes des phénomènes dont il est impossible d'obtenir les expressions analytiques par la formation et l'intégration de leurs équations différentielles. Tels sont les effets de la chaleur solaire sur l'atmosphère dans la production des vents alises et des moussons, et dans les variations régulières, soit diurnes, soit annuelles du baromètre et du thermomètre.