DES OSCILLATIONS DE L'ATMOSPHÈRE
Pour arriver à TOcéan, raction du soleil et de la lune traverse Tatmosphère, qui doit, par coaséquent, en éprouver Tinfluence et être assujettie à des mouvements semblables à ceux de la mer. De là résultent des variations périodiques dans la hauteur du baro* mètre et des vents dont la direction et l'intensité sont périodiques. Ces vents sont peu considérables et presque insensibles dans une atmosphère d'aill^irs fort agitée : Tétendue des oscillations du baromètre n'est pas d'un millimètre, à l'équateur même où elle est la plus grande.
J'ai donné, dans le quatrième livre de la Mécanique céleste, la théorie de toutes ces variations et j'ai provoqué sur cet objet l'attention des observateurs. C'est à l'équateur qu'il semble le plus convenable d'observer les variations dans la hauteur du baromètre : non-seulement elles y sont les plus grandes, mais encore les changements dus aux causes irrégulières y sont les plus petits. Cependant, comme les circonstances accessoires augmentent considérablement les hauteurs des marées dans nos ports, elles peuvent semblablement accroître les oscillations de l'atmosphère, ainsi que les variations correspondantes du baromètre, et il est intéressant de s'en assurer par les observations.
Le flux atmosphérique est produit par les trois causes suivantes : la première est l'action directe du soleil et de la lune sur l'atmosphère; la seconde est l'élévation et l'abaissement périodique de l'Océan^ base mobile de l'atmosphère; la tr ^n est
l'attraction dé ce fluide par la mer dont la fig *r)di-
quement. Ces trois causes dérivant des mêmes forces attractives du soleil et de la lune, elles ont, ainsi que leurs effets, les mêmes périodes que ces forces, conformément au principe sur lequel j'ai fondé ma théorie des marées. Le flux atmosphérique est donc soumis aux mêmes lois que le flux de l'Océan : il est, comme lui, la combinaison de deux flux partiels produits, l'un par l'action du soleil , l'autre par l'action de la lune. La période du flux atmosphérique solaire est d'un demi-jour solaire, et celle du flux lunaire est d'un demi-jour lunaire. L'action de la lune sur la mer à Brest étant triple de celle du soleil, le flux lunaire atmosphérique est au moins double du flux solaire. Ces considérations doivent nous guider dans le choix des observations propres à déterminer d'aussi petites quantités, et dans la manière de les combiner pour se soustraire, le plus qu'il est possible, à l'influence des causes qui produisent les grandes variations du baromètre.
Depuis plusieurs années, on observe chaque jour à l'Observatoire royal les hauteurs du baromètre et du thermomètre à neuf heures sexagésimales du matin, à midi, à trois heures après midi, et à neuf heures du soir. Ces observations, faites avec les mêmes instruments et presque toutes par le même observateur, sont par leur précision et par leur grand nombre propres à indiquer le flux atmosphérique, s'il est sensible. On voit avec évidence la variation diurne du baromètre dans les résultats de ces observations : un seul mois suffit pour la manifester. L'excès de la plus grande hauteur du baromètre observée, qui répond à neuf heures du matin, sur la plus petite, qui répond à trois heures du soir, est à Paris de huit dixièmes de millimètre, par le résultat moyen des observations faites chaque jour pendant six années consécutives.
La hauteur du baromètre due au flux solaire, redevenant chaque jour la même à la même heure, ce flux se confond avec la variation diurne qu'il modifie, et il n'en peut être distingué par les observations faites à l'Observatoire royal. Il n'en est pas ainsi des