‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 191 sur 265 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

hauteurs barométriques dues au flux lunaire, et qui, se réglant sur les heures lunaires, ne redeviennent les mêmes aux mêmes heures solaires qu après un demi-mois d'intervalle. Les observations dont je viens de parler, comparées de demi-mois en demimois, sont disposées de la manière la plus favorable pour indiquer le flux lunaire. Si, par exemple, le maximum de ce flux arrive à neuf heures du matin le jour de la syzygie, son minimum arrivera vers trois heures du soir. Le contraire aura lieu le jour de la quadrature. Ce flux augmentera donc la variation diurne du premier de ces jours; il diminuera la variation diurne du second, et la différence de ces variations sera le double de la grandeur du flux lunaire atmosphérique. Mais le maximum de ce flux n'arrivant pas à neuf heures du matin dans la syzygie, il faut, pour déterminer sa grandeur et Theure de son arrivée , employer les observations barométriques de neuf heures du matin, de midi et de trois heures du soir, faites chaque jour, soit de la syzygie, soit de la quadrature. On peut également faire usage des observations de jours qui précèdent ou qui suivent ces phases du même nombre de jours, et faire concourir, à la détermination d'éléments aussi délicats, toutes les observations de l'année.

On doit faire ici une remarque importante, sans laquelle il serait impossible de reconnaître une aussi petite quantité que le flux lunaire, au milieu des grandes variations du baromètre. Plus les observations sont rapprochées , moins l'eflet de ces variations est sensible ; il est presque nul sur un résultat conclu d'observations faites le même jour et dans le court intervalle de six heures. Le baromètre varie presque toujours avec assez de lenteur pour ne pas troubler sensiblement l'effet des causes régulières. Voilà pourquoi le résultat moyen des variations diurnes de chaque année est toujours le même à fort peu près, quoiqu'il y ait des différences de plusieurs millimètres dans les hauteurs moyennes absolues barométriques des diverses années, en sorte que si l'on

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